Août 2026 : le tournant réglementaire
La loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, dite « Climat et Résilience », transforme en profondeur la commande publique. À compter du 22 août 2026, son article 35 impose aux acheteurs publics d'intégrer systématiquement des considérations environnementales dans les spécifications techniques et dans les critères d'attribution.
Ce changement est structurel, pas cosmétique. Il met fin, de facto, à la possibilité de recourir à un critère unique fondé exclusivement sur le prix. L'enjeu n'est plus de savoir si la RSE sera prise en compte, mais comment elle le sera et avec quel poids dans la notation.
Le secteur privé suit la même logique. Pour une entreprise en 2026, structurer ses indicateurs ESG est devenu indispensable pour faciliter son accès aux financements bancaires et optimiser sa compétitivité lors des appels d'offres de grands comptes.
Ce que cela implique concrètement : les entreprises qui s'appuient encore sur des déclarations génériques de bonne volonté écologique vont se heurter à des acheteurs qui exigent des preuves. En 2026, les critères RSE représentent souvent entre 10 et 30 % de la note finale dans les marchés publics. Autant de points qu'une entreprise sans données structurées ne peut tout simplement pas obtenir.
Ce que les acheteurs attendent vraiment : des données, pas des intentions
La confusion la plus répandue chez les entreprises qui répondent à des appels d'offres, c'est de croire qu'une politique RSE bien rédigée suffit. Ce n'est plus le cas.
Les acheteurs publics attendent des engagements RSE précis, mesurables et directement liés à l'exécution du marché, pas des déclarations générales. Cette exigence de granularité change fondamentalement la nature du travail à produire.
Le droit de la commande publique repose sur un principe fondamental : toute exigence imposée aux candidats doit être liée à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution. Un acheteur public ne peut pas évaluer les offres sur la base de la politique RSE générale d'une entreprise.
En pratique, cela signifie que les données ESG mobilisées dans une réponse doivent être :
- Quantifiées : un bilan carbone, un taux de déchets valorisés, une proportion d'achats responsables sont des données exploitables. Une mention vague sur "l'engagement environnemental de l'entreprise" ne l'est pas.
- Vérifiables : certifications ISO 14001, label Ecovadis, rapport CSRD, bilans GES certifiés : les acheteurs cherchent des référentiels reconnus qui garantissent la fiabilité de l'information.
- Spécifiques au marché : la RSE s'intègre progressivement à toutes les étapes du marché public : définition du besoin, critères de sélection des offres, et conditions d'exécution des contrats.
Les entreprises qui auront anticipé pourront intégrer ces preuves dans leurs mémoires techniques dès les premières consultations. Celles qui attendront devront se contenter d'engagements déclaratifs, dans un contexte où tous leurs concurrents en présenteront de similaires.
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Comment structurer ses données ESG pour ne plus subir les appels d'offres
Construire une réponse ESG solide ne s'improvise pas à J-15 avant le dépôt d'un dossier. C'est le résultat d'un travail de fond, méthodique, qui doit être engagé en amont , idéalement 12 à 18 mois avant les premières échéances visées.
Étape 1 : Établir son bilan de départ
La priorité est de disposer d'un bilan carbone fiable (scopes 1, 2 et idéalement 3), d'un inventaire des pratiques sociales et de gouvernance, et d'une cartographie des risques liés à la chaîne de valeur. Plusieurs échéances réglementaires convergent autour de 2026, renforçant les exigences de performance carbone pour l'accès aux marchés publics et aux financements bancaires. Parallèlement, la directive CSRD impose à de nombreuses entreprises de publier leur premier rapport de durabilité cette même année.
Étape 2 : Structurer le reporting
Les données collectées doivent être organisées selon un référentiel reconnu, GRI, ESRS (CSRD), ou le cadre de la commande publique, afin d'être directement mobilisables dans les réponses aux appels d'offres. Un système de pilotage digital, mis à jour régulièrement, est un avantage décisif.
Étape 3 : Obtenir des tiers garants
Labels (Ecovadis, ISO 26000, ISO 14001), certifications sectorielles ou notation extra-financière : ces éléments transforment vos données internes en preuves opposables à des tiers. Une démarche RSE bien structurée permet de gagner des points dans les critères de sélection, de se différencier face à des concurrents équivalents, et de rassurer les acheteurs sur les risques réglementaires et réputationnels.
Étape 4 : Adapter la réponse à chaque marché
Les données ESG doivent être contextualisées dans chaque mémoire technique. Ce n'est pas un copier-coller de votre rapport annuel : c'est une démonstration que les actions proposées pour ce marché précis correspondent aux exigences environnementales et sociales du cahier des charges.
Même si l'acheteur public n'a pas mentionné de critères RSE explicites dans son appel d'offres, mettre en avant sa politique RSE reste un atout indéniable pour une candidature, notamment face à un concurrent aux tarifs proches et à la proposition similaire.
Nos experts vous accompagnent dans la collecte des données, la structure du reporting et la conception du mémoire technique afin de faire de la RSE un atout solide pour répondre aux appels d'offre et aux marchés de votra activité.





















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