Comprendre la TCFD : origines, objectifs et structure
Créée en 2015 par le Conseil de Stabilité Financière (FSB) à la demande du G20, la Task Force on Climate-related Financial Disclosures (TCFD) a publié ses recommandations finales en 2017. Son ambition est claire : rendre les marchés financiers plus résilients en garantissant que les risques climatiques soient correctement identifiés, valorisés et communiqués aux parties prenantes.
Le cadre repose sur quatre piliers interdépendants qui structurent l'ensemble du reporting climatique :
- Gouvernance : comment le conseil d'administration et la direction pilotent-ils les risques et opportunités climatiques ?
- Stratégie : quels sont les impacts du changement climatique sur les activités, la chaîne de valeur et les orientations à long terme ?
- Gestion des risques : quels processus permettent d'identifier, d'évaluer et de prioriser les risques climatiques ?
- Indicateurs et objectifs : quelles métriques, notamment l'empreinte CO2, sont utilisées pour mesurer les progrès et définir des cibles ?
Ce cadre volontaire à l'origine tend à devenir obligatoire dans de nombreuses juridictions. En Europe, la directive CSRD s'en inspire pour ses exigences de reporting de durabilité, notamment via le standard CSRD ESRS E1 dédié au changement climatique, qui reprend la structure des quatre piliers TCFD pour encadrer la publication des risques et opportunités climatiques.
Calculer son empreinte carbone : le socle indispensable de la démarche TCFD
Impossible de piloter ce que l'on ne mesure pas. Avant de publier un reporting TCFD crédible, l'entreprise doit impérativement calculer son empreinte carbone selon le protocole GHG (Greenhouse Gas Protocol), qui distingue trois périmètres d'émissions :
- Scope 1 : émissions directes issues des sources détenues ou contrôlées par l'entreprise (combustion dans les installations, flotte de véhicules).
- Scope 2 : émissions indirectes liées à la consommation d'énergie achetée (électricité, chaleur, vapeur).
- Scope 3 : toutes les autres émissions indirectes sur la chaîne de valeur amont et aval, souvent les plus importantes en volume.
Le calcul de l'empreinte carbone d'une entreprise s'appuie sur des données d'activité (consommations d'énergie, volumes achetés, kilomètres parcourus…) croisées avec des facteurs d'émissions sectoriels reconnus (Base Carbone de l'ADEME en France, IPCC…). C'est précisément sur ce socle de données que la TCFD attend des indicateurs robustes, vérifiables et comparables dans le temps.
Chez R3, nous aidons les entreprises dans la mise en place de leur comptabilité carbone : collecte des données, sélection des méthodologies adaptées, consolidation des périmètres et production d'un bilan carbone audit-ready, directement intégrable dans un rapport TCFD.
Réduire son empreinte carbone : de la mesure à la stratégie de décarbonation
La TCFD ne se limite pas à la mesure : elle attend des entreprises une véritable stratégie de réduction de leur empreinte carbone, intégrée à leur plan d'affaires. Cela implique plusieurs étapes structurantes.
Fixer des objectifs alignés sur la science
Les cibles de réduction doivent être cohérentes avec les scénarios climatiques de référence, en particulier le scénario 1,5°C de l'Accord de Paris. L'initiative Science Based Targets (SBTi) fournit un cadre méthodologique pour valider ces objectifs et les rendre comparables à l'échelle internationale.
Prioriser les leviers de décarbonation
Une fois les postes d'émissions identifiés, l'entreprise priorise ses actions selon leur potentiel de réduction et leur coût marginal d'abattement : efficacité énergétique, transition vers les énergies renouvelables, éco-conception des produits, optimisation des achats, mobilité bas-carbone, etc. Les risques physiques liés aux conditions climatiques extrêmes, comme la canicule en entreprise, doivent également être intégrés dans la priorisation des actions, car ils affectent directement la productivité, la santé des salariés et la continuité opérationnelle.
Intégrer les scénarios climatiques dans la stratégie financière
La TCFD demande aux entreprises de tester leur modèle économique face à plusieurs scénarios, un scénario de transition rapide vers une économie bas-carbone et un scénario de réchauffement non maîtrisé. Ces exercices prennent la forme de stress tests climatiques, qui permettent d'évaluer la résilience des actifs et des activités face aux aléas climatiques.
En France, cette démarche s'articule avec les orientations du PNACC 3 (3ème Plan National d'Adaptation au Changement Climatique), qui fixe les trajectoires de référence pour évaluer la vulnérabilité des entreprises face aux aléas climatiques.












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