Mécénat : et si nos bureaux vides, la nuit, abritaient des personnes dans le besoin ?

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Publié le
May 13, 2026
70% du temps les bureaux sont inoccupés mais totalement habitables. C’est le constat de qu’a réalisé les Bureaux du Cœur. Ces espaces souvent chauffés, neufs et qui réunissent des conditions d’accueil nécessaires pourraient pourtant transformer une trajectoire de vie.

Timothée : Qui l’eût cru qu'on manquerait de logement dans un pays où des milliers de bureaux dorment la nuit. Écran éteint, chaises vides, locaux chauffés pour personne. Et pendant ce temps, 350 000 individus cherchent tout simplement un endroit où passer la nuit. Le problème, ce n'est pas l'espace, c'est l'usage que l'on en fait. Et c'est là que les Bureaux du Cœur change la donne. Transformer des bureaux en hébergement temporaire, le soir et le week-end. Une salle de réunion devient une chambre, un open space devient un refuge. Quelques mois pour se reconstruire, avec des résultats probants, 92% retrouvent un logement, 71% des personnes un emploi. Comme si en changeant l'usage des lieux, on change aussi des trajectoires de vie. Et cela, qui l’eût cru ? Et pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Kinda Garman, directrice générale des Bureaux du Cœur. Bonjour Kinda.

 Kinda :Bonjour.

Timothée : Et à ses côtés, côté experte,Perrine Jégou, aventurière, bon vivant et pas du genre, a laissé une idéedormir dans un coin. Bonjour Perrine.

 Perrine : Bonjour Timothée.

 Timothée : Allez, on ouvre les portes des bureaux, même après 18h. Bonne écoute.

Avant de rentrer un peu plus concrètement sur ce que vous proposez, je pense que c'est intéressant de refaire un petit peu l'historique de Bureaux du Cœur.

Comment on en arrive à avoir cette idée-là? Est-ce que c'est unique aujourd'hui dans le paysage de l'innovation sociale et solidaire ? Et toi, pourquoi ce projet t'a complètement intéressée ?

La création des Bureaux du Coeur

Kinda : Je vais reprendre la genèse des Bureaux du Cœur. Le projet est né dans la tête d'un entrepreneur qui s'appelle Pierre-Yves Lohec. Pierre-Yves Lohec, c'est le dirigeant d'une agence de communication qui s'appelle Nobilito à Nantes. Et cet entrepreneur, avant tout, c'est un citoyen. C'est quelqu'un qui vit à Nantes et qui régulièrement croise, comme malheureusement presque toutes les personnes qui vivent dans des métropoles, des personnes en situation de précarité, en situation de rue, et qui longtemps s'est demandé comment il pouvait aider ces personnes.

D'abord, la première idée, ça a été, est-ce qu'on pourrait accueillir quelqu'un chez nous ? Il s'était posé cette question avec sa femme. Ils ont des enfants en bas âge, ça a soulevé pas mal de questions. On a des enfants de 7-8 ans, des jeunes filles, etc. Tout un tas de questions que je pense qu'on pourrait tous et toutes se poser. Et un jour, tac, le déclic. Il se dit, mais en fait, mes bureaux, si je compte, et il a vraiment fait le calcul, mes bureaux ne sont occupés que 30% du temps. 70% du temps, donc ça représente la nuit, les vacances scolaires, les mois d'été. Toutes ces périodes où les bureaux ne servent à rien ni à personne, 70% du temps, ces bureaux étaient vides et très souvent pourtant, chauffer l'hiver et climatiser l'été. Et il s'est dit, mais en fait, elle est là la réponse. Je pourrais devenir un hôte, une entreprise accueillante pour quelqu'un en situation de précarité, lui ouvrir cette porte. Et en fait, ce qui a été hyper intéressant dans cette démarche, c'est plutôt de se dire, je vais le faire à titre individuel. Il s'est dit, en fait, ça pourrait devenir un mouvement.

70% du temps, ces bureaux étaient vides et très souvent pourtant, chauffer l'hiver et climatiser l'été. Et il s'est dit, mais en fait, elle est là la réponse.

Et donc, à l'époque, il était président du Centre des Jeunes Dirigeants de Nantes, donc le CJD. Et ils ont décidé de se réunir avec d'autres entrepreneurs en se disant, ce seraient quoi les freins qu'on rencontrerait, nous, en tant que dirigeants d'entreprise, si on voulait le faire de manière un peu massive, si on voulait tous le faire. Et donc, ils ont soulevé tout un tas de problématiques qui sont devenues aujourd'hui des piliers fondamentaux des Bureaux du Cœur. Et peu après, ils ont décidé de fonder l'association, les Bureaux du Cœur.

 Timothée : On est en quelle année ?

 Kinda : On est en 2020. Donc, en plus, je pense; période pendant laquelle, 2020, Covid, on ne leur présente plus. Période pendant laquelle, je pense que pour tout le monde, ça a été ce déclic un peu collectif de se rendre compte qu'on avait des espaces qui étaient, alors là, pour le coup, Covid, qui ne servaient à rien.

Et la précarité était justement presque extrêmement visible parce que, en fait, tout le monde était confiné chez soi, mais il restait ces personnes qui n'avaient pas de logement et qui, du coup, étaient ce paysage urbain permanent. Et donc, ça a été quand même un moment, je pense, de déclic important pour la société de se dire, il y a des espaces qui, dans un temps, sont vides, ne servent à rien, et dans le même temps, des gens qui sont dehors.

 Timothée : Comment on fait, du coup, pour connecter les deux ?

Kinda : Eh bien, c'est notre rôle, Bureaux du Cœur. Je répondais aussi sur ce que tu m'as posé, c'est une innovation sociale, aujourd'hui, unique. On n'a pas d'homologue, on n'a pas de cousin, ni même ailleurs dans le monde. Aujourd'hui, c'est une initiative qui n'existe nulle part ailleurs. Donc, ça peut paraître fou parce que, quand on évoque le projet des Bureaux du Cœur, je pense que l'une des premières réactions, c'est, mais pourquoi on n'y a pas pensé plus tôt ? Parce que c'est vrai, en fait, c'est quelque chose qui tombe sous le sens.

Nous, notre rôle, et c'est comme ça qu'on a constitué l'association, c'est à la fois d'accompagner les entreprises pour qu'elles puissent devenir des espaces d'accueil pour nos invités, et on y reviendra, c'est extrêmement simple de devenir entreprise hôte, et dans le même temps, de créer des relations avec des associations, des organismes socio partenaires qui vont donc nous prescrire des invités. Et donc, nous, notre rôle, c'est vraiment de connecter ces deux réalités, le monde de l'entreprise et le monde de la précarité à travers les associations.

Aujourd'hui, c'est une initiative qui n'existe nulle part ailleurs

Timothée : Et ça fonctionne.

 Kinda : Et ça fonctionne, spoiler alert, tout fonctionne très bien.

Aujourd'hui, pour vous donner quelques chiffres, donc l'association fondée en 2020, bon 2020, ce n'était pas notre meilleure année puisque les bureaux étaient fermés, mais à partir de 2021, deux accueils. 2022, ça y est, ça augmente, et aujourd'hui, on a accueilli 1100 personnes en situation de précarité, 1100 invités, et on fédère un réseau de 400 entreprises qui, partout en France, ouvrent leurs portes pour accueillir leurs invités pendant une durée de 3 à 6 mois.

Timothée : On va revenir un peu après dans le détail de comment je suis une entreprise, je vais pouvoir vous utiliser pour insérer ces personnes là, mais peut-être juste quelques mots sur le sujet de la précarité en France. On parle de 350 000 personnes. Qui vous allez cibler dans ces 350 000 ?

Qui va pouvoir utiliser ce tremplin qu'offre le Bureau du Cœur ?

Kinda : En effet, c'est un tremplin, et donc nous, on se considère qu'on est le dernier maillon de la chaîne de l'insertion des personnes qui sont en situation de précarité. De venir au Bureaux du Cœur, c'est d'accepter de donner ses clés à quelqu'un qu'on ne connaît pas de prime abord et qui va dormir dans ce bureau. Donc, nous, ça a été aussi l'une des premières réflexions, qui vont être ces personnes qu'on va identifier, qu'on va, d'une certaine manière, sélectionner. C'est d'ailleurs pour ça qu'on bosse avec des organismes socio partenaires, c'est que ce sont des structures, déjà, pour qui c'est le métier, et qui, par ailleurs, connaissent et suivent des centaines de personnes quotidiennement, et donc qui sont en mesure de nous, déjà, j'ai envie de dire, presque garantir le profil de l'invité. Telle personne, je la connais depuis des années, je pense que c'est quelqu'un qui peut être autonome et responsable si on lui donne ces clés là. Et donc, en effet, nous, ça fait partie des critères, on a des critères pour pouvoir être accueillis dans le cadre des Bureaux du Cœur.

 Déjà, ce sont des personnes qui sont systématiquement seules, on n'accueille malheureusement pas de famille pour des raisons assez évidentes d'horaire. En fait, on ne peut pas dire à un enfant, le bureau est disponible à partir de 18h30. Et puis, il y a des problématiques, d'ailleurs, je pense, humaines assez importantes. Donc, ce sont des personnes qui sont seules, qui sont majeures, qui sont un minima en cours de régularisation ou qui sont en situation régulière, puisqu'en effet, c'est quand même un prérequis initial, essentiel, administrativement parlant, pour pouvoir vraiment pérenniser sa situation dans ce laps de temps qui est donné, qui va de trois à six mois. Et ce sont des personnes qui ont un projet d'insertion, donc qui sont déjà engagées dans ce projet d'insertion, que ce soit une formation, un emploi ou autre, et qui donc ont vraiment besoin de poser leur valise pendant un temps donné, ces trois à six mois, pour pouvoir se stabiliser et trouver une solution de sortie pérenne qui sera, on l'espère, un logement.

De venir au Bureaux du Cœur, c'est d'accepter de donner ses clés à quelqu'un qu'on ne connaît pas de prime abord et qui va dormir dans ce bureau

Capsule Expert #1

Timothée : Justement, Perrine, toi, tu t'es intéressée un peu à ce grand monde de la précarité et la nuit, comment les pouvoirs publics ont pris en main ce sujet, quels sont un peu les résultats, les fruits de tes recherches ?

Perrine : Oui, du coup, je voulais vous parler de ce grand paradoxe entre le nombre de personnes qui sont sans abri et l'explosion des bâtiments vides. C'est un phénomène qui est nouveau et qui est un peu dans un angle mort des politiques publiques. Donc déjà, repartons de ce qui existe déjà dans tout ce qui va être plutôt logement d'urgence. Ça veut dire ce qui va couvrir quelques nuits, mais qui n'est pas du tout une assurance de stabilité pour la personne. Donc il y a déjà tout ce qui est SAMU social, 115 centres d'hébergement d'urgence, nuitées hôtelières financées par l'État. Et en 2023, il y avait une étude de la Cour des comptes qui expliquait qu'il y avait 334 000 places d'hébergement en France et c'était considéré comme un niveau qui était élevé. Donc si on lit ça, on se dit, à première vue, le système, il semble assez efficient, tout marche bien. Mais en fait, ce que l'on constate, c'est que ces services, ils sont complètement saturés. Il y a une part importante des demandes d'hébergement qui n'aboutissent pas.

Et il y avait une étude qui avait été portée sur une nuit par l'Observatoire des inégalités qui avait suivi tout ce qui se passait sur une nuit pour voir un peu et en ressortir des statistiques .Et ils avaient constaté que sur cette nuit précisément, il y avait eu 87% des demandes qui n'avaient pas été satisfaites. Donc ça montre à quel point il y a un vrai sujet, c'est que ces personnes-là restent dans la rue.

Timothée : Et pourquoi cela ? Pourquoi elles restentdans la rue ? Parce que leur profil n'est pas forcément considéré comme prioritaire, parce qu'ils présentent des situations qui sont trop complexes ?

Perrine : Justement, on l'évoquait avant, quand il y a des familles, ça peut être plus difficile à loger, à adapter pour les structures d'hébergement. Et ce qu'on constate aussi, c'est que les profils du coup de ces personnes-là, ils ont beaucoup changé. Désormais, il y a beaucoup de ce qu'on appelle nouveaux précaires. Ça va être des personnes qui vivent des situations très, très variées. Par exemple, ça peut être des personnes en rupture soudaine. Ça peut être des divorces, des expulsions, des pertes d'emploi. Ça peut être des femmes qui fuient des violences conjugales. Ça peut être des jeunes aussi, des jeunes de moins de 25 ans. Actuellement, il y a toute l'évolution autour du RSA qui a des conséquences aussi sur ces profils plus jeunes.

Et puis, il y a aussi un constat qui a été fait sur les jeunes LGBTQ+, qui sont en situation de rejet de leur entourage .Il y a des associations qui pointent du coup la surreprésentation de ces profils-là parmi les jeunes sans-abri. Et donc ça, ça pose plein de questions aussi sur leur hébergement. Et du coup, si on simplifie un peu tout ça, ce que l'on constate, c'est qu'il y a de plus en plus de personnes en situation de précarité. Il y a un seuil qu'on peut regarder, c'est aussi le seuil de pauvreté. C'est un peu un indicateur pour parler de précarité qui explique qu'il y a 8% de la population qui est représentée dans ce seuil-là. Ça représente 5,1 millions de personnes. On ne va pas revenir dans le détail de chiffre-là parce qu'on n'aura pas le temps et ça peut être un très, très long débat. Mais ce qu'il faut retenir, c'est que la demande, elle augmente et qu'il y a une offre qui ne suit pas. Et du coup, face à cette impasse, tout ce qu'on peut se demander, c'est est-ce qu'il y a des espaces inexploités, justement, toute la discussion qu'on a avec vous, qui pourraient répondre à ce besoin ? Et donc pour ça, il faut changer notre regard, il faut changer notre loupe et regarder un peu ailleurs et notamment regarder sur l'immobilier tertiaire. Ce que l'on constate, c'est que historiquement, l'immobilier a été pensé pour une utilisation, une fonction.

 Et ça, on le constate dans tout l'urbanisme moderne. On va avoir des quartiers qui vont être dédiés à des commerces, des quartiers qui vont être dédiés à des bureaux. On le voit notamment dans les grandes villes, avec La Défense, avec Pardieu. Ce sont des quartiers qui sont vraiment pensés pour avoir un seul usage. Et donc ça, en fait, cette fonction un peu mono-usage, ça a des conséquences et ça fait que les lieux ne sont pas très agiles, pas très modulables. On a, par exemple, beaucoup de difficultés à passer un bureau en un logement, ne serait-ce que de la transformation, parce que c'est très compliqué à faire.

Ce sont des quartiers qui sont vraiment pensés pour avoir un seul usage.

Les réseaux d'eau ne sont pas les mêmes, les cloisons ne sont pas les mêmes, il y a plein d'enjeux. Et pourtant, c'est un marché qui s'effondre. On l'a dit un peu en introduction, mais là, j'ai quelques chiffres qui permettent d'appuyer un peu tout ça. Les surfaces de bureaux loués ou vendus, elles ont chuté de 20% en 10 ans. Et à titre d'exemple, en Ile-de-France, on a 10% des bureaux qui sont vides, donc complètement vides. Ça représente près de 850 terrains de foot. Donc ça montre à quel point, en fait, il y a deux crises qui se croisent, mais qui n'arrivent pas trop à se répondre. Le but aussi, c'est de se poser cette question de comment, en fait, ces deux crises-là, elles peuvent se répondre et comment on peut agir sur ces deux thématiques qui sont tout à fait primordiales.

 en Ile-de-France, on a 10% des bureaux qui sont vides, donc complètement vides.

Timothée : Merci Perrine? Peut-être tu veux rebondir ?

Le rôle de l'association, ses missions et la mis en place en entreprise

Kinda : C'est un sujet très bien travaillé, parce qu'on se retrouve vraiment pile à la croisée de ces deux mondes-là. D'une part, pour revenir sur les profils que tu évoquais, c'est tout à fait les personnes qu'on accueille dans le cadre des Bureaux du Cœur, des personnes qui sont considérées comme non prioritaires, donc nous, beaucoup d'hommes seuls. Tout le monde nous dit « Mais pourquoi vous êtes des hommes seuls ?» Parce qu'en fait, c'est les derniers de la liste, si on doit vraiment schématiser quand on se retrouve à la rue. En fait, mine de rien, c'est quand même assez probant et on le constate sur tous les territoires. Et puis, en effet, on se rend compte qu'on a aussi un monde de la précarité qui s'est transformé. Des ruptures, nous, on les appelle, dans notre petit jargon, les accidentées de la vie, des séparations, des choses... Et le Covid, par exemple, ça a été une période où on a eu beaucoup de personnes qui nous disaient « Moi, j'ai perdu mon emploi pendant le Covid. »Je ne sais pas, un exemple que j'ai en tête, j'étais physionomiste en boîte de nuit, du jour au lendemain, je n'avais plus de travail.

Et puis, en effet, on se rend compte qu'on a aussi un monde de la précarité qui s'est transformé.

Et c'est des dégringolades, en fait, qu'on ne soupçonne pas. Et c'est aussi ce qui est marquant, c'est qu'on ne les soupçonne pas. Et parfois, c'est des personnes qui pourraient être nos copains, nos voisins, nos frères, nos sœurs. Enfin, c'est des personnes qui sont extrêmement proches de nous. Je pense aussi aux femmes qui subissent des violences conjugales. On a vraiment ces phénomènes. Et on a, en effet, aussi des étudiants qui ont quitté le domicile familial pour aller poursuivre leurs études. Et puis, finalement, ils ont perdu leur bourse ou je ne sais quelle raison. Et ils se retrouvent dans des situations qui sont vraiment désastreuses.

Donc ça, c'est pour ce constat de précarité qui est quand même assez important. Et puis, dans le même temps, en effet, un monde du bureau et de l'entreprise, je pense, de manière générale, qui s'est quand même vraiment transformé ces dernières années, l'avènement du télétravail. Je pense aussi à la croissance du freelancing.

On a quand même des carrières aussi qui se morcellent. Donc, en fait, il y a tout un tas de choses qui font que les bureaux d'avant ne peuvent plus être les bureaux d'aujourd'hui et que cette transition aujourd'hui, elle n'a pas suivi en même temps que le monde du travail s'est transformé, ce qui fait qu'en effet, on a, je pense, des mètres et des mètres carrés de bureaux qui ne servent plus à personne. Ce ne sera pas non plus la cible des Bureaux du Cœur. Comme on vous l'expliquer, nous, c'est vraiment des bureaux qui sont occupés la journée et qui ne le sont plus la nuit, comme un bureau classique. Mais voilà, je pense que ça, ça fait quand même, ça éveille les consciences. Et dans tout ça, du coup, en effet, quand on pense à un bureau qui est inoccupé la nuit, alors qu'il pourrait l'être, il y a aussi cette question un peu, je pense, d'ordre presque éthique ou écologique de se dire mais comment est ce qu'on peut aussi optimiser ses usages ?

Ça n'a pas de sens que dans une même ville, Paris, avec des prix de mètres carrés qui soient quand même assez démentiels, on ait des bureaux qui sont occupés que pendant un certain laps de temps, 30-40% et que le reste du temps ne se soit pas optimisé en termes d'usages. Ça pourrait être des espaces qui servent, tout simplement.

 Timothée : Si on rentre un peu plus, justement, dans le détail opérationnel de comment vous travaillez aujourd'hui, peut-être un des freins, on va essayer de lever un peu tous les freins qu'une entreprise pourrait se dire à prescrire, en gros, le service et à avoir des invités chez eux. Comment vous identifiez les profils à accueillir ? Vous vous adossez, c'est ça, des structures qui vous apportent, par rapport à des critères, les bons profils ?

 Kinda : Exactement, nos organismes sociaux partenaires.

 Timothée : J'ai depuis deux ans quelqu'un qui dort dans la rue, je ne peux pas venir vous voir en lui disant, tiens, cette personne, comment je peux l'aider ?

Kinda : Non, on passe vraiment par ces organismes sociaux-là parce qu'au-delà de l'identification du profil qui, en effet, répond à nos critères, c'est aussi principalement parce que dans le monde d'aujourd'hui, en tout cas en France, on a vraiment besoin d'avoir un accompagnement social qui se fait par des professionnels. C'est quelque chose qui est difficile, enfin, moi-même, alors qu'on gère des assos, etc. Je me rends compte parfois des complexités administratives pour avoir des demandes de logement, etc. Donc, c'est quand même tout un champ qui est hyper complexe pour les Français, mais alors je n'ose pas imaginer pour les gens qui maîtrisent encore peu la langue, etc. Donc, il y a vraiment besoin d'avoir des travailleurs sociaux qui accompagnent sur ces démarches-là et donc c'est essentiel qu'on ait dès le début des organismes socio partenaires pour qui c'est le métier qui viennent accompagner déjà dans l'insertion de l'invité au sein de l'entreprise, mais aussi pour sa sortie à l'issue des Bureaux du Coeur.

Timothée : Et l'entreprise, c'est quoi les conditions pour qu'une entreprise puisse accueillir un invité chez les Bureaux du Coeur?

Kinda : D'abord, c'est de l'envie, j'ai envie de dire, le cœur, la volonté de s'engager et de faire en sorte que ça devienne, parce que voilà, c'est un projet qui est immense et qui ne demande presque, j'ai envie de dire, que de l'envie, parce qu'après pour le reste, c'est extrêmement simple. Nous, on demande globalement cinq éléments.

Le premier, c'est un lit. Donc très souvent, ça peut être un petit canapé convertible qui va être dans une salle de réunion, une salle de repos, un espace convivial ou pas, en fait, en fonction de la disposition de l'entreprise. Qui peut se transformer donc un peu naturellement en chambre le soir venu, avec à proximité, deuxième élément, donc une armoire pour que l'invité puisse laisser ses affaires la journée et ainsi que le linge de lit, etc.

Un petit coin cuisine, donc en général, très facile à trouver dans une entreprise, micro-ondes, frigo. Enfin, voilà, ça peut être le minimum.

Des sanitaires, encore plus simple à trouver dans une boîte. Et idéalement, une douche. Ça, c'est un peu le dernier élément, optionnel, puisque, en fait, quand ce n'est pas le cas, on vient aussi identifier des partenaires à proximité ou des organismes sociaux qui pourraient mettre à disposition leur douche pour les inviter. Donc, en fait, on ne vient pas casser des murs. C'est quand même quelque chose qui se trouve dans presque toutes les entreprises.

Timothée : En termes d'équipement, plutôt simple, même avec 400 euros, en gros, on peut faire déjà quelque chose de très bien.

 Kinda : Exactement.

Timothée : Deuxième point, j'imagine, qui est le frein, c'est le sujet du juridique, des assurances. Comment vous répondez à cette crainte que pourraient avoir certaines entreprises?

 Kinda : En effet, ça, ça faisait partie des piliers fondamentaux de l'association quand on a monté les Bureaux du Cœur. Ça a été vite de se rendre compte que oui, on a un assureur et qu'il va falloir que l'assureur nous suive parce qu'on n'a pas envie de mettre en risque l'entreprise, son activité, sa pérennité. C'est évident. Et donc, nous, on a pris les devants et onest allés voir les gros assureurs en leur expliquant le projet. Et aujourd'hui, on a quand même quatre grosses compagnies que sont AXA, Allianz Générali et la Maïf qui ont créé la clause des Bureaux du Cœur qui s'ajoute à tous les contrats d'entreprise sans surcoût et qui vient couvrir les invités et le dispositif. Donc, en fait, un invité devient assuré exactement comme vous l'êtes dans vos bureaux.

 Et donc, ça, c'était pour nous un tremplin immense parce qu'en fait, toutes ces problématiques assurantielles, initialement, c'était d'aller convaincre agent par agent. Et donc maintenant, on a quand même ces clauses-là qui font que d'ailleurs, les autres assurances suivent quand même assez facilement. Et d'ailleurs, je voudrais revenir sur cet élément. Je pense qu'on a convaincu d'abord AXA quia été notre premier partenaire et évidemment, première réaction, c'est un peu, oulala, gros projet. Et en fait, je pense qu'AXA, quand ils ont compris qu'avoir une présence d'un invité dans un bureau, ça pouvait sécuriser le bureau. Ça peut le sécuriser parce qu'il y a de la vie la nuit.

 Donc, en fait, il y a moins, par définition, moins de d'effractions dans le bureau parce qu'en fait, il y a une présence et donc c'est un espace qui vit et qui donne moins l'impression d'être vide. C'est un espace aussi qui, en fait, où on a quelqu'un qui peut alerter si jamais il y a un dégât des eaux, si jamais il se passe quoi que ce soit. Et donc, en fait, AXA nous a dit, finalement, vous êtes en train de diminuer éventuellement le risque du bâtiment.

Pour nous, ça a été un levier énorme de se dire, en fait, c'est évidemment pas le rôle de l'invité. D'ailleurs, j'utilise ce terme qui est pour nous un terme extrêmement précieux. Ce qui est un invité est un invité. C'est pas un service de conciergerie, c'est pas un service de sécurité. C'est quelqu'un qu'on invite dans nos bureaux et à qui on ne demande aucune contrepartie. Pas de contrepartie service, mais pas non plus de contrepartie financière.

Ça, c'est vraiment la base de notre projet. Mais pour autant, il y a eu cette externalité positive identifiée par AXA en nous disant, en fait, pourquoi pas ? Parce que pour nous, ça peut être aussi un petit plus en tant qu'assurance.

Et la deuxième problématique juridique qu'on peut rencontrer, c'est le fait de devoir convaincre son bailleur, puisque donc, aujourd'hui, et ça changera peut-être demain, mais les baux n'acceptent pas de pouvoir convertir un bureau qui est défini comme tel, comme un espace d'accueil pour une personne plus externe à l'entreprise le soir. Et donc, après, c'est de l'individu, c'est d'aller convaincre son bailleur pour pouvoir mettre en œuvre le projet avec l'accord en amont du propriétaire du bâtiment.

Timothée : Et ça aussi, du coup, vous les accompagnez pour que ça soit assez simple de par votre expérience.

Kinda : Tout à fait.

Timothée : Il y a peut-être un troisième point. J'essaie de me positionner, nous aussi, en tant que prescripteur, peut-être futur, de ce que vous proposez pour qu'on invite aussi des personnes. Ces personnes qui viennent, elles cohabitent avec les salariés.

Comment ça se passe ?

Kinda : Un invité Bureaux du Cœur, quand on va démarrer un accueil, on va donc signer une convention avec l'entreprise hôte, l'invité, l'organisme social partenaire et les Bureaux du Cœur. Démarche administrative relativement lourde, mais qui va vraiment permettre de préciser les engagements de chacun, le rôle que chacun a à jouer dans cette relation, etc. On vient définir, notamment lorsqu'on établit cette convention, les horaires d'accès au bureau pour nos invités. Et donc, c'est vraiment le rôle à ce moment-là du référent Bureaux du Cœur.

Timothée : Est-ce qu'il y a des moments où on peut se croiser avec l'invité ? Ça ne veut pas dire que tous les jours, on va proposer de prendre un café ou un verre. Mais pour autant, à partir de quel moment l'invité peut partir ?

Kinda : En général, on pousse aussi pour que ce soit le plus tardivement possible, qu'il n'est pas à partir à 7h du matin alors que les salariés arrivent à 8h30, 9h. Mais aussi pour qu'il y ait ce moment de rencontre qui soit sympathique pour que ça puisse se croiser. Je voudrais préciser deux choses.

 La première, c'est que de ce fait, et de toute manière, c'était un des éléments fondamentaux, imaginé à l'époque quand on a fondé l'association, c'est qu'il fallait que ce soit un projet collectif. Ce n'est pas le dirigeant qui décide d'ouvrir ses portes. En fait, personne n'était vraiment au courant et on se retrouve avec un collaborateur en plus dans l'entreprise. Ce n'est pas du tout. C'est vraiment un projet dans lequel on embarque l'entreprise, ses salariés, on vient les sensibiliser. Ça fait partie pour nous de la dernière étape.

 C'est vraiment un projet dans lequel on embarque l'entreprise

Il y a l'accompagnement, la validation juridique et comment on embarque le collectif pour qu'il adhère à ce projet. Il peut y avoir des personnes qui vont avoir des peurs. C'est le principal frein, d'ailleurs, à la mise en place des Bureaux du Cœur. C'est la peur de cette transformation, parfois la peur de l'autre. Et donc, nous, on vient expliquer comment ça se passe. On vient expliquer qui sont les profils des invités, etc.

 Finalement, c'est là où je pense l'impact des Bureaux du Cœur est le plus grand. C'est qu'on a un peu un schéma type en général d'un invité qui débarque dans une entreprise. On ne va pas se mentir, les premières semaines, c'est quelqu'un qui se fait extrêmement discret parce que c'est intimidant. Il y a tout un collectif, il y a un bureau en général. C'est beau, c'est un espace dans lequel on le sent bien. On a envie de le préserver, de le choyer.

Et ça, on a vraiment une réaction, j'ai envie de dire, presque normale de nos invités qui sont là en mode je ne veux gêner personne. Donc, ils se font le plus invisible possible. Ils partent très tôt le matin, ils reviennent assez tard le soir pour ne pas croiser, pour ne pas déranger.

 Et puis, en fait, c'est encore une fois le rôle des Bureaux du Cœur. Donc, on a des rendez-vous de suivi de manière mensuelle où on se réunit autour d'une table. On essaye de créer du lien, essayer de pousser.

 Est-ce que vous avez pensé à faire un petit déj, à organiser des petits moments pour qu'en fait, l'invité se sente appartenir au collectif ? Et là, on voit vraiment des petites transformations individuelles de l'invité qui se sent déjà de plus en plus chez lui. Des salariés qui commencent à le croiser un peu anecdotiquement au début et puis, en fait, qui finissent par se dire ça te dit, demain, on prend un café, etc.

Et un lien qui se tisse et qui devient vraiment, je pense, la belle histoire des Bureaux du Cœur. Le projet, c'est pourquoi, du coup, les entreprises ont vraiment envie de s'embarquer là-dedans. C'est que, en fait, ça amène tout un tas de transformations internes, de transformations individuelles, collectives, qui font que chacun s'en sort grandit de cette relation qui sort complètement de son ordinaire et du cadre deson entreprise.

Capsule Expert #2

Timothée : Merci, c'était très clair et ça donne envie de tester parce que je pense que la meilleure façon d'être convaincu, c'est de tester. Et justement, toi Perrine, tu t'es dit quand même, quand on met l'humain, c'est concret, au cœur de nos politiques d'engagement, c'est peut-être plus sympa que le simple réflexe du carnet de chèques.

Perrine : Oui, tout à fait. C'est ce que j'ai pu constater quand j'ai fait mes quelques recherches, c'était de remarquer que par facilité, les entreprises, elles ont tendance à se tourner vers le don quand il faut avoir un projet sociétal. Et donc, aujourd'hui, il y a environ 9 sur 10entreprises mécènes qui font des dons financiers, d'après l'ADMICAL. Et donc, on voit qu'il y a une croissance réelle du mécénat. Donc ça, c'est déjà une très bonne nouvelle. On ne va pas non plus commencer à tirer là-dessus.

 Mais les actions sociales, elles sont beaucoup moins représentées. Il y a 12% des budgets du mécénat qui sont alloués à du social. Et c'est plutôt les projets sportifs qui vont plutôt être financés.

Et donc, c'est aussi là que le projet des Bureaux du Cœur, il est intéressant parce qu'il va aller au-delà de ça et il va aussi changer les systèmes de pensée. Et donc, je suis allée chercher aussi d'autres exemples d'entreprises qui changent justement leur rôle et qui se réinventent. Voilà, j'en ai quelques-uns d'entreprises qui vont aussi aller ouvrir leurs portes à des projets.

Ca peut être des salles de réunion qui sont mises à disposition, des espaces, des différents lieux qui sont ouverts pour différents projets. Donc parmi eux, ça peut être par exemple la SNCF qui a misen place un accueil d'élèves dans les locaux d'une gare à Chinon avec une association qui s'appelle Lire et dire pour lutter contre l'illettrisme. On a Danone aussi qui met ponctuellement ses locaux à disposition à des associations ou des startups sociales pour soutenir des projets innovants et encourager des entrepreneurs à se retrouver dans ce type de lieu.

Il y a aussi une PME familiale à Marseille qui s'appelle Millet et Avon qui a mis à disposition un atelier à un artiste pour faire une résidence sur plusieurs mois. Et ça, c'est aussi un projet qui est beaucoup soutenu par le ministère de la Culture de créer des résidences en entreprise. Donc ça, c'est aussi intéressant de voir que finalement, le rôle de l'entreprise, il peut évoluer.

 Et cette évolution, elle rejoint beaucoup, je trouve, le modèle des tiers lieux qui est en plein essor en France. Il y a de plus en plus de lieux comme ça qui créent de la multifonctionnalité avec du travail, des activités culturelles, de l'engagement associatif, de l'engagement citoyen. C'est vraiment croiser un peu les univers et je pense que ça apporte un peu à tout le monde.

Et donc, ces logiques un peu de multifonction, elles passent d'une logique simple à une logique multiple. Elles adaptent des lieux à des moments de vie et à des besoins. Je trouve que c'est intéressant de se poser la question de comment ces exemples-là peuvent se multiplier et faire évoluer un peu les pratiques.

Timothée :Merci beaucoup. Il y a plein d'exemples que vous pouvez retrouver. On avait parlé du collège Jean Moulin à Marseille qui s'est ouvert pendant les vacances. Ça commence en tout cas et s'émet ce type d'approche différenciée.

 Perrine : Oui, c'est ça aussi dans les lieux publics. En fait, il y a déjà beaucoup aussi de choses. Alors, c'est peut-être plus facile pour les lieux publics d'aller vers ce type d'approche parce qu'il y a moins l'enjeu assurantiel. J'imagine que ce n'est pas les mêmes thématiques. Mais c'est vrai que des écoles qui s'ouvrent, il y a des choses, elles ouvrent pendant les vacances et elles vont accueillir des résidences de musiciens. Moi, je sais que ma famille est musicienne et ils vont tout le temps dans des écoles faire des répétitions.

 Et donc, c'est ce genre de choses aussi qui est intéressant, c'est de voir un peu comment ces lieux qui sont vides, eh bien, en fait, on peut les utiliser différemment et créer les conditions pourque ça s'organise.

Le futur des Bureaux du Coeur ?

Timothée : C'est quoi les suites des Bureaux du Cœur dans les prochaines années, prochains mois ? Il y a des nouveaux projets. Comment tu vois le développement là à moyen terme ?

Kinda : C'est de continuer parce qu'on a un réseau de 400 entreprises et on s'en félicite parce que le projet est quand même relativement récent. On est présent aujourd'hui dans 44 villes, 40 en France et 4 hors de France, notamment à Lisbonne, Lausanne, Bruxelles et Barcelone. Donc, le projet se développe, mais on est encore au début de notre route.

En tout cas, j'en suis persuadée parce qu'avoir accueilli 1000 personnes, c'est bien. On parlait donc des 350 000 personnes en situation de précarité. Toutes ne pourront pas être accueillies dans le cadre des Bureaux du Cœur. Mais en fait, la route est longue et elle l'est d'autant plus que la précarité augmente. Ces chiffres, chaque année, augmentent. Il me semble que j'avais lu récemment qu'il y a 20 ans, on avait un chiffre qui était presque de trois fois inférieur.

Donc, en fait, c'est vraiment une croissance qui va extrêmement vite. Donc, il faut que ces solutions se démultiplient aussi rapidement. Et je parle de ces solutions, je ne parle pas que des Bureaux du Cœur.

Je pense que les Bureaux du Cœur, c'est une voie autour du logement. Mais je pense qu'il y a tout un tas de choses qui peuvent être mises en place. Et en fait, c'est ce que finalement les Bureaux du Cœur peuvent démontrer assez concrètement.

C'est que quand on s'engage à plusieurs, quand on s'engage avec cette volonté aussi de se dire, en fait, oui, c'est des bureaux, mais en fait, ça peut être autre chose. Enfin, c'est juste changer un tout petit peu notre mentalité, parce qu'en fait, dans un bureau, vous, moi, toi, on pourrait tous y dormir. C'est des espaces qui sont super agréables.

On pourrait y faire de la musique, on pourrait y manger, on pourrait partager des repas, etc. Quand on sort un peu de ces pensées-là, je pense qu'on crée de la richesse, on crée de la valeur et de la valeur de société. Et je pense que c'est vraiment d'accepter ce changement de paradigme-là. Et d'ailleurs, c'est notre mesure d'impact qu'on a sortie en début d'année, notre première mesure d'impact.

 À la fin de nos premiers 1 000 accueils, on s'est dit, on va aller quantifier et qualifier ce que c'est l'impact des Bureaux du Cœur. Au-delà de, bon, on sait qu'on a accueilli 1 000 personnes, on sait plus ou moins combien sont sorties positivement vers le logement, etc. On est venus poser la question à tous nos invités et aux salariés des entreprises, ce qu'on n'avait jamais fait jusqu'à présent.

Timothée : Comment vous avez vécu ces accueils ? Qu'est-ce que ça vous apporte, etc. Et les chiffres sont vraiment probants.

Kinda : Tu mentionnais déjà les chiffres de sortie de nos invités. 92 % de nos invités sortent en logement ou en hébergement. Donc, il y a vraiment une stabilisation hyper marquante de leur situation. 71 % accèdent à une situation d'emploi, ce qui est énorme et ce qui n'est pas du tout, d'ailleurs, de notre faible bureau du cœur. Nous, on a juste permis à cette graine d'être plantée par nos invités et ils arrivent à s'en emparer. Un peu plus en amont de ça, 96 % déjà des salariés disent qu'ils aimeraient que leur entreprise accueille de nouveau.

Et ça, c'est quand même assez incroyable.C'est qu'on se rend compte que ça crée un sentiment de fierté. 95% des salariés se disent plus fiers de leur entreprise suite à un accueil.

Et 70 % déclarent que depuis les accueils,ils ont changé de regard sur le rôle qu'ils peuvent jouer face à la précarité.Et donc, en fait, c'est justement ça. C'est accepter ce changement de paradigme pour que collectivement, on se transforme, que la société puisse évoluer et répondre à des besoins sociétaux croissants.

Timothée : Un site internet, si on a envie de rentrer dans le mouvement des bureaux du cœur ?

Kinda : Bureauducœur.org. Facile. Bureau au pluriel du cœur.org.

On est sur tous les réseaux sociaux, on a plein de vidéos sur YouTube. Enfin, c'est facile à trouver. Franchement, vous tapez Bureauducœur aussi. Il y a tout un tas d'articles, heureusement.

Capsule Expert #3

Timothée : Justement, tu parlais d'un point important. C'était, et nous, à l'échelle individuelle, comment on peut contribuer sur ces sujets ? Tu as fait un petit résumé.

Alors, c'est loin d'être exhaustif parce qu'il y a plein de choses pour, justement, que faire à l'échelle individuelle sur ces sujets-là, Perrine ?

Perrine : Oui, donc le tissu associatif ne va pas être résumé dans cette capsule parce qu'il y a tellement de choses qui existent. Et moi, je vous encourage aussi à aller beaucoup voir ce qui se fait localement parce que c'est ça le plus important. Donc, surtout sur tous les sites Internet des mairies, de vos régions, il y a déjà beaucoup d'exemples d'associations qui s'engagent. Mais si vous voulez agir aussi à l'échelle individuelle, il y a différentes associations que je vous recommande. Déjà, il y en a une qui s'appelle J'accueille. J'ai une amie, justement, qui a pu rentrer dans cette association et dans ce dispositif qui est, en fait, si on a une chambre qui est disponible près de nous et qu'on se sent d'accueillir quelqu'un, et bien, en fait, ça va faire l'intermédiaire entre des personnes et des personnes qui pourraient les accueillir.

Et pareil, c'est un peu sur le même format, mais du coup, à l'échelle de la maison et avec tout un accompagnement et un suivi aussi qui est fait par l'association.

Kinda : Avec J'accueille, on est évidemment très proches et on avait carrément monté une coalition de lutte contre le gaspillage immobilier. Donc, c'est-à-dire tous ces mètres carrés vacants, les chambres d'amis, les bureaux inoccupés le soir et le week-end. On avait aussi associé d'autres structures associatives qui faisaient comme nous, en fait. Soit qui utilisaient des bâtiments complètement vacants, soit qui utilisaient des bâtiments vacants de manière temporaire. Donc, soit sur une plage horaire d'une journée, soit temporaire parce que travaux, etc. Et donc, on a créé la coalition de la lutte contre le gaspillage immobilier.

On essaie vraiment de porter ce plaidoyer à l'échelle nationale de comment est-ce que chacun aussi peut contribuer à cette évolution.

Perrine : Il y a aussi d'autres associations comme Utopia 56. Marielle en avait déjà parlé dans l'épisode qui était avec Weverse. Donc, là, si vous souhaitez vous engager, vous pouvez participer à des maraudes.

Vous pouvez aussi aller sur de l'hébergement. Ça peut être aussi de la présence pour différentes collectes de nourriture, de vêtements, du soutien à l'association. Et il y en a une dernière, ça s'appelle Le Refuge, qui a été créée en 2003 pour l'accompagnement des personnes LGBT+, qui sont rejetées de leur famille et qui ont besoin d'accompagnement, que ce soit de l'hébergement, aussi un accompagnement psychologique et social.

Et donc, c'est différentes associations sur lesquelles vous pouvez aussi vous renseigner pour agir à votre échelle.

Timothée : Merci. Merci Perrine.

Qui l’eût cru que des bureaux vides la nuit pourraient devenir des solutions de logement pour des personnes en situation de précarité, que transformer une salle de réunion en chambre, en lieu de vie, permettrait à quelqu'un de retrouver un cadre de vie stable, qu'en changeant simplement l'usage des bureaux, on pourrait offrir une solution concrète à des personnes dans le besoin.

Merci à tous de nous avoir écoutés. La prochaine fois, on va parler paille avec Ecocooon.

Mais on n'en dit pas plus. On se retrouveplutôt la semaine prochaine ou plutôt dans 15 jours pour un nouveau numéro.

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