Dans un contexte de taux d'intérêt élevés et d'accès au crédit resserré, de plus en plus de directeurs financiers cherchent à financer leur croissance sans creuser l'endettement ni diluer les fonds propres. Le leaseback, ou cession-bail, répond directement à cet enjeu : il permet de transformer des équipements déjà détenus par l'entreprise en trésorerie immédiate, tout en continuant à les utiliser normalement. Ni cession d'activité, ni dette bancaire supplémentaire : une solution de financement à part entière, de plus en plus arbitrée par les DAF pour alléger leur bilan. Ce guide détaille son fonctionnement, ses avantages, ses limites, sa fiscalité, et répond aux questions que se posent les directions financières avant de se lancer.
Qu'est-ce que le leaseback (ou cession-bail) ?

Le leaseback, aussi appelé cession-bail ou lease-back, est une opération financière en deux temps : l'entreprise vend un équipement qu'elle possède déjà à un organisme financeur (ici, R3), puis signe immédiatement un contrat de location portant sur ce même équipement. Elle en conserve donc l'usage opérationnel, sans interruption, tout en percevant le produit de la cession sous forme de trésorerie disponible immédiatement.
Le terme est parfois confondu avec le crédit-bail classique : la différence est pourtant essentielle. Le crédit-bail finance l'acquisition d'un équipement neuf ; le leaseback, lui, refinance un actif que l'entreprise possède déjà, sans qu'aucun nouvel équipement ne soit acheté. C'est un outil de financement rétroactif, construit sur un actif existant plutôt que sur un projet d'investissement.
On distingue également le leaseback mobilier (équipements, machines, matériel informatique, actifs énergétiques) du leaseback immobilier, qui porte sur des locaux ou des bâtiments et répond à une logique différente (durées de 10 à 15 ans, montages juridiques spécifiques).
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Comment fonctionne une opération de leaseback ? les 4 étapes
Une opération de leaseback se déroule en quatre temps :
- Évaluation de l'actif. L'équipement (état, valeur de marché, durée d'usage restante) est expertisé pour déterminer le montant refinançable.
- Cession de l'équipement. L'entreprise vend l'actif à R3, qui en devient propriétaire. Le produit de la vente est versé immédiatement.
- Signature du contrat de location. L'entreprise continue d'utiliser l'équipement sans interruption, en contrepartie d'un loyer périodique, calculé sur l'usage réel et déductible du résultat imposable.
- Fin de contrat. Selon les termes convenus, l'entreprise peut restituer l'équipement, renouveler la location, ou parfois le rachete, voire le faire évoluer en cours de contrat pour bénéficier d'une technologie plus récente ou plus performante.
La durée d'un contrat de leaseback d'équipement est généralement calée sur la durée d'usage réelle de l'actif, le plus souvent entre 3 et 7 ans pour du matériel industriel, informatique ou énergétique, contre 10 à 15 ans pour un leaseback immobilier.
Leaseback, crédit-bail classique, sale and leaseback immobilier : quelles différences ?
Pourquoi les directions financières s'intéressent au leaseback en 2026
Resserrement du crédit bancaire, taux d'intérêt qui restent élevés, covenants bancaires plus stricts, exigences accrues des investisseurs sur la solidité du bilan : les directions financières doivent trouver des leviers de trésorerie qui ne passent ni par la dette classique, ni par la dilution des actionnaires. Le leaseback répond à cette contrainte en mobilisant un actif déjà présent au bilan plutôt qu'en créant un nouveau passif.
Les avantages du leaseback pour l'entreprise
- Libération immédiate de trésorerie, sans attendre un cycle d'investissement ou de cession d'activité.
- Préservation des fonds propres et de la capacité d'endettement, pour les conserver disponibles pour d'autres projets (croissance externe, R&D, investissements stratégiques).
- Transformation du CAPEX en OPEX : les loyers, déductibles du résultat imposable, remplacent une charge d'amortissement et d'intérêts d'emprunt.
- Amélioration de certains ratios financiers (allègement du bilan, meilleure lecture par les partenaires bancaires et investisseurs), avec une nuance importante détaillée plus bas concernant les normes IFRS 16.
- Financement sans nouvelles garanties bancaires, l'opération reposant sur la valeur de l'équipement lui-même.
- Rapidité et simplicité de mise en œuvre par rapport à une levée de fonds ou une négociation bancaire classique.
- Avec R3, possibilité de faire évoluer les équipements en cours de contrat, et de générer des gains énergétiques qui viennent réduire d'autant la facture d'exploitation.
Leaseback : quels inconvénients et points de vigilance ?
Le leaseback mérite d'être arbitré en connaissance de cause :
- Un coût généralement supérieur à un crédit bancaire classique : le loyer intègre la marge du financeur, le service et le risque pris sur l'actif, ce qui peut représenter un coût implicite plus élevé qu'un emprunt à taux bas.
- Une exigence sur la qualité de l'actif : l'équipement doit avoir une valeur de marché réelle, être en bon état de fonctionnement et ne pas être déjà largement gagé auprès d'un autre créancier.
- Un engagement contractuel sur la durée du contrat, avec une perte de la pleine propriété de l'équipement pendant cette période.
- Une éligibilité liée à la santé financière de l'entreprise : les financeurs, R3 comme les autres, examinent la situation financière globale (rating, historique, structure de bilan) avant d'engager l'opération.
- Une fiscalité qui n'est pas neutre en amont : si la cession dégage une plus-value, celle-ci est en principe imposable au titre de l'exercice (voir section fiscalité ci-dessous).
Ces points ne remettent pas en cause l'intérêt de la solution, ils justifient simplement qu'elle soit étudiée avec un partenaire qui connaît à la fois le financement et les actifs concernés, pour être dimensionnée au bon niveau.
Comptabilisation et fiscalité du leaseback : ce que le daf doit vérifier
Les éléments ci-dessous sont donnés à titre informatif et général : chaque opération de leaseback doit être analysée avec votre expert-comptable ou votre commissaire aux comptes au regard du référentiel comptable applicable à votre entreprise (comptes sociaux français, ou IFRS pour les groupes consolidés), la qualification comptable pouvant varier selon les clauses du contrat.
Sur le plan comptable, une opération de leaseback se traduit généralement par :
- la sortie de l'actif du bilan de l'entreprise lors de la cession, avec constatation d'une plus ou moins-value égale à la différence entre le prix de cession et la valeur nette comptable ;
- l'enregistrement des loyers en charges d'exploitation, déductibles du résultat imposable ;
- selon la qualification du contrat (location simple ou location-financement au sens comptable), un traitement qui peut différer, notamment en comptes consolidés.
Sur le plan fiscal, les loyers versés sont en principe déductibles de l'assiette de l'impôt sur les sociétés, et la TVA grevant les loyers est récupérable dans les conditions de droit commun. La plus-value éventuellement dégagée lors de la cession est en revanche imposable au titre de l'exercice de cession, sauf dispositif d'étalement spécifique à valider avec votre conseil.
Point de vigilance IFRS 16 : pour les entreprises qui appliquent le référentiel IFRS, la norme IFRS 16 impose depuis 2019 d'inscrire la quasi-totalité des contrats de location au bilan, sous forme d'un droit d'utilisation et d'une dette locative. Le leaseback reste malgré tout un outil pertinent de gestion de trésorerie et de structuration du passif, mais l'argument du financement « hors bilan » doit être nuancé pour les groupes en IFRS, contrairement aux comptes sociaux français, où le traitement en location simple peut rester hors bilan sous certaines conditions.
Qui peut bénéficier d'un leaseback ?

Le leaseback s'adresse aux entreprises de toute taille, PME, ETI, grands groupes, dès lors qu'elles réunissent trois conditions :
- Une situation financière saine, sans procédure collective en cours, avec un historique de paiement et une notation (type Banque de France) compatibles avec l'engagement du financeur.
- Un équipement éligible : fonctionnel, identifiable, doté d'une valeur de marché résiduelle significative, et non intégralement gagé auprès d'un autre créancier.
- Un besoin de trésorerie ou de restructuration de bilan cohérent avec la durée et le coût de l'opération.
Les entreprises industrielles, énergivores ou engagées dans une transition énergétique (production photovoltaïque, froid industriel, datacenters) sont particulièrement bien positionnées pour un leaseback avec R3, dont l'expertise sectorielle permet d'aller au-delà d'une simple analyse financière de l'actif.
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Pourquoi passer par r3 pour votre opération de leaseback ?
R3 réunit une double expertise, financière et énergétique, rare sur ce marché :
- Un dimensionnement au plus près de l'usage réel de l'équipement, et non uniquement de sa valeur comptable, pour générer des gains immédiats supérieurs au montant des loyers.
- Une prise en charge de la démarche administrative de bout en bout, pour un processus fluide et rapide.
- Une location évolutive : la possibilité de faire évoluer les équipements tout au long du contrat, pour bénéficier des technologies les plus performantes disponibles.
- Un impact direct sur la facture énergétique : au-delà de la trésorerie libérée, le retraitement des équipements énergétiques par les experts R3 génère des économies d'exploitation additionnelles.
- Un accompagnement global de la stratégie de décarbonation, le leaseback pouvant s'articuler avec d'autres leviers portés par R3 (contrats de performance énergétique, accompagnement décret tertiaire, projets photovoltaïques).
Exemple illustratif
Une entreprise industrielle possède une centrale de production de froid installée depuis plusieurs années, entièrement payée et toujours performante. Plutôt que de contracter un nouvel emprunt pour financer une ligne de production supplémentaire, elle cède cet équipement à R3 dans le cadre d'un leaseback : elle perçoit immédiatement le produit de la cession en trésorerie, et continue d'exploiter la centrale de froid sans interruption, moyennant un loyer mensuel déductible, dimensionné sur son usage réel. La trésorerie ainsi libérée finance la nouvelle ligne de production sans recours à l'endettement bancaire ni dilution des actionnaires.
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Sources
- Autorité des Normes Comptables - Règlement n° 2020-01 du 9 octobre 2020 relatif aux comptes consolidés
- IFRS Foundation - IFRS 16 Leases
- BOFiP - Régime fiscal des opérations de crédit-bail mobilier
- BOFiP - Plus-values et moins-values applicables aux opérations de crédit-bail
- La finance pour tous - La cotation Banque de France des entreprises
Etude exclusive sur le financement de la transition énergétique
Le retail et l’industrie veulent accélérer leur transition énergétique, mais peinent à la financer. L’étude R3 x Infopro Digital (avril 2025) révèle freins, leviers et solutions concrètes pour passer à l’action.
Discutons de votre projet de leaseback
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