csrd évolutions

CSRD : comprendre les évolutions 2025‑2026 et agir dès maintenant

Article
Publié le
February 17, 2026
La CSRD évolue : périmètre réduit, exigences simplifiées, calendrier ajusté. Découvrez une analyse pédagogique et opérationnelle pour comprendre ces changements, engager la double matérialité et construire un reporting réellement utile et performant.

La réglementation CSRD évolue sous l’effet du Paquet Omnibus 1, adopté en 2025 pour simplifier le cadre et réduire la charge administrative des entreprises. Ces changements invitent à revoir son organisation, son calendrier et ses priorités.Voici l’essentiel à retenir.

{{cta-2}}

Pourquoi la CSRD évolue : un cadre simplifié mais toujours stratégique

Face aux critiques sur la complexité du dispositif et sur la lourdeur du reporting, la Commission européenne a présenté dès février 2025 une série d’ajustements :

  • Stop the Clock (avril 2025) : gel du périmètre de reporting pour les entreprises de la première vague, le temps d’adopter les nouveaux ESRS simplifiés .
  • Quick Fix (juillet 2025) : allègement temporaire des obligations de reporting pour la vague 1 .
  • Directive Content (décembre 2025) : révision majeure du périmètre, baisse du nombre de datapoints (<400), suppression des ESRS sectoriels et report du format XBRL .

Ces mesures poursuivent un objectif clair : maintenir l’ambition de durabilité tout en permettant aux entreprises d’engager un reporting utile, réaliste et soutenable.

Ce qui change : périmètre, obligations et calendrier

La réforme redéfinit profondément les vagues d’application et les obligations associées.

Un périmètre resserré

La Directive Content relève les seuils d’éligibilité, excluant près de 90% des entreprises initialement concernées par la CSRD .

Parmi les évolutions majeures :

  • Les entreprises <1000 salariés restent en dehors du périmètre obligatoire mais peuvent adopter le cadre VSME, volontaire et simplifié .
  • Pour les entreprises déjà soumises : allégements, réduction des datapoints (‑71%), suppression des exigences sectorielles, standardisation renforcée .
  • Pour les entreprises de vague 2 : la DPEF n’est plus requise en 2026‑2027 (période transitoire) .
  • Pour les entreprises hors UE : entrée en vigueur en 2029 selon des seuils de chiffre d’affaires dans l’UE .

Ce qui ne change pas

L’analyse de double matérialité reste obligatoire dès 2025 pour toutes les entreprises éligibles à la CSRD, même simplifiée .

Comment avancer : les priorités à mettre en place dès maintenant

Les conditions définitives ne seront pleinement adoptées qu’entre fin 2026 et début 2027. C’est une opportunité pour structurer un système de reporting réellement utile, sans précipitation.

Votre feuille de route selon votre maturité

Entreprises déjà avancées en RSE

  • Poursuivre les travaux engagés.
  • Finaliser la double matérialité.
  • Publier un rapport volontaire dès 2026 (utile pour anticiper les nouveaux ESRS) .

Maturité intermédiaire

  • Choisir un format réaliste : CSRD volontaire, Midcaps ou VSME.
  • Structurer la collecte et la qualité des données.
  • Réaliser les premiers audits (carbone, énergétique…) .

Maturité faible ou démarche non engagée

  • Démarrer immédiatement la double matérialité.
  • Cartographier les enjeux matériels.
  • Envisager un reporting VSME pour structurer progressivement une démarche solide .

Construire un reporting utile : une opportunité plutôt qu’une contrainte

Au-delà de l’obligation réglementaire, les évolutions de la CSRD encouragent une approche plus pragmatique : un reporting réellement utile, orienté pilotage, clients et performance durable.

{{cta-1}}

Avec un système bien construit, vous gagnez :

  • Un reporting opérationnel et compatible CSRD, prêt à être ajusté début 2027 .
  • Une démarche agile, qui évite la précipitation lors de l’adoption des textes définitifs .
  • Un outil différenciant, même en l’absence d’obligation réglementaire : utile pour répondre aux demandes des donneurs d’ordre et renforcer votre compétitivité .

Chez R3, notre approche – experte, accessible et orientée résultats – vous aide à transformer ces évolutions réglementaires en leviers de performance durable.

Le module Reporting ESG de R3 Connect : un reporting simple, structuré et opérationnel

Reporting ESG intégré à R3 Connect est conçu pour aider votre entreprise à structurer son reporting extra‑financier de manière simple, fiable et véritablement opérationnelle. Pensé pour accompagner chaque niveau de maturité, il s’adapte à votre organisation et évolue avec vos besoins.

Grâce à ce module dédié, vous pouvez :

  • centraliser et fiabiliser vos données ESG, dans un espace unique et sécurisé,
  • construire un référentiel sur‑mesure, aligné CSRD ou VSME, en sélectionnant uniquement les points de données utiles au pilotage,
  • suivre vos indicateurs clés, vos plans d’action et vos trajectoires RSE, avec une vision claire et partagée,
  • accélérer la prise de décision, grâce à des tableaux de bord intuitifs qui rendent la performance ESG lisible pour toutes vos parties prenantes.

CSRD, VSME, mid-caps : nos experts accompagnent votre trajectoire ESG de bout en bout. +1500 entreprises nous font confiance. Échangeons.

Découvrez d’autres ressources

Découvrez nos outils, études et retours d’expérience pour structurer et piloter votre transition RSE et environnementale

Voir toutes les ressources

Les solutions pour la décarbonation

Découvrez toutes nos solutions pour accélérer la transition de votre entreprise

Programme de formation : Construire sa démarche d'Achats responsables

Construire votre démarche d'achats responsables au sein de votre entreprise

Programme de formation : Fresque du Climat

Réseau+

Réseau+ engage votre réseau dans la transition et centralise des données ESG fiables, à grande échelle.

Bureau d’études énergétiques EPM

Intégré au groupe R3, EPM renforce l’ingénierie énergétique et environnementale du groupe grâce à son expertise technique et son appui en maîtrise d’œuvre.

Adaptation au changement climatique

Préservez la continuité de vos activités en anticipant les risques climatiques et en déployant des plans d’adaptation pour sécuriser vos sites et vos chaînes de valeur. 

Projets Photovoltaïques

La solution Photovoltaïque vous permet de dimensionner et déployer vos projets d'autonomie énergétique

Programme de formation CSRD

Comprendre et mettre en œuvre le reporting CSRD

Programme Impacts RSE

Découvrez votre programme de formation pour structurer et valoriser votre démarche RSE.

Contrat de Management de l’Énergie

Le Contrat de Management de l'Énergie (CME) est la solution qui permet d’optimiser et de piloter efficacement la performance énergétique de plusieurs sites.

ACT Pas à Pas

Concrétiser, piloter et financer vos actions de décarbonation sur le long terme avec l'accompagnement ACT Pas à Pas.

Biodiversité

La biodiversité est un enjeu stratégique pour les entreprises : sa préservation renforce la résilience des entreprises, réduit les risques et ouvre de nouvelles opportunités.

Ateliers de sensibilisation

Nous croyons que sensibiliser au développement durable est essentiel pour répondre aux défis écologiques et transformer notre système.

Certificats d'économies d'énergie

Nous aidons au financement de vos projets d'efficacité énergétique par l'obtention des CEE, avec suivi complet du dossier.

Montages financiers et SPV

Modernisez vos équipements pour réduire coûts et impacts environnementaux. R3 transforme vos Capex en Opex, sécurisant votre évolution.

Pilotage Energétique

Optimisez l’énergie avec le module Pilotage Energie : suivi automatisé et analyse des données pour atteindre vos objectifs de réduction.

Pilotage Carbone

Réduisez vos émissions de GES avec le module Carbone : outils pour une vue centralisée, analyse des données, et plan d’action ciblé.

Pilotage RSE en temps réel | R3 Connect

Démarrez vos actions RSE avec le module Pilotage RSE : un outil digital personnalisable pour une vue globale et simplifiée de vos initiatives.

Reporting ESG

La CSRD impose un rapport de durabilité. R3 facilite cette tâche avec Reporting ESG, le module digital dédié de R3 Connect.

Double matérialité et CSRD

La CSRD, loin d'être une contrainte, ouvre des opportunités et booste la performance en liant RSE à des gains énergétiques, environnementaux, et économiques.

Transformation du modèle d'affaires

Pour un 21ème siècle durable, il faut transformer les modèles économiques. R3 aide les entreprises à intégrer toutes les parties prenantes pour une trajectoire régénératrice.

Stratégie RSE

La stratégie RSE, essentielle au développement durable, permet aux entreprises d'intégrer des pratiques éthiques et environnementales pour évaluer et améliorer leur impact.

Stratégie et AMO Energie

Face à la hausse des coûts de l’énergie et au renforcement des réglementations, les entreprises doivent repenser leur consommation énergétique.

Diagnostic et Mise en conformité énergétique

Le Diagnostic évalue la consommation énergétique des bâtiments et aide les entreprises à améliorer leur efficacité énergétique.

ACV et Écoconception

Face à la pression réglementaire et à la demande éco-responsable, l'Analyse de Cycle de Vie et l'éco-conception réduisent impacts et coûts, rendant vos produits plus attractifs.

Achats responsables

Selon Écovadis en 2022, 33% des fournisseurs sont sollicités sur des critères RSE (+17pts en 2 ans), et 70% trouvent ces demandes pertinentes.

Location opérationnelle

Face aux défis de la transition et pressions réglementaires, ne retardez plus vos actions. La location évolutive finance vos équipements sans impacter votre trésorerie.

Embarquement fournisseurs

Collaborez avec vos partenaires pour mesurer et réduire les émissions indirectes tout au long de votre chaine de valeur.

Bilan carbone

Mesurez, analysez, et réduisez vos émissions pour transformer votre impact environnemental en avantage stratégique.

Plan de décarbonation

Face à l'urgence climatique et aux réglementations GES, mesurez votre empreinte et réduisez vos émissions avec notre plan décarbonation concret.

Contrat de performance énergétique, environnementale et économique (CP3E)

CP3E : le triple Contrat de Performance : Énergétique, Environnementale et Économique

Envie de discuter de votre projet ?  Prenons rendez-vous !

Ensemble, explorons les solutions adaptées à vos besoins.
Cliquez ici pour planifier un échange personnalisé.

Les questions fréquentes

Qu'est-ce que la CSRD ?

La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) est une directive européenne ambitieuse qui redéfinit les standards du reporting de durabilité pour les entreprises. Elle impose aux moyennes et grandes entreprises de publier un rapport de durabilité détaillé, intégrant des données financières et extra-financières (critères ESG : Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance). L’objectif ? Harmoniser, améliorer la transparence et renforcer la comparabilité des informations entre les entreprises, tout en les incitant à intégrer les enjeux de durabilité au cœur de leur stratégie.

La CSRD s’appuie sur le principe de double matérialité, qui évalue à la fois l’impact des entreprises sur la société et l’environnement, et l’impact des enjeux environnementaux et sociétaux sur les entreprises elles-mêmes. Elle remplace la NFRD (Non-Financial Reporting Directive) et élargit son champ d’application à plus de 50 000 entreprises en Europe, avec une mise en œuvre progressive dès 2025.

Chez R3, nous voyons la CSRD comme une opportunité stratégique : au-delà de la conformité réglementaire, elle permet aux entreprises de mesurer, piloter et améliorer leur performance globale, tout en renforçant leur compétitivité et leur résilience face aux défis de demain. Avec notre approche alliant expertise humaine et outils digitaux, nous vous accompagnons à chaque étape pour transformer cette obligation en un véritable levier de transformation durable.

Quelles sont les sanctions liées à la non-conformité à la CSRD ?

Les organismes tiers indépendants auditeront les rapports CSRD pour vérifier la conformité des informations fournies.

En cas de non-respect, les sanctions comprennent :

  • Non-publication du rapport : amende de 30 750 euros et injonction de publier le rapport par un tiers. Cela peut également entraîner l'exclusion des procédures de marché public.
  • Absence d'audit : amende de 30 000 euros et jusqu'à 2 ans d'emprisonnement en cas de non audit du rapport extra-financier.
Quels sont les 7 principes de la RSE ?

Les sept principes fondamentaux de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) définis par l’ISO 26000 sont :

  • Responsabilité : Assumer les impacts de ses décisions et activités sur la société et l’environnement.
  • Transparence : Partager de manière ouverte et claire les informations sur ses décisions, actions et impacts.
  • Comportement éthique : Adopter des pratiques honnêtes, équitables et intègres dans toutes les activités.
  • Respect des parties prenantes : Identifier, impliquer et considérer les attentes des différentes parties prenantes.
  • Légalité : Respecter toutes les lois et réglementations pertinentes.
  • Normes internationales : Intégrer et respecter les normes internationales de comportement.
  • Droits humains : Respecter et promouvoir les droits humains reconnus au niveau international.
Comment embarquer les fournisseurs dans une démarche responsable ?

Une politique d'achats responsables ne peut rester une intention interne : elle n'a d'impact réel que si elle embarque les fournisseurs eux-mêmes, puisque c'est là que se concentre l'essentiel de l'empreinte environnementale d'une entreprise. Le scope 3 peut représenterjusqu'à 70 % de l'impact environnemental total, ce qui fait de la chaîne de valeur le principal levier de décarbonation, bien plus que le périmètre direct de l'entreprise.

La première clé de cet embarquement est relationnelle : il s'agit de développer des relations gagnant-gagnant avec les fournisseurs stratégiques, plutôt que des rapports de force ponctuels lors des négociations. Cette logique de coopération permet de créer des synergies, de fidéliser les partenaires les plus engagés, et de bénéficier en avant-première d'innovations responsables qu'un fournisseur développera plus volontiers avec un client qui l'accompagne qu'avec un client qui se contente d'exiger.

Concrètement, R3 structure cet accompagnement autour de formations dédiées aux fournisseurs, de feuilles de route co-construites avec eux plutôt qu'imposées, et d'outils communs comme le prix interne du carbone, qui donne une référence chiffrée partagée pour aligner les décisions des deux parties. Cet accompagnement peut aussi passer par des programmes collectifs subventionnés, qui aident les fournisseurs à structurer leur propre démarche RSE et carbone sans en supporter seuls le coût, ainsi que par des dispositifs comme Réseau+ qui visent à engager l'écosystème dans son ensemble plutôt qu'un fournisseur à la fois.

Cette démarche se heurte cependant à un défi structurel de visibilité : seules environ 50 % des entreprises ont une vision sur plus de la moitié de leurs fournisseurs de rang 1, et ce chiffre tombe à 20 % pour le rang 2. Embarquer les fournisseurs suppose donc, en amont, de mieux cartographier sa chaîne d'approvisionnement, notamment à l'aide de plateformes d'évaluation standardisées comme EcoVadis, qui permettent de comparer les scores ESG des fournisseurs à l'échelle internationale plutôt que sur des critères disparates.

En résumé, embarquer ses fournisseurs, c'est transformer une exigence descendante en démarche collaborative et mesurable, seule capable de faire de la décarbonation du scope 3 une réalité plutôt qu'un objectif théorique.

Comment R3 accompagne la mise en place d’une stratégie d’achats responsables ?

R3 structure son accompagnement en quatre étapes, pensées pour transformer progressivement la fonction achats sans rupture brutale avec l'existant : comprendre, structurer, outiller, puis embarquer.

La première étape, Comprendre, consiste en un diagnostic à 360° de la fonction achats : organisation, processus, gouvernance, mais aussi impacts environnementaux et sociaux de la chaîne d'approvisionnement. R3 évalue la maturité des fournisseurs, estime un prix carbone de référence et recueille les attentes internes via enquêtes, entretiens et benchmark des pratiques responsables déjà en place ou observées ailleurs dans le secteur.

Vient ensuite l'étape Structurer, où R3 co-construit avec l'entreprise une stratégie d'achats responsables adaptée à son contexte. Cette phase produit une feuille de route concrète, ciblée sur les catégories d'achats prioritaires, avec des objectifs de décarbonation clairs et une sélection des outils les plus pertinents pour la suite.

La troisième étape, Outiller, met à disposition des ressources opérationnelles directement utilisables par les équipes achats : une charte d'achats responsables, l'indicateur TCO² qui évalue le coût global d'un équipement sur l'ensemble de son cycle de vie, acquisition, usage, fin de vie, en y intégrant les impacts environnementaux, une calculatrice carbone, et des fiches synthétiques d'aide à la décision par catégorie d'achat. Cet indicateur est central : il replace la décision d'achat dans une logique de valeur à long terme plutôt que de simple coût d'acquisition, ce qui change concrètement la manière de comparer deux offres.

Enfin, l'étape Embarquer déploie la sensibilisation et la formation des acheteurs, via des formats e-learning et des formations « train the trainers » permettant de diffuser les compétences en interne, ainsi que l'animation et l'engagement des fournisseurs eux-mêmes, notamment à travers des programmes collectifs subventionnés qui les aident à structurer leur propre démarche RSE et carbone.

Cette approche en quatre étapes, associée à l'intégration du scope 3 et des outils de financement adaptés, permet une mise en œuvre à la fois concrète et mesurable de la stratégie d'achats responsables, plutôt qu'une simple déclaration d'intention.

Pourquoi valoriser sa démarche RSE est-il stratégique pour mon entreprise ?

Valoriser sa démarche RSE, c'est bien plus qu'une obligation réglementaire : c'est un levier stratégique à part entière, qui agit simultanément sur la marque employeur, la performance économique et la relation avec l'ensemble des parties prenantes de l'entreprise.

Côté marque employeur, une démarche RSE visible et bien portée maximise le sentiment d'appartenance des équipes et contribue à leur motivation dans la durée. À l'inverse, une démarche qui reste invisible, ou pire, abandonnée en cours de route, risque de faire perdre aux collaborateurs l'engagement qu'ils avaient investi dans le projet, la valorisation n'est donc pas qu'une question d'image externe, elle nourrit aussi la cohésion interne.

Côté marché, une démarche RSE bien valorisée permet de se différencier de ses concurrents et d'améliorer sa réputation auprès de clients de plus en plus attentifs à ces engagements, ouvrant l'accès à de nouveaux marchés et prospects. Cet avantage devient mesurable : 32 % des PME considèrent désormais la neutralité carbone comme un enjeu stratégique, ce qui crée un écart compétitif réel entre les entreprises qui communiquent efficacement leurs engagements et celles qui n'y parviennent pas.

La valorisation de la démarche RSE facilite également l'accès à des leviers économiques concrets, via des dispositifs comme le Programme Impact RSE, subventionné par Bpifrance, ou diverses aides régionales, qui transforment l'investissement RSE en opportunité économique plutôt qu'en simple charge.

À l'inverse, ne pas communiquer sur sa démarche, ou ne pas agir du tout, expose à des risques bien réels : perte de confiance des parties prenantes, fermeture d'opportunités commerciales, et perception d'incohérence entre les ambitions affichées et la réalité des pratiques. Ce risque est d'autant plus sensible que le cadre réglementaire se durcit : avec la CSRD qui impose un reporting structuré, le greenwashing est désormais considéré comme un risque juridique majeur, ce qui fait de la transparence authentique une exigence légale et non plus un simple choix de communication.

En résumé, une démarche RSE bien structurée et bien valorisée permet de gagner en visibilité, en crédibilité et en compétitivité sur son marché, tout en sécurisant l'entreprise face à des attentes réglementaires et sociétales de plus en plus fortes.

Qu’est-ce qu’une politique d’achats responsables ?

Une politique d'achats responsables consiste à intégrer des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans chaque décision d'achat, en complément, voire en remplacement progressif, du triptyque classique qualité-coût-délais. L'approche se structure de plus en plus autour de trois axes : carbone, circularité et coopération avec les fournisseurs.

L'enjeu est d'abord financier et opérationnel. Les achats représentent en moyenne 60 % du chiffre d'affaires d'une entreprise, et jusqu'à 80 % dans certains secteurs : c'est donc un levier de performance économique majeur, pas seulement un centre de coûts à négocier. Une politique d'achats responsables permet en outre de sécuriser la chaîne d'approvisionnement et d'anticiper les risques, qu'ils soient liés à des ruptures, à la volatilité des prix des matières premières ou à la dépendance à des fournisseurs peu résilients.

L'enjeu est aussi environnemental : la chaîne de valeur amont (scope 3) représente en moyenne 70 % de l'impact environnemental total d'une entreprise. Les directions achats sont donc en première ligne pour engager la décarbonation, notamment via des indicateurs comme le TCO² (coût total de possession intégrant une composante carbone), qui révèle que 75 % des coûts d'un équipement se situent souvent dans son usage plutôt que dans son acquisition, une donnée clé pour repenser les décisions d'achat sur leur cycle de vie complet plutôt que sur leur seul prix d'entrée.

S'ajoutent des enjeux sociaux, conditions de travail, diversité, respect des droits humains chez les fournisseurs, notamment de rang 1 et 2, et des enjeux réglementaires, avec des cadres comme la CSRD et la CS3D qui imposent désormais transparence et rigueur sur l'ensemble de la chaîne de valeur, et non plus seulement sur le périmètre direct de l'entreprise.

Mettre en place une politique d'achats responsables, c'est donc transformer la fonction achats en véritable bras armé de la stratégie durable de l'entreprise : mieux maîtriser les coûts cachés, mieux piloter les risques, gagner un avantage concurrentiel sur les appels d'offres et l'accès au financement durable, réduire son empreinte scope 3 en engageant ses fournisseurs, et renforcer sa marque employeur par une cohérence entre discours et pratiques.