Matériau innovant : et si le bois était plus fort que l'acier ?

Podcast
Publié le
March 3, 2026
Le béton pèse lourd sur le climat. Et si le bois devenait une alternative crédible ? Dans cet épisode, Woodoo révèle comment le peuplier, ressource sous‑valorisée, devient un matériau innovant, plus rigide que le béton et bien moins carboné. À écouter.

Edito et présentation des invités

Timothée : Pendant des décennies, on a construit nos villes avec les mêmes réflexes. Du béton armé pour faire tenir les immeubles, de l’aluminium pour les rhabiller. Solide, rapide, efficace, mais responsable d’une énorme partie près de 40% des émissions mondiales de CO₂ liées à la construction.

Et si le futur des villes commençait avec un arbre ?

On a voulu aujourd’hui vous présenter Woodoo. Ils ont inventé un procédé qui permet, à l’échelle moléculaire, de le renforcer avec un liant biosourcé issu des déchets agricoles. Résultat : des matériaux denses, ultra-résistants, capables de remplacer le béton armé et l’aluminium. Un bois plus rigide que le béton préfabriqué, résistant à l’eau, au feu, au temps, et surtout jusqu’à 92% de carbone en moins.

Avec Woodoo, le bois ne décore plus la ville, il la porte. Alors oui, qui l’eût cru ? Ce matériau ancestral, jugé fragile, deviendrait l’un des alliés les plus sérieux pour construire les villes basses carbone de demain.

Et pour en parler, j’ai le plaisir d’accueillir Sébastien Frin, président corporel de Woodoo. Et côté experte, elle joue dans des comédies musicales, mais aujourd’hui elle va nous faire un solo sur le bois. C’est notre consultante ressource et forêt, Pauline Mester.

Allez, on s’installe bien confortablement et bienvenue dans Qui l’eût cru.

Parcours et fonctionnement de la solution

Timothée : Re-bienvenue Sébastien, avant peut-être de rentrer un petit peu dans la solution. On aime bien découvrir un peu l’histoire entrepreneuriale derrière le projet. Je crois, situ pouvais dire un petit mot sur comment Timothée, qui est le fondateur de Woodoo, on est arrivé à utiliser du bois pour faire des matériaux de construction aussi solides que du béton armé.

Sébastien : Avec grand plaisir. Timothée, qui porte le même prénom que toi, est architecte de formation. Il s’est fait connaître à travers différents projets en France et a pu travailler dans plusieurs cabinets internationaux.

De jolis noms pour les fans d’architecture qui nous écoutent, comme Dominique Perrault ou Kengo Kuma, qui sont des références assez connues dans le milieu de l’architecture.
Et notamment au Japon, il a vraiment pu apprécier le travail du bois et toute la palette qu’offre ce matériau.

Tu disais en introduction que le bois est fragile. En réalité, le bois a mille couleurs et présente certaines fragilités, mais aussi de véritables robustesses. On peut en faire énormément de choses. En l’occurrence, Timothée a compris qu’à l’échelle de grands bâtiments, le bois ne permettait pas toujours de répondre pleinement aux enjeux de la transition écologique, notamment face à l’utilisation du béton armé, comme tu le dis.

Il est donc retourné sur les bancs de l’école, dans deux petites écoles américaines très peu connues que sont le MIT et Harvard, pour développer sa propre technologie et revenir ensuite en France afin de la déployer. C’est ce qui est devenu Boudou.

Mais la France est un pays d’héritage : Le Corbusier, Eiffel… C’est un pays qui possède une véritable histoire de la construction.

Timothée : Et donc, lui, ce qu’il a voulu bâtir, ce sont des villes plus décarbonées, en utilisant la ressource bois, mais d’une façon qu’on n’avait pas l’habitude d’entendre.
Ce n’est pas du bois qu’on coupe et qu’on met tel quel sur un bâtiment, en bardage. Comment utilisez-vous le bois ?

Sébastien : Effectivement, on l’utilise différemment de l’utilisation, j’ai envie de dire, traditionnelle du bois.
Le bois, d’abord, c’est génial, il faut le dire. Le bois dans la construction, c’est super chouette. Si quelqu’un veut construire sa maison en bois et faire une charpente en chêne, c’est une très bonne idée.

Nous, on vient vraiment augmenter les capacités du bois pour qu’il puisse remplacer d’autres éléments que le bois en tant que tel. On ne vient pas lutter contre le bois, mais contre des matériaux carbonés dans l’industrie de la construction.

Dans ce cadre-là, le procédé Woodoo, c’est tout simplement d’imprégner le bois avec un liant. Là, vous pouvez imaginer une résine, si vous préférez, qui est une revalorisation de déchets agricoles issus de différentes fibres végétales.

Le mélange de ce bois et de ces fibres donne un matériau extrêmement résistant, avec des propriétés physiques et mécaniques bien supérieures à beaucoup des matériaux que l’on remplace.

Timothée : Qu’est-ce que c’est concrètement votre ressource première ?

Sébastien : Donc, nous, on vient travailler majoritairement avec du bois du Grand Est. On travaille notamment avec du peuplier.
Le peuplier est un bois qui a l’avantage de pousser très vite. Ce sont des arbres extrêmement intéressants parce qu’en 15 à 20 ans, ils sont matures. Ils viennent aussi stocker des métaux lourds qu’ils prélèvent dans le sol, comme le zinc ou le cadmium. Ils ont donc beaucoup d’avantages, et aussi la faculté de se dérouler.

C’est-à-dire que, comme tu le disais, on a plutôt tendance à penser à une scierie qui coupe des poutres assez massives. Mais le bois, on peut aussi le dérouler. Qu’est-ce que ça veut dire ? Pensez à un taille-crayon, ni plus ni moins. C’est vraiment un tronc que l’on vient placer dans un système avec une lame, qui permet de dérouler le bois comme un épluche-patate. Cela permet d’obtenir de grands panneaux très longs.

Et nous, ces grands panneaux, on vient ensuite les imprégner avec notre liant, puis les superposer avant des thermos compresser.
Si vous voulez, c’est un millefeuille de peuplier que l’on passe dans une sorte d’appareil à croque-monsieur. Et c’est cela qui donne naissance à nos matériaux.

Timothée : Et c’est ça qui en fait les caractéristiques, aussi fortes que de l’acier, de l’aluminium, du ciment. C’est quoi les impacts économiques, écologiques ?

Sébastien : C’est une très bonne question. Nous, ce qu’on fait avec ce matériau, c’est vraiment créer une ressource qui peut être utilisée dans différents systèmes constructifs.

C’est-à-dire que nous fabriquons le panneau, puis nous pouvons utiliser ces panneaux soit en façade, pour remplacer de l’aluminium, soit sur des éléments de structure.
Dans ce cas, on pense plutôt à des systèmes de poteaux-poutres, destinés à remplacer l’acier ou le béton armé.

Si l’on réfléchit à la logique de la façade, nous remplaçons l’aluminium tout en prolongeant l’esthétique du bois. Nous le rendons résistant au temps. Tu évoquais dans ton introduction la résistance au feu, à l’eau et au temps, c’est justement l’une des grandes valeurs ajoutées de notre matériau.

On a tous vu des façades en bois qui grisaillent avec le temps, attaquées par les insectes ou qui finissent par se déformer. Chez nous, le composite le mélange entre le liant biosourcé et le bois crée un matériau qui tient très bien dans la durée : il ne grisaillera pas, offrira une très bonne résistance au feu et résistera réellement à l’humidité, avec une excellente stabilité dimensionnelle.

"Ainsi, on vient décarboner une façade en aluminium, on utilise notre stack à la place de l’aluminium, tout en conservant une esthétique durable pendant plus de 20 ans."

Timothée : Sur la réduction carbone, est-ce qu’on a des chiffres qu’on peut mettre en avant ?

Sébastien : Je peux mettre en avant quelques chiffres, avec grand plaisir. Si l’on fait des comparaisons à unité fonctionnelle ce qui est essentiel lorsqu’on compare deux éléments en matière de carbone nos solutions permettent de réduire de 92% l’empreinte carbone par rapport à l’aluminium, en termes d’émissions de CO₂.

Vis-à-vis du béton armé, on oscille entre 75 et 80% de réduction sur des systèmes de poteaux-poutres, concrètement.

Pour reprendre ta question initiale sur les avantages, typiquement par rapport à une poutre traditionnelle, il y en a plusieurs. D’abord, nos éléments atteignent une parité économique avec tout ce qu’ils remplacent. C’est quelque chose d’extrêmement important dans la construction, nous le faisons au même prix.

Je suis personnellement très convaincu par la transition écologique, et la réglementation avance dans le bon sens, ce qui est génial. Mais si l’on n’a pas une performance économique équivalente aux matériaux que l’on remplace, malheureusement, on restera un matériau de niche. C’est la réalité.

Timothée : Et la ressource en bois en France aujourd’hui, c’est un sujet ou pas ? Parce que moi j’ai l’impression, si on remplace tout le béton armé par du bois, Pauline ne pourra plus chanter quand elle se baladera en forêt.

Sébastien : C’est une très bonne question, Timothée. En fait, il y a plusieurs choses à comprendre à ce sujet. La biomasse bois, et plus largement la biomasse française, est un thème très profond, en pleine évolution.

Je vais simplement faire un petit zoom sur le peuplier. Aujourd’hui, concrètement, il y a un véritable renouvellement de la forêt française en termes de peupliers, environ 1,5 million de mètres cubes sont renouvelés.

De notre côté, tout notre bois provient de forêts labellisées PEFC et FSC et nous travaillons avec des acteurs locaux. L’industrie du bois en France est assez exceptionnelle, car nous disposons d’énormément de forêts, contrairement à ce que l’on pourrait penser. On pourra peut-être y revenir plus tard.

En parallèle, nous avons une balance commerciale très négative. Aujourd’hui, malgré notre statut de pays forestier, la balance commerciale du bois est la deuxième plus déficitaire, juste après celle des hydrocarbures. Pourquoi ? Parce qu’une grande partie des industries de transformation du bois est partie en Europe de l’Est.

"Résultat : on coupe le bois en France, on l’envoie en Europe de l’Est, puis il nous revient transformé. C’est assez dramatique."

Nous, justement, nous voulons travailler à la restructuration de cette chaîne de valeur.

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Capsule expert #1

Timothée : C’est peut-être l’occasion de passer la parole à Pauline. On entend souvent que les forêts disparaissent, mais paradoxalement, la France n’a jamais eu autant de forêts qu’aujourd’hui. Et Pauline, comment on peut l’expliquer ?

Pauline : C’est vrai, et c’est effectivement assez contre-intuitif. Aujourd’hui, la forêt couvre environ 17,5 millions d’hectares, soit près de 32% du territoire français. Sa surface a donc presque doublé en deux siècles.

"Cela place la France au quatrième rang des pays les plus boisés d’Europe, derrière la Suède, la Finlande et l’Espagne, selon l’ONF."

Attention toutefois : ce chiffre mérite d’être nuancé. Une grande partie de cette progression provient de ce que l’on appelle la déprise agricole, c’est-à-dire des terres cultivées puis abandonnées, qui se reboisent naturellement.

Selon l’Institut national de l’information géographique et forestière, une zone est aujourd’hui considérée comme une forêt dès qu’elle atteint 10% de couvert arboré.
Concrètement, cela signifie que des boisements très jeunes, très ouverts, parfois pauvres en biodiversité, peuvent être comptabilisés comme des forêts sans posséder la richesse ni la structure écologique d’une forêt ancienne.

Timothée : Donc plus de forêts en surface, mais pas forcément en bonne santé.

Pauline : Exactement. Et c’est là que le constat devient préoccupant.
Depuis une dizaine d’années, on observe en effet une forte hausse de la mortalité des arbres. Selon le ministère de l’Agriculture, le taux de mortalité a augmenté de plus de 80% en dix ans.

"Les causes sont désormais bien identifiées : la sécheresse, les températures élevées, qui favorisent les maladies et les insectes ravageurs."

En parallèle, la capacité des forêts à stocker du carbone a chuté de 25% au cours de la dernière décennie. On estime également que 670 000 hectares de forêts françaises sont aujourd’hui en situation de dépérissement.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour un arbre ? On considère qu’il est en situation de dépérissement lorsque au moins 50% de ses branches hautes sont mortes.
Et pour une forêt ? On parle de dépérissement lorsque au moins 20% des arbres sont dépérissant.

Pour donner un ordre de grandeur, cette surface représente environ 66 fois la superficie de Paris, selon Mylène Gentil, cheffe du département santé des forêts à l’ONF.

Timothée : Et qu’est-ce qu’on peut faire concrètement pour préserver les forêts, mais sur le long terme ?

Pauline : Alors, tu poses une très bonne question. C’est là qu’intervient la notion de gestion durable des forêts. Et il me semble que, Sébastien, c’est un concept très important chez Woodoo. L’idée, en effet, n’est pas de figer la forêt, mais de l’accompagner sur le long terme. Plusieurs techniques existent pour cela.

D’abord, il est crucial de diversifier les essences d’arbres, plutôt que de multiplier les plantations mono spécifiques, c’est-à-dire composées d’une seule espèce. La diversité rend les forêts plus résilientes face aux aléas climatiques, aux maladies et aux parasites.

Ensuite, on peut planifier le renouvellement des peuplements forestiers sur plusieurs décennies, en trouvant un équilibre entre les coupes, la repousse naturelle et la plantation. Enfin, une autre pratique essentielle de la gestion durable consiste à préserver les sols, l’eau et la biodiversité.

Timothée : Peut-être que tu as quelques pratiques à nous dire ?

Pauline : Oui, effectivement. Pour les sols, par exemple, on peut limiter le passage d’engins lourds afin d’éviter de trop tasser la terre. On peut aussi laisser les feuilles et les branches mortes se décomposer, ce qui va naturellement nourrir les sols.

Pour la biodiversité, on peut conserver des arbres vieux ou morts, qui abritent des milliers d’espèces. Cela permet demain tenir des habitats variés. Bref, tout l’enjeu est de penser le long terme et de s’assurer que les forêts restent vivantes, résistantes et utiles.

Timothée : J’imagine, tu veux rebondir ?

Sébastien : Oui, je vais vous dire, il y a beaucoup d’informations extrêmement intéressantes. Déjà, merci de mettre en lumière l’état des forêts en France, et même dans le monde. C’est une question qu’on nous pose assez régulièrement quand on parle de notre activité : est-ce que vous participez directement ou indirectement à la déforestation ?

C’est une question légitime, sincèrement, parce que c’est un sujet très préoccupant. Il faut bien comprendre que la grande majorité de la déforestation concerne les forêts tropicales et qu’elle est très généralement liée à l’industrie agroalimentaire.

Il peut exister des enjeux liés aux bois exotiques dans la construction, cela peut arriver, et notre solution apporte justement des avantages en comparaison avec ces bois. Mais la déforestation doit avant tout être associée à l’industrie agroalimentaire, et notamment à la culture du soja destinée à nourrir les bovins. C’est l’un des principaux moteurs de la déforestation.

Donc merci d’avoir fait ce travail et d’être autour de la table aujourd’hui, parce que c’est un sujet majeur. Par rapport à cela, je voulais également dire que, oui, la forêt française évolue.
Certaines essences comme le charme ou le tremble sont des arbres que nous avons connus enfants et que, peut-être, nos enfants pour ceux qui en auront ne connaîtront pas.

Une forêt, cela s’entretient. Il existe bien sûr des espaces protégés, des réserves de biodiversité auxquelles on ne touche pas. Mais, globalement, une forêt doit être gérée pour éviter que l’augmentation du taux de mortalité n’entraîne une saturation des sols et ne finisse par fragiliser l’écosystème.

Sinon, la forêt pourrait cesser d’être un puits de carbone pour devenir un écosystème émetteur de carbone. Et cela, à l’échelle mondiale, serait dramatique.

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Faciliter le passage à l’action

Timothée : Aujourd’hui, c’est donc aussi un sujet d’approvisionnement. Pour vous, comment parvenez-vous à vous approvisionner ?

Est-ce que cela passe par une certaine gestion forestière, par exemple des coupes différenciées, comme on les appelle ? Existe-t-il des zones en France où vous savez que le gisement est plus important, notamment parce que vous pouvez anticiper la coupe d’arbres en dépérissement et les valoriser avant qu’ils ne pourrissent ?

Plus largement, en termes de structuration du produit, comment travaillez-vous avec l’écosystème forestier ?

Sébastien : Oui, c’est un vrai sujet. Encore une fois, je le disais en introduction : nous, nous venons nous insérer dans une chaîne de valeur. Nous ne venons remplacer personne et, en aucun cas, l’idée n’est de faire les barbouzes en allant couper du bois hors de tout cadre de bonnes pratiques.

Nous travaillons réellement avec les producteurs de bois autour de thématiques liées aux forêts labellisées. Il existe des labels français et européens, comme FSC ou PEFC, qui encadrent les pratiques de prélèvement du bois. Ainsi, tout notre approvisionnement est pensé de manière responsable et intelligente.

Le peuplier est par ailleurs plus compatible avec une diversité d’essences, comme tu l’évoquais. Il existe bien des peupleraies, mais cela ne correspond pas aux forêts landaises de pins que l’on a tous en tête le long des autoroutes, avec leurs grandes lignes très homogènes. Ce n’est pas du tout la même logique à grande échelle.

Nous venons donc travailler sur toute la chaîne de valeur du bois, en amont, avec la ressource forestière et en aval, avec les acteurs qui transforment et utilisent le bois, afin de les accompagner dans l’élargissement de leur portefeuille de solutions.

Timothée : C’est quoi le client type à qui vous pouvez répondre par rapport à votre produit et comment concrètement, moi je peux utiliser vos services ou intégrer votre innovation stack dans mes matériaux ?

Sébastien : Très bien, je vais prendre un exemple à ce moment-là, Timothée, d’un projet qu’on a réalisé, qu’on vient de finir de livrer en Suisse, du côté de Lausanne, à RSE exactement. Ce promoteur immobilier a mis en place un très beau bâtiment au Demeurand,12 000 m², c’est très chouette. Et il s’est heurté à un refus de la collectivité, parce que la façade qu’il avait à la base, faite en aluminium, n’a pas été acceptée par la collectivité, au motif de non compatibilité non-compatibilité avec les enjeux écologiques de la commune. Choix très noble au Demeurand, et donc ils se sont retournés vers de nouvelles solutions vis-à-vis du marché.

Le bois n’était pas compatible avec le bâtiment pour plein de sujets : de structure, de définition du permis de construire, de mécanismes d’assemblage, etc. Et donc nous, on a pu proposer notre solution : tout simplement remplacer tout ce qu’ils avaient prévu de faire en aluminium. On a proposé de le faire en bois augmenté. Et dans ce cadre-là, on l’a fait, encore une fois, à parité économique.

La commune était extrêmement contente, parce que ça leur a permis de mettre en place de l’innovation, une logique environnementale autour d’un beau bâtiment assez central dans la ville. Ils étaient donc très satisfaits. On a à la fois rassuré la collectivité sur la transition écologique considérée dans la logique du bâtiment. Le promoteur immobilier était très heureux de pouvoir valoriser un très beau bâtiment, chargé d’innovation, plus en phase avec la transition environnementale.

Et ce qu’il ne faut pas oublier, ce sont les constructeurs. Parce que les constructeurs, ce sont ceux qui vont utiliser le projet. Et dans ce cadre-là, nous, on vient leur faciliter la vie. L’aluminium acertaines contraintes, nous, on ne vient en aucun cas augmenter ce nombre de contraintes. Les logiques d’assemblage s’utilisent vraiment comme du bois : ça se préfabrique, ça peut se retailler sur place, donc ça a vraiment beaucoup de praticité à l’utilisation.

Et si je déploie : « Timothée, en tant que promoteur immobilier, après notre première opération, tu veux retravailler avec moi ? » On intervient aussi dans la construction de bâtiments plus industriels, de plus grande ampleur. Là où on vient remplacer, en l’occurrence, les poteaux-poutres, habituellement en béton armé ou en acier, par du Stack.

Tu as un premier avantage : économiquement, c’est moins cher. D’un point de vue praticité, encore une fois, c’est beaucoup mieux, parce que nos matériaux sont tellement performants qu’on vient diviser par quatre la quantité à utiliser par rapport à du béton armé. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour un constructeur, ça veut dire beaucoup.

Ça veut dire quoi ? Qu’il va pouvoir utiliser des grues moins grosses, que ce sera moins dangereux pour les opérateurs, et que ça permet tout simplement d’accélérer le temps de chantier. Or, le temps de chantier, c’est ce qui coûte réellement cher à un constructeur. Et ce, sans même mentionner l’économie carbone réalisée au cours du chantier.

Capsule expert #2

Timothée : Si avec tout ça, il n’y a pas plus de promoteurs, de constructeurs qui passent par vous, je ne comprends plus. Pauline, je sens que tu voulais nous partager une découverte fondamentale lors de tes balades et de tes chants dans les forêts. Parce que tu voulais nous parler de comment les arbres communiquent entre eux.

Pauline : Effectivement, avec plaisir, c’est assez fascinant. Les arbres communiquent entre eux, et parfois bien mieux que nous, les humains. Et ça, chers amis, qui l’eût cru ?

Alors évidemment, non, les arbres ne parlent pas, Timothée, à ta grande déception, mais ils échangent effectivement des informations en permanence. Par exemple, quand un arbre est attaqué par un insecte ou une chenille, il peut libérer dans l’air des composés chimiques spécifiques, qui sont de véritables signaux d’alerte. Ces messages permettent aux arbres voisins de se préparer en produisant à leur tour des substances de défense.

Plus étonnant encore, certains arbres sont capables d’attirer les prédateurs naturels de leurs agresseurs. Par exemple, chez le peuplier, que tu connais bien Sébastien, une attaque de chenilles déclenche l’émission de substances odorantes qui viennent attirer des guêpes, les prédateurs naturels des chenilles. Ces guêpes vont alors pondre leurs œufs dans les chenilles, ce qui va entraîner leur élimination. Une stratégie particulièrement efficace.

"Mais la communication ne se fait pas seulement dans l’air. Sous nos pieds existe aussi un vaste réseau souterrain, parfois surnommé le Wood Wide Web."

Ce réseau ne sert pas uniquement à se défendre, mais aussi, et surtout, à s’entraider. Dans une forêt, les arbres les plus robustes peuvent soutenir les plus jeunes ou les plus fragiles, et vice versa. Ils partagent des glucides, des nutriments, de l’eau, compensent les manques et renforcent ainsi la résilience de l’ensemble de l’écosystème. Dans la forêt, si les plus faibles disparaissent, tout le monde y perd.

Tout cela, évidemment, a été un peu romancé. Je tire ces informations du superbe livre de Peter Wohlleben, La vie secrète des arbres, que je vous recommande très chaudement d’aller lire.

Timothée : D’ailleurs, est-ce que tu pourrais un peu peut-être revenir sur un exemple d’écosystème qui s’entraide, comme ce que tu as décrit ?

Pauline : Oui, carrément. Je peux justement vous parler de Pando.

Pando, c’est le plus grand organisme vivant connu sur Terre. C’est une immense forêt de peupliers aux États-Unis, vieille tenez-vous bien de plusieurs milliers d’années, entre 16 000 et 80 000 ans. Cette forêt rassemble des milliers d’arbres distincts qui, en réalité, constituent un seul et même être vivant, connectés par un unique système racinaire.

Donc, on l’a compris, les forêts fonctionnent comme de véritables sociétés organisées. Leur force repose sur la diversité et la coopération. Et je pense que vous serez d’accord avec moi : c’est une leçon précieuse pour nos relations humaines.

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On s’engage !

Timothée : Peut-être Sébastien, aujourd’hui, donc là ce premier bâtiment, plein de projets en cours, aujourd’hui c’est quoi le principal frein que vous devez lever pour votre solution soit plus facilement acceptée ?

Sébastien : C’est encore une fois une très bonne question. Aujourd’hui, nous nous sommes vraiment attachés à dérisquer le produit. Nous avons désormais un produit très mature, déjà installé. Souvent, quand on parle des startups, on a cette vision très slides et PowerPoint. Mais nous en sommes loin : nous avons nos usines.

L’un des principaux freins aujourd’hui, ce sont nos capacités de production. En effet, la demande est en train d’exploser et c’est une excellente nouvelle. Pour nous, c’est probablement le meilleur indicateur de réussite que nous pouvions espérer.

Notre priorité est donc d’accélérer fortement notre capacité de production, notamment de la multiplier par dix dans les mois à venir, afin de pouvoir répondre à l’ensemble de la demande.

C’est particulièrement crucial dans le cadre d’un contrat majeur que vous avez peut-être vu passer sur les réseaux notamment si vous nous suivez sur LinkedIn, un accord signé avec Bouygues Bâtiment, d’un montant de 30 millions d’euros, dont l’objectif est de remplacer le béton armé dans leurs bâtiments industriels.

Pour atteindre cette ambition, nous allons avoir besoin d’accompagnement. Et nous serions ravis de voir comment vous pourriez nous aider, notamment en nous mettant en relation avec les bonnes personnes.

Pauline : Petite question pardon, tu parlais tu dis qu’il y a une très forte demande donc c’est super, on est très content la demande elle est surtout aujourd’hui en France ou elle est déjà européenne, internationale où sont vos principaux clients ?

Sébastien : Merci, parce que ça me permet de rebondir sur quelque chose que tu dis. Pour peut-être remonter un petit peu le fil de ta question, aujourd’hui, nous travaillons avec une essence très locale. Nous travaillons avec le peuplier, dans le Grand Est et c’est assez génial. Nous avons un véritable attachement au Grand Est, qui est une grande région forestière de France, mais aussi une grande région industrielle qui nous a ouvert ses portes.

Cela étant dit, si l’on veut vraiment endiguer les émissions carbones à l’échelle planétaire, il faut réussir à travailler avec d’autres zones et d’autres essences. Et c’est là l’une des forces de la technologie Voodoo, pouvoir fonctionner avec plusieurs typologies de bois.

Nous avons déjà fait des essais avec des bois présents en France, en Europe, en Asie et aux États-Unis. Ces différentes approches nous permettent de travailler avec une grande diversité d’essences, et idéalement de nous projeter aussi vers l’utilisation de bois dépérissant, afin de valoriser l’ensemble de la ressource forestière.

Aujourd’hui, notre déploiement concerne significativement l’axe France–Suisse, ainsi que l’ensemble des pays limitrophes, d’autant plus que nous collaborons majoritairement avec des groupes internationaux. Mais d’autres zones géographiques sont déjà en train de frapper à la porte, et nous serons ravis de travailler avec elles, car nous disposons d’une technologie à vocation planétaire.

Timothée : On trouve facilement sur les réseaux sociaux et sur le site internet. Si on veut vous contacter, j’ai une ville à créer en Grand Est. Je fais comment ?

Sébastien : Bonne nouvelle, je serais ravi d’y habiter. C’est WOODOO, W-O-O-D-O-O. Sur LinkedIn ou sur notre site internet, vous verrez de magnifiques vidéos explicatives de notre process, des vidéos de notre dernier bâtiment, ainsi que de nos tests réalisés dans des laboratoires externes. Je tiens à le préciser, car c’est essentiel dans une logique de crédibilité des produits et des projets issus de l’écosystème start-up.

Vous pouvez également nous contacter directement via le site web, nous serons ravis de vous répondre.

Capsule expert #3

Timothée : Pauline, pour ceux et celles qui souhaitent préserver la ressource forêt, je crois que tu avais quelques bonnes pratiques à nous partager.

Pauline : Oui, avec plaisir. Ici, on va peut-être davantage se recentrer sur l’individu que sur l’entreprise. La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons tous agir à notre échelle pour protéger ces forêts qui nous tiennent tant à cœur.

Ma première recommandation est simple, avant d’acheter un meuble en bois neuf, on peut essayer de le bricoler, de le retaper, ou encore de l’acheter de seconde main, par exemple chez Emmaüs ou en naviguant sur Le Bon Coin.

Timothée : Alors au moins je suis une bille en bricolage, est-ce que tu as d’autres façons d’agir ?

Pauline : Bien sûr. Déjà, je pourrais t’apprendre à bricoler si tu veux, avec plaisir. Mais sinon, quand on est amené à acheter un produit dont la matière principale est le bois comme un meuble ou un paquet de feuilles, par exemple on peut jeter un coup d’œil aux labels PEFC ou FSC. Sébastien en a encore parlé, on se complète bien.

Pour donner peut-être plus d’informations sur le label FSC, il garantit une gestion forestière durable, qui protège à la fois la biodiversité, les sols et les droits sociaux.

Parmi les actions concrètes mises en place, on peut citer, la traçabilité complète du bois, de l’arbre coupé jusqu’au produit final et la création de zones de forêt strictement protégées au sein même des forêts exploitées.

Autant d’éléments qui permettent de préserver durablement les ressources forestières.

Timothée : Plus lecture, et je crois que tu avais aussi quelques petites pratiques d’édition, de maisons d’édition qu’on ne connaît pas forcément.

Pauline : Effectivement, il existe de très bonnes pratiques chez certaines maisons d’édition. Par exemple, les éditions Véli-Planchiste, La Mer Salée ou encore La Cabane Bleue ont fait des choix assez forts, imprimer leurs livres sur du papier certifié ou recyclé, utiliser 100% d’encre végétale, limiter les tirages et les stocks pour éviter la destruction et les retours, ou encore travailler avec des imprimeurs locaux.

Au-delà des maisons d’édition, on peut aussi s’inspirer enlisant des livres engagés qui nous donnent de bonnes pratiques et un autre regard sur les forêts. Je parlais justement de ce cher livre Lavie secrète des arbres de Peter Wohlleben. Je me permets simplement de rappeler qu’il s’agit d’un ouvrage en partie romancé.

Et côté cinéma, je vous recommande le film Le Chêne, qui nous invite à observer les forêts autrement, avec patience et émerveillement.

Le podcast est accessible sur les plateformes suivantes : Spotify, Apple Podcast, Deezer, Amazon Music...

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Transformation du modèle d'affaires

Pour un 21ème siècle durable, il faut transformer les modèles économiques. R3 aide les entreprises à intégrer toutes les parties prenantes pour une trajectoire régénératrice.

Stratégie RSE

La stratégie RSE, essentielle au développement durable, permet aux entreprises d'intégrer des pratiques éthiques et environnementales pour évaluer et améliorer leur impact.

Stratégie et AMO Energie

Face à la hausse des coûts de l’énergie et au renforcement des réglementations, les entreprises doivent repenser leur consommation énergétique.

Diagnostic et Mise en conformité énergétique

Le Diagnostic évalue la consommation énergétique des bâtiments et aide les entreprises à améliorer leur efficacité énergétique.

ACV et Écoconception

Face à la pression réglementaire et à la demande éco-responsable, l'Analyse de Cycle de Vie et l'éco-conception réduisent impacts et coûts, rendant vos produits plus attractifs.

Achats responsables

Selon Écovadis en 2022, 33% des fournisseurs sont sollicités sur des critères RSE (+17pts en 2 ans), et 70% trouvent ces demandes pertinentes.

Location opérationnelle

Face aux défis de la transition et pressions réglementaires, ne retardez plus vos actions. La location évolutive finance vos équipements sans impacter votre trésorerie.

Embarquement fournisseurs

Collaborez avec vos partenaires pour mesurer et réduire les émissions indirectes tout au long de votre chaine de valeur.

Bilan carbone

Mesurez, analysez, et réduisez vos émissions pour transformer votre impact environnemental en avantage stratégique.

Plan de décarbonation

Face à l'urgence climatique et aux réglementations GES, mesurez votre empreinte et réduisez vos émissions avec notre plan décarbonation concret.

Contrat de performance énergétique, environnementale et économique (CP3E)

CP3E : le triple Contrat de Performance : Énergétique, Environnementale et Économique

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Les questions fréquentes

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