Qui est soumis au reporting RSE obligatoire en France ?
En France, l'obligation de reporting extra-financier repose sur plusieurs textes qui s'empilent et s'élargissent progressivement. Connaître son régime applicable est la première étape avant toute démarche de publication.
La DPEF : le socle légal français
La Déclaration de Performance Extra-Financière (DPEF), codifiée à l'article L. 225-102-1 du Code de commerce, constitue l'obligation de reporting RSE de référence en droit français. Elle s'applique aux sociétés anonymes et SCA cotées ou non cotées dépassant les seuils suivants :
- Sociétés cotées : plus de 500 salariés ET plus de 40 M€ de chiffre d'affaires ou 20 M€ de bilan.
- Sociétés non cotées : plus de 500 salariés ET plus de 100 M€ de chiffre d'affaires ou 100 M€ de bilan.
La DPEF doit être intégrée dans le rapport de gestion présenté aux actionnaires et publiée selon les modalités définies par décret. Elle couvre les risques et politiques de l'entreprise sur les dimensions environnementale, sociale et sociétale, ainsi que la lutte contre la corruption (loi Sapin II).
Les grandes entreprises soumises à des obligations élargies depuis 2025-2026
Le cadre réglementaire européen a considérablement évolué avec la directive sur le reporting de durabilité des entreprises (2022). Les sociétés de plus de 250 salariés (ou dépassant 50 M€ de CA ou 25 M€ de bilan) publient depuis 2026 un rapport de durabilité enrichi, intégré dans leur rapport de gestion, couvrant des thématiques standardisées : climat, biodiversité, eau, droits des travailleurs, gouvernance, etc. Les PME cotées entreront progressivement dans le dispositif à partir de 2027.
TPE, PME non cotées : des obligations indirectes croissantes
En dehors des seuils légaux directs, les TPE et PME subissent une pression croissante de reporting à travers leurs relations commerciales : grands donneurs d'ordre qui intègrent des clauses RSE dans leurs appels d'offres, banques qui conditionnent certains financements durables à la publication d'indicateurs ESG, ou chaînes d'approvisionnement soumises au devoir de vigilance (loi n°2017-399 du 27 mars 2017). Le reporting RSE volontaire devient ainsi un avantage concurrentiel réel.
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Que doit contenir un rapport RSE annuel ?
Au-delà des seuils légaux, c'est le contenu du rapport RSE qui détermine sa valeur, pour les parties prenantes comme pour les auditeurs. Voici les thématiques et indicateurs incontournables.
Les trois piliers ESG : environnement, social, gouvernance
Un rapport RSE annuel complet couvre les trois dimensions de l'ESG (Environmental, Social, Governance) :
- Environnement : émissions de gaz à effet de serre (scopes 1, 2, 3 selon le GHG Protocol), consommation d'énergie et part des énergies renouvelables, gestion des déchets et de l'eau, biodiversité, politique de décarbonation.
- Social : effectifs, taux de turnover, absentéisme, accidents du travail (taux de fréquence et de gravité), formation, parité et index d'égalité professionnelle, qualité de vie au travail, dialogue social.
- Gouvernance : composition et indépendance du conseil d'administration, politique de rémunération, lutte contre la corruption (loi Sapin II), éthique des affaires, politiques achats responsables.
Les référentiels de reporting : GRI, DPEF, et standards sectoriels
Plusieurs référentiels coexistent pour structurer la publication RSE. Le GRI (Global Reporting Initiative) est le plus utilisé à l'international : ses standards universels (GRI 1, 2, 3) et sectoriels fournissent un cadre de divulgation reconnu par les investisseurs, les agences de notation et les acheteurs publics. Pour les entreprises soumises à la DPEF, le décret de 2017 liste les informations obligatoires, qui s'articulent désormais avec les standards européens (ESRS). Enfin, des référentiels thématiques (TCFD pour le climat, CDP pour les émissions et l'eau) complètent le dispositif pour les entreprises souhaitant répondre aux attentes des marchés financiers.
La vérification par un organisme tiers indépendant (OTI)
Pour les entreprises soumises à la DPEF, la vérification des informations publiées par un Organisme Tiers Indépendant (OTI) accrédité est obligatoire depuis le décret de 2017. L'OTI atteste de la présence des informations requises et, pour les entreprises volontaires, de leur sincérité. Cette vérification renforce la crédibilité du rapport auprès des parties prenantes et des investisseurs ESG. Avec l'élargissement des obligations en 2025-2026, cette exigence s'étend à de nouvelles catégories d'entreprises sous la forme d'une assurance limitée, avec une montée en assurance raisonnable prévue à horizon 2028.
Comment structurer son reporting RSE pour qu'il soit utile, et pas seulement conforme ?
La conformité réglementaire est un plancher, non un plafond. Un reporting RSE bien construit devient un outil de pilotage stratégique, un signal de confiance pour les parties prenantes, et un levier d'amélioration continue.
Partir d'une analyse de matérialité
L'analyse de matérialité consiste à identifier, en concertation avec les parties prenantes (salariés, clients, fournisseurs, investisseurs, riverains), les enjeux RSE les plus significatifs pour l'entreprise et pour les acteurs qui l'entourent. C'est le point d'entrée recommandé par le GRI et désormais exigé sous forme de double matérialité par la réglementation européenne. Elle évite de noyer le rapport sous des dizaines d'indicateurs sans hiérarchie, et permet de concentrer les efforts de mesure et de communication sur ce qui compte vraiment.
Mettre en place une collecte de données fiable dès la première année
Le principal obstacle au reporting RSE n'est pas la rédaction, c'est la collecte des données. Consommations d'énergie dispersées entre plusieurs sites, données RH dans des systèmes distincts, émissions de scope 3 à reconstituer auprès des fournisseurs : la fiabilité du rapport dépend directement de la qualité du processus de collecte en amont. Quelques bonnes pratiques :
- Désigner un référent par thématique et par entité.
- Documenter les méthodologies et périmètres de calcul (notamment pour le bilan GES).
- Utiliser un outil de collecte centralisé pour réduire les erreurs et gagner du temps à chaque nouvelle publication.
- Archiver les données sources pour permettre la vérification par l'OTI.
C'est précisément pour répondre à ces enjeux que R3 a développé R3 Connect Reporting ESG : une solution digitale qui structure la collecte, consolide les données selon les référentiels en vigueur (GRI, DPEF, ESRS), et génère des tableaux de bord de pilotage en temps réel, pour que les équipes RSE se concentrent sur l'analyse et l'action.
Inscrire le reporting dans une démarche de progrès continu
Un rapport RSE annuel n'a de sens que s'il s'inscrit dans une trajectoire. Cela implique de fixer des objectifs chiffrés et datés (réduction des émissions, parité, formation, etc.), de suivre les indicateurs dans le temps, et d'expliquer les écarts entre les ambitions et les résultats. Les parties prenantes, investisseurs, clients grands comptes, agences de notation, attendent moins un bilan qu'une démonstration de la capacité à progresser. C'est cette logique de pilotage continu, et non de reporting ponctuel, qui distingue les entreprises leaders en matière de RSE.
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