Une maturité réelle, une trajectoire encore à construire ORSYS a 50 ans cette année
Créé en 1976 sur la conviction que l'informatique serait l'avenir, l'organisme de formation s'est depuis largement diversifié : plus de 2 000 formations couvrant le management, le développement personnel, la RSE et bien sûr les technologies numériques, 3 000 formateurs partenaires indépendants, 40 centres en France et une présence dans 4 pays. Avec plus de 450 collaborateurs et 140 000 personnes formées chaque année, ORSYS est un acteur de taille significative, et une structure dont l'ADN reste profondément ancré dans le numérique. L'engagement sur la réduction des émissions carbone ne date pas d'hier : ORSYS avait déjà réalisé deux bilans carbone avant de rejoindre ACT, et un troisième est en cours. Un bilan carbone, c'est la mesure de toutes les émissions de CO2 générées par l'activité d'une entreprise, ses locaux, ses déplacements, mais aussi et surtout tout ce que produisent ses fournisseurs et sa chaîne de valeur. Chez ORSYS, ce dernier poste, appelé scope 3, représente 75 % des émissions totales. Viennent ensuite le bâti (40 centres dont ORSYS est locataire), les déplacements professionnels, et en croissance rapide : le numérique, avec l'usage de l'IA en tête. Malgré cette maturité, un problème persistait depuis plusieurs années : les données existaient, mais elles n'étaient pas suffisamment précises pour fixer des objectifs crédibles et construire une vraie trajectoire de réduction. C'est ce manque qui a motivé l'entrée dans ACT Pas à Pas, avec, en arrière-plan, la pression de clients majeurs.
« La difficulté depuis assez longtemps était de chiffrer plus précisément nos engagements, nos objectifs, nos enjeux. Il y avait un manque diagnostiqué. Et puis, on a été très challengés par certains de nos clients, tant mieux, c'est souvent ce qui nous a fait avancer. »
ACT Pas à Pas : un regard extérieur pour aller plus loin qu'on ne se l'autorisait
Pour ORSYS, habitué aux audits et aux certifications en tout genre, la première surprise a été de refaire un diagnostic et d'y trouver de la valeur.
« On a l'impression qu'on est diagnostiqués, audités tout le temps. Et puis non. Refaire cette approche, très orientée décarbonation et trajectoire, cela a permis de poser des choses autrement. Quelque chose de vraiment structurant. »
Deuxième surprise : être poussée vers le haut. Gwénaëlle Dinspel se décrit comme réaliste, préférant des engagements tenables à des ambitions non tenues. Elle s'attendait à être recadrée à la baisse. C'est l'inverse qui s'est produit.
« Dans l'entreprise, les équipes RSE sont celles qui veulent toujours plus, qui demandent toujours plus. Et là, pour une fois, c'était à nous qu'on disait : vous pouvez faire un peu plus, en fait. C'est très motivant. »
Troisième résultat, peut-être le plus structurant sur le long terme : embarquer la direction générale. ORSYS disposait déjà d'une commission RSE historique réunissant les directions achats, finances, RH. Mais embarquer la hiérarchie au sens strict relevait d'un autre défi. Des membres du Comex ont finalement suivi les ateliers, et le directeur général a signé les engagements du plan d'action. Seul regret : les contraintes de calendrier et d'effectifs qui n'ont pas permis de participer aux ateliers collectifs. Chez ORSYS pour le moment seul deux personnes sont mobilisées sur le volet opérationnel de ce projet. Un manque assumé, et un conseil donné sans hésitation aux entreprises qui hésiteraient : ne pas faire l'impasse sur cette dimension.

L'IA, de risque à levier : quand la décarbonation change de prisme
Parmi les actions engagées grâce au programme, plusieurs confirment et accélèrent des engagements déjà pris. La plus significative en termes d'impact carbone : l'électrification complète de la flotte automobile, désormais inscrite comme objectif à 100 % d'ici 2027. La modélisation réalisée dans le cadre d'ACT a permis de visualiser concrètement l'impact de cette décision.
Deuxième levier, directement lié au scope 3 qui concentre 75 % des émissions : l'engagement de la chaîne de valeur. Depuis 2021, ORSYS évalue ses fournisseurs sur des critères RSE et leur fait signer une charte achats responsables. En 2026, plus de 130 fournisseurs stratégiques ont été interrogés dans le cadre de la CSRD sur leur démarche environnementale. Les certifications environnementales et RSE sont désormais des critères privilégiés dans la sélection des partenaires. ORSYS développe également ses achats auprès d'entreprises de l'économie sociale et solidaire, avec des partenariats actifs avec des ESAT et des entreprises d'insertion.
Sur la sobriété numérique, ORSYS avait déjà obtenu le label Numérique Responsable (label NR) niveau 1 en 2024. La démarche a accéléré les actions concrètes : réduction drastique du parc d'imprimantes, suppression des téléphones fixes, meilleur contrôle de la téléphonie mobile. Des quick wins à fort impact, portés conjointement par les directions informatiques et achats. Mais c'est sur l'intelligence artificielle que le programme a produit le changement de perspective le plus marquant. ORSYS forme massivement sur l'IA, c'est l'un de ses marchés en plus forte croissance, et en utilise en interne. La question de l'impact carbone de cette digitalisation croissante était identifiée comme un enjeu, mais perçu uniquement sous l'angle du risque. C'est une question posée lors d'un atelier qui a ouvert un autre angle.
« L’expert R3 nous a amenés à voir les choses autrement : vous formez des milliers de personnes à l'IA, c'est peut-être aussi une façon de contribuer positivement, en faisant en sorte que les gens l'utilisent mieux. Je ne l'avais pas vu comme ça. C'est grâce à R3 que j'ai changé de prisme sur ce sujet. »
Depuis, une charte IA a été formalisée et communiquée en interne, et la formation des collaborateurs a été massifiée : près d'un tiers des effectifs a déjà été formé en quelques mois. L'IA est désormais identifiée comme l'un des quatre piliers de la feuille de route à horizon 2030–2050, à la fois comme enjeu d'impact à maîtriser et comme levier de responsabilité à valoriser.
Pour Gwénaëlle Dinspel, le message à destination des entreprises qui hésiteraient est simple : quel que soit le niveau de départ, la démarche apporte quelque chose. Et sur un sujet aussi complexe que la décarbonation, se faire accompagner n'est pas un aveu de faiblesse, c'est une nécessité.
« La décarbonation, c'est le sujet le plus complexe, le plus mouvant de tous, surtout dans le contexte actuel. Je me suis beaucoup formée, ISO 14001, et bien d'autres mais cela reste difficile. Donc, les entreprises qui n'ont pas eu le temps de vraiment réfléchir à ce qu'est une démarche de décarbonation : il faut se faire aider. Autant le reste peut être spontané, autant ça, c'est compliqué. »





















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