Label ou certification : ce n'est pas la même chose
La première chose à clarifier c'est la différence entre un label et une certification. Ces deux mots sont souvent utilisés comme synonymes, mais ils ne désignent pas exactement la même chose.
Un label, c'est quoi ?
Un label RSE, c'est une reconnaissance officielle, délivrée par un organisme tiers c'est-à-dire une entité indépendante de votre entreprise qui vient attester que votre démarche RSE atteint un certain niveau de maturité.
Concrètement : vous candidatez, vous êtes évalué selon un référentiel, et si vous passez le seuil requis, vous recevez le label. Ce label a une durée de validité limitée en général 18 mois à 3 ans et doit donc être renouvelé.
Ce qui est important avec un label, c'est qu'il est visible. Vous pouvez le communiquer à vos clients, vos partenaires, vos salariés. C'est un signal fort, une preuve externe de votre engagement.
Exemples de labels RSE : le label Engagé RSE d'AFNOR, le label LUCIE 26000, B Corp, PME+, Positive Company.
Une certification, c'est quoi ?
Le mot certification est parfois utilisé de façon un peu différente dans le monde RSE. Il peut désigner soit une vraie certification au sens ISO donc une conformité à une norme soit une évaluation comme EcoVadis, qui n'est pas techniquement un label mais une notation.
L'ISO 26000, par exemple, c'est la norme de référence internationale en matière de RSE. Elle définit les sept grandes questions centrales de la responsabilité sociétale : gouvernance, droits de l'homme, relations et conditions de travail, environnement, loyauté des pratiques, questions relatives aux consommateurs, et communautés et développement local.
[cadran]Point clé : L'ISO 26000 ne peut PAS faire l'objet d'une certification au sens strict. C'est une norme de lignes directrices elle vous guide, elle vous structure, mais elle ne délivre pas de diplôme. Ce sont les labels comme LUCIE ou Engagé RSE qui s'appuient sur elle pour construire leur référentiel et, eux, délivrent une reconnaissance officielle.
EcoVadis, lui, est souvent appelé 'certification' dans les appels d'offre mais c'est en réalité une plateforme d'évaluation documentaire. Elle vous attribue une médaille (Bronze, Argent, Or, Platine) et une note sur 100. Pas d'audit terrain, tout se fait via des documents que vous transmettez en ligne. C'est différent d'un label, mais tout aussi stratégique, notamment pour les entreprises qui travaillent en B2B avec de grands groupes.
La pondération : comment les points sont-ils attribués ?
Maintenant qu'on sait distinguer un label d'une certification, parlons d'un sujet qui préoccupe beaucoup les entreprises qui se lancent dans cette démarche : comment les points sont-ils attribués ? Et surtout qu'est-ce qui compte vraiment, qu'est-ce qui pèse le plus ?
Une grille fixe vs une pondération sectorielle
La plupart des labels RSE généralistes comme Engagé RSE, LUCIE ou B Corp, appliquent une grille d'évaluation relativement fixe. Ils couvrent l'ensemble des piliers RSE de façon assez équilibrée, sans avantager un domaine par rapport à un autre.
Le label Engagé RSE, par exemple, note votre organisation sur 1000 points, répartis sur les sept piliers de l'ISO 26000. Vous progressez ensuite selon quatre niveaux de maturité de 'initial' à 'exemplaire' matérialisés par des étoiles.
B Corp, lui, note sur 200 points et le seuil minimal pour être certifié est de 80 points. Ce qui pèse le plus chez B Corp, c'est la gouvernance et le modèle d'impact la façon dont l'entreprise est structurée pour générer un impact positif, pas juste pour réduire ses impacts négatifs.
Le cas particulier d'EcoVadis
EcoVadis est le seul référentiel qui adapte automatiquement sa pondération en fonction du secteur d'activité, de la taille et de la localisation géographique de l'entreprise.
Concrètement : si vous êtes une entreprise industrielle avec une chaîne d'approvisionnement complexe, les axes 'environnement' et 'achats responsables' vont peser plus lourd dans votre score. Si vous êtes une entreprise de services, c'est l'axe 'social et ressources humaines' qui sera davantage valorisé.
💡 Ce qui rapporte le plus de points : Cela dépend du label. Pour Engagé RSE et LUCIE : avoir une politique RSE formalisée, des indicateurs mesurables et un plan de progrès documenté. Pour B Corp : la gouvernance et l'impact positif au cœur du modèle économique. Pour EcoVadis : les politiques documentées sur l'environnement et les achats responsables. Dans tous les cas, la cohérence et la preuve sont primordiales les intentions seules ne suffisent pas.
Généraliste ou sectoriel : lequel choisir ?
On arrive maintenant à une question que beaucoup d'entreprises se posent : est-ce qu'il vaut mieux aller sur un label RSE généraliste, qui s'adresse à tout le monde, ou sur un label sectoriel, conçu spécifiquement pour mon secteur d'activité ?
Ce que couvre un label généraliste
Un label généraliste comme Engagé RSE ou LUCIE 26000 s'adresse à toutes les organisations, quelle que soit leur taille ou leur secteur. Il vous évalue sur l'ensemble des dimensions RSE de façon équilibrée. C'est une très bonne option si vous voulez une reconnaissance large, si vous avez des clients dans des secteurs variés, ou si vous cherchez à structurer votre démarche de façon globale.
L'inconvénient : le référentiel ne parle pas le langage de votre métier. Vous allez devoir faire la traduction vous-même entre les critères génériques et vos enjeux réels. Et certaines thématiques très importantes pour votre secteur : la sécurité sur un chantier, la traçabilité d'une matière première, la formulation d'un produit cosmétique, ne seront peut-être pas valorisées à leur juste mesure.
Ce qu'apporte un label sectoriel
Un label sectoriel, lui, a été conçu par et pour les entreprises d'un secteur précis. Il intègre les réglementations spécifiques, les enjeux propres à l'activité, et le vocabulaire du métier. Résultat : il est plus rapide à s'approprier, plus pertinent dans les critères évalués, et souvent plus reconnu par vos parties prenantes directes.
Voyons trois exemples concrets :
Conclusion
Un label et une certification, ce n'est pas la même chose. Un label offre une reconnaissance visible, externe, renouvelable, c'est un signal fort pour les parties prenantes. Une certification ou une norme comme l'ISO 26000, c'est un cadre de travail, une boussole, mais elle ne délivre pas de diplôme. Et EcoVadis, c'est encore autre chose : une notation documentaire, très utile en B2B, mais qui n'est pas un label à proprement parler.
La pondération, elle, n'est pas la même selon le référentiel choisi. Ce qui compte chez B Corp, ce n'est pas ce qui compte chez EcoVadis ou chez Engagé RSE. Et dans tous les cas, ce qui fait la différence entre une bonne note et une note moyenne, c'est toujours la même chose : la cohérence, la preuve, et la progression dans le temps. Les intentions seules ne suffisent pas.
Enfin, le choix entre un label généraliste et un label sectoriel, ce n'est pas une question de prestige c'est une question de pertinence. Si le secteur dispose d'un label qui parle son langage, qui intègre ses enjeux réels, sa réglementation, ses contraintes métier… il y a de bonnes chances qu'il soit plus adapté, plus rapide à obtenir, et mieux reconnu par les clients et partenaires directs.
Ce qu'il faut retenir avant d'entrer dans le détail : il n'y a pas de bon ou de mauvais label dans l'absolu. Il y a le label qui correspond à l'objectif, à la maturité, et au secteur de l'organisation.
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Rendez-vous le jeudi 18 juin 2026 à 11h00 pour découvrir comment choisir votre label ou certification et améliorer votre stratégie RSE.























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