Edito et présentation des invités
Timothée : Aujourd’hui, dans Qui l’eût cru ? on va parler de biodiversité et de forêt, pas de celles qui existent déjà, mais de celles qui n’existent pas. En France, des terres délaissées, des friches, des prairies menacées d’artificialisation peuvent encore devenir autre chose : des haies, des oasis de biodiversité, citées comme de nouvelles forêts capables d’accueillir des insectes, des oiseaux, des sols bien vivants.
Et c’est exactement ce que fait Créateur de Forêt. Depuis 2020, l’entreprise transforme des terrains ordinaires en écosystèmes durables partout en France. Ici, pas de crédit carbone, pas d’argent public. Les projets sont financés à 100% par des entreprises et des citoyens qui veulent agir concrètement, localement, de manière mesurable et collaborative avec Créateur de forêt.
6 euros, c’est un mètre carré de biodiversité préservée pour 100 ans. Planter des arbres, oui, mais pas que, et pas n’importe comment, et surtout redonner une chance aux vivants de prendre racine durablement. Et cela, qui l’eût cru ?
Et pour en parler, j’ai le plaisir d’accueillir Baptiste Trény, président fondateur de Créateur de forêt. Bonjour Baptiste.
Et côté expert, et pour la première fois dans Qui l’eût cru? notre expert biodiversité, l’homme qui murmure à l’oreille des arbres, le perfeuillage de R3, c’est l’unique Ludovic Flandin.
Alors, ouvrez grand les fenêtres, inspirez un bon bol d’air frais et bonne écoute.
Parcours et fonctionnement de la solution
Timothée : Raconte nous, Baptiste, peut-être pour commencer, toi, un peu ton parcours : comment devient-oncréateur de forêt ? Un peu, je parlais de perfeuillage, perforé en France… Est-ce que c’est quelque chose de naturel ? Y a-t-il un cursus pour ça ?
Baptiste : Pas du tout. Je crois que c’est un chemin, en fait. J’ai eu un parcours tout à fait conventionnel. Enfant, bon, à l’école, puis étudiant, puis bon diplôme, et ensuite un travail dans la gestion de patrimoine, dans une mutuelle d’assurance.
Et j’ai toujours été proche de la nature, des arbres, de la biodiversité, et j’ai toujours aussi aimé le monde de l’entreprise. J’ai toujours été fasciné par les entrepreneurs et les entrepreneuses qui créent quelque chose.
Et à un moment donné, je me suis dit j’ai pris en pleine tronche la déstabilisation, l’effondrement du vivant dans nos campagnes. Et je me suis dit : il faut que je crée quelque chose. Je pense qu’au début, pour être heureux à titre personnel, j’ai eu besoin de créer quelque chose.
Comment on devient créateur de forêt ? Moi, c’est un rêve. Je me suis dit : qu’est-ce que je peux répondre à ma fille quand elle me dit :« Papa, c’est quoi ton travail ? » Je rêvais de lui dire : « Papa, il est créateur de forêt. »
Et vraiment, en mode délire, je crois. J’ai regardé, ça n’existait pas, et je suis parti bille en tête sur ce projet. Et c’est devenu une entreprise, avec des projets à la clé, une équipe… et voilà, c’est devenu une entreprise maintenant.
Timothée : Est-ce que tu te rappelles, toi, du moment de bascule qui t’a fait passer de gestionnaire de patrimoine à Créateur de Forêt ? Est-ce que tu te baladais peut-être chez toi, dans la campagne, et que tu t’es dit… Est-ce qu’il y a un truc qui t’a vraiment fait basculer ?
Baptiste : Ce n’est pas venu du jour au lendemain, c’est un processus, en fait. J’ai toujours été amoureux de la nature au début, j’utilisais ce mot-là d’ailleurs, je n’employais pas encore le terme du vivant et j’ai toujours été amoureux de ça.
Il y a des étapes dans la vie. Quand j’étais étudiant, quelque part, j’étais un peu l’écolo de service. Et puis, après, quand tu es salarié dans une boîte, tu essaies de mettre en place des démarches pour ton entreprise.
Puis après, tu deviens papa, et tu commences à regarder ce que tu donnes à manger à tes enfants. Et puis je me suis pris de passion pour des livres, pour des études, pour le travail de super scientifiques.
Et puis, peut-être qu’il y a eu un chiffre qui m’a vraiment fait tourner la tête. Un livre de Sylvain Foucart, qui s’appelle Le Monde silencieux, je crois, avançait ce chiffre : on a perdu 80% des insectes volants en 30 ans dans nos campagnes.
Moi, je suis apiculteur depuis que j’ai 10 ans. Ce chiffre, en fait, c’est le chiffre que j’ai en tête tout le temps. Et être conscient qu’on a perdu des insectes, des oiseaux, dans nos campagnes, de manière presque instantanée à l’échelle du vivant, c’est devenu pour moi impossible, inconcevable, de ne rien faire.
Et ma manière d’agir, c’était ce que j’avais appris à l’école : entreprendre. Je me suis dit : je vais entreprendre uniquement pour ramener de la vie.
Timothée : Et donc là on est en 2020. Avant le Covid, pendant le Covid, après le Covid ?

Baptiste : Ouais, c’est même créé, en fait, c’est quelque chose, souvent, on me dit : « Mais du jour au lendemain, comment t’es devenu créateur de forêt ? » En fait, ce n’est pas quelque chose…Tu ne te réveilles pas le matin en disant, j’ai cette idée. Ce n’est pas une ampoule, boum, qui s’éclaire le matin.
Je crois que, moi, quand j’ai créé ma boîte, j’avais 37ans. Et je pense que j’ai mis 37 ans à la créer, en fait. C’est vraiment l’enfance, et ensuite l’éducation, qui ont fait que j’ai créé ma boîte.
C’est un projet que j’avais en tête peut-être depuis 2019. Depuis 2020, c’est devenu très important pour moi. Je suis parti de mon ancienne entreprise, qui est une entreprise sensationnelle, qui est la MAIF. En2020, durant le confinement mais ce n’était pas du tout lié au confinement, le fait que je sois parti, et je n’ai pas du tout créé ma boîte parce qu’il y a eu le confinement.
Par contre, le confinement m’a permis de me poser énormément. Le temps lent m’a permis de vraiment réfléchir à ce projet. Et donc, c’est un processus. Cette boîte, je la pense depuis 2019. En 2020, je l’ai construite et, en fait, elle existe officiellement depuis février 2021.
Timothée : On parle beaucoup, du coup, de Créateur de Forêt, concrètement. Qu’est-ce que vous faites ? Parce qu’il y a quand même beaucoup de structures, quand on a essayé de travailler un peu ce podcast. Vous, c’est quoi votre originalité ? Qu’est-ce que vous proposez ?
Baptiste : Alors déjà, il y a beaucoup de structures, et il en faut beaucoup plus encore. Donc vraiment, je souhaite qu’il y en ait de plus en plus. Pour moi, il n’y a pas de notion de concurrence dans ce milieu-là, il en faut vraiment beaucoup plus.
La particularité de notre travail, c’est un peu… On est promoteur de biodiversité. On fait le même métier qu’un promoteur immobilier, mais on fait du vivant. On rassemble différents corps de métiers pour construire des projets, pour bâtir des projets de préservation de la biodiversité sur le long terme.
Donc on trouve des terrains abîmés, dégradés, et on va les agrégrader c’est le contraire de dégrader en fédérant différents corps de métiers : scientifiques, écologues, associations environnementales, paysagistes, pépiniéristes, agriculteurs. Et tout cet écosystème de sachants, on le fédère autour d’un projet de biodiversité.
Et notre particularité ? C’est qu’on va intervenir là où on pense que c’est utile. Parce que moi, je pense que la meilleure manière de préserver la nature, ce n’est pas de planter un arbre, c’est de foutre la paix à la nature, de laisser les dynamiques s’installer dans les écosystèmes. Mais il y a des endroits dégradés où notre intervention humaine peut vraiment avoir un intérêt, comme un booster pour le vivant.
Donc on va trouver des terrains qui nécessitent une intervention. On est vraiment un acteur qui intervient. Moi, je rêve de laisser tranquilles des forêts magnifiques et vivantes, mais ce n’est pas notre cœur de métier. Nous, on est sur des terrains qui nécessitent une intervention.
Et notre autre grande particularité, c’est que 100% de nos projets c’est peut-être ça notre innovation sont bloqués juridiquement. Alors tout à l’heure, tu parlais de 100 ans. En fait, c’est 99 ans, pour être précis. Malheureusement, je trouve que ce n’est même que 99 ans. Moi, j’aurais vraiment voulu faire plus, mais en France, on ne peut pas faire plus.
On bloque ces terrains juridiquement avec un outil foncier qui s’appelle l’obligation réelle environnementale. Donc tous les projets sur lesquels on intervient ne sont que le début de quelque chose. Et pendant au moins un siècle enfin, 99 ans la vie va pouvoir vivre sa vie et vivre sa mort.
Timothée : Alors, une question bête peut-être, mais pourquoi 99 ans ? C’est quoi ? C’est un truc scientifique qui dit qu’au bout de 99 ans, on a durablement installé de la vie sur un site ? Ou ça pourrait être moins, ça pourrait être plus ? J’imagine qu’on n’a pas non plus beaucoup de recul.
Baptiste : Il y a de la vie sur Terre depuis la sortie de la mer, peut-être depuis 600, 700, 650 millions d’années. 99 ans, c’est zéro à l’échelle du vivant.
Sauf que juridiquement, en France, on ne peut pas faire plus. Il y a un dispositif qui s’appelle l’obligation réelle environnementale, sur lequel on va acter que ce lieu est uniquement voué à la préservation du vivant pendant 99 ans.
Si nous, on avait à disposition un outil qui nous permettrait de bloquer ce terrain pendant 500 ans, 2 000 ans, 10 000 ans, on le ferait, vraiment. Mais les outils qu’on a en notre possession, en France, sont uniquement ceux-là.
Timothée : Et quand tu dis terrain dégradé, c’est quoi ? C’est des friches ?
Baptiste : Alors, le mot friche, on en parle souvent, parce que c’est un mot qui est quand même assez connoté négativement dans la tête de nous autres. Mais pour moi, la friche, c’est un paradis pour la biodiversité. Un roncier, même, c’est un paradis pour la biodiversité.
Alors, friche industrielle, ça peut être intéressant. Donc, en fait, des endroits dégradés, on en a de toutes sortes. Ça peut être, par exemple, une ancienne station d’épuration en Ille-et-Vilaine, sur une commune qui s’appelle Verne-sur-Seiche, qui a été démantelée, où il y avait une ancienne emprise humaine et où, là, il fallait ramener de la vie.
On a aussi des anciennes décharges sur lesquelles on a construit des projets. Un terrain dégradé, c’est également une zone de captage d’eau potable, dans laquelle on puise de l’eau pour la boire, mais qui est polluée par des traces de pesticides interdites depuis une vingtaine d’années. Là, tu ramènes des végétaux, tu fais ce qu’on appelle de la phytoremédiation, c’est-à-dire dépolluer les sols par les plantes. Donc ça peut être ça aussi, un endroit dégradé.
Un autre type d’endroit dégradé même si je fais très attention avec ça ce sont les coupes rases. La richesse d’une forêt, c’est avant tout son sol. Et on a eu des projets où on est intervenus après des coupes rases très mécanisées, avec des engins qui pèsent le poids de dix mammouths, où le sol était complètement déstructuré. Là, il fallait intervenir pour ramener du vivant.
Et puis, en terrain dégradé je fais aussi très, très attention avec ça, parce que ce n’est pas du tout ce type de terrain que l’on souhaite en priorité on a eu des communes qui nous ont proposé d’anciennes terres agricoles. Moi, je ne veux surtout pas virer des agriculteurs, c’est très important. Mais quand tu veux ramener de la vie, c’est vrai que si tu travailles sur une ancienne terre agricole, tu pars quasiment de zéro. Et donc, paradoxalement, c’est parfois plus facile de ramener de la biodiversité sur un terrain où il y en a très peu.
Donc voilà, dégradé, ça recouvre tout un tas de types de lieux, en fait.
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Capsule Expert #1
Timothée : Et d’ailleurs, tu disais, du coup, ramener de la biodiversité ou ramener de la vie. Moi, une question c’est vrai que toute conne, Ludovic pour moi, la biodiversité, c’est vrai que dans l’imaginaire, c’est les ours polaires, c’est les éléphants, c’est les coraux qui disparaissent, toutes ces espèces en danger. Mais je crois que je suis quand même à côté de la plaque, Ludovic.
Ludovic : Alors, comme tous les gros animaux terrestres, tu as simplement, Tim, un biais, un prisme macro-animal sur le vivant. Tu te soucies principalement des problèmes qui concernent les grands êtres vivants. Mais le vivant, c’est avant tout le monde du petit et le monde de l’invisible, pour que ça fonctionne, en tout cas.
Alors, en France, par exemple, pour que les écosystèmes fonctionnent, on a besoin d’une multitude de petits espaces. Des petits espaces comme des mares, des haies, des îlots de biodiversité. Ce sont les fameux couloirs écologiques, les trames bleues, les trames vertes, les trames noires, qui permettent aux vivants de circuler, aux espèces de s’échapper quand il y a des phénomènes qui peuvent les toucher, leur nuire, etc.
Et ça, ça veut dire que des projets comme celui dont on parle aujourd’hui ont tout leur sens. On n’est pas là juste pour produire une grande forêt primaire en France ou en Europe. Il y en a aussi besoin, de tous ces petits espaces.
Et dans ces petits espaces, comme dans les grands, il y a quelque chose de très peu connu : ce sont aussi des espaces qui sont en cours de destruction aujourd’hui. Par exemple, en France, on continue à détruire entre 20 000 et 25 000 kilomètres de haies chaque année. Et on avait beaucoup plus de mares il y a 100 ans : on en a sans doute détruit 90%.
Donc ce sont de vrais besoins du territoire et des écosystèmes.
Et puis, deuxièmement, le vivant, c’est aussi le monde du petit et de l’invisible, et donc le monde du sol. Dans un gramme de sol forestier un gramme seulement il y a bien sûr des lombrics, beaucoup de champignons, mais aussi dix millions de bactéries, d’énormes quantités de virus, des amibes, et bien sûr encore des champignons.
"Ce qui fait qu’au total, sur un hectare, la biomasse du sol peut représenter l’équivalent d’environ 150 moutons. Pour te dire que la biomasse du sol, c’est 50 à 70% de la biomasse des écosystèmes terrestres."
Et donc, pour que ces sols soient vivants, on a absolument besoin qu’ils soient riches en matière organique et qu’ils puissent participer à tous les cycles du vivant : le cycle de la vie et de la mort, le cycle de la photosynthèse, la transformation des minéraux, et aussi la capacité de l’eau à jouer son rôle en capillarité, dans les deux sens.
Baptiste : C’est extraordinaire, moi j’adore ça. C’est exactement ce qu’on essaie de faire, en fait. On fait ce qui se voit pour préserver ce qui ne se voit pas, et dont on dépend toutes et tous.
Et ce n’est pas ma passion, par exemple, de planter un arbre. Paradoxalement, on en a planté 30 000 en cinq ans, des arbres. Et on le fait pour créer des habitats, pour tout ce qu’il y a autour de cet être vivant un végétal qu’est un arbre mais qui va héberger plein de vivants, dans son sol, dans sa canopée, un jour, tout autour.
C’est vraiment faire ce qui se voit pour préserver ce qui ne se voit pas.
Et là, tu as parlé des zones humides. Mais les zones humides, c’est l’un des milieux les plus rares en France, et il est en train de disparaître à vue d’œil. Les prairies, ce sont aussi des espaces très, très rares en France.
Il faut mettre en avant tous ces petits écosystèmes dont on a l’impression que ce sont juste une flaque d’eau ou une pelouse, alors qu’ils sont en réalité de véritables réservoirs de biodiversité. Et c’est grâce à ces réservoirs de biodiversité que toute la vie peut se diffuser autour.
Donc merci beaucoup pour ces précisions, je trouve ça extraordinaire.
Faciliter le passage à l’action
Timothée : C’est un travail hyper minutieux que vous orchestrez. Ce n’est pas juste, en effet, planter un arbre. C’est se dire, par rapport au sol, par rapport à sa localisation, par rapport à la zone qu’on veut agrégrader, quelles expertises on va remettre au cœur de ce projet pour que cette vie puisse reprendre, et avec tout ce qu’il y a de mieux en potentiel pour que, dans 99 ans, les gens qui traverseront cette zone se disent: « On va encore remettre je ne sais plus le nom de l’obligation juridique comme pour 90 ans avant, il faut qu’on protège cette merveille. »
Aujourd’hui, quand vous dites que, du coup, vous passez par des entreprises. Si on essaie de prendre un peu de recul et de se dire : OK, ceux qui nous écoutent ont peut-être un terrain à côté d’une entreprise, une friche, une prairie, une haie qui n’est pas très vivante, justement. Comment on procède pour pouvoir rendre nos sols vivants ? Il faut une taille minimale ?
Baptiste : Alors déjà, il faut une volonté. Pour revenir au monde de l’entreprise, c’est la raison pour laquelle on a créé Créateur de Forêt. Moi, j’adore le monde de l’entreprise.
Ce qu’on a évoqué là, il y a beaucoup de gens dans le milieu des sachants. Tout le monde connaît ce que c’est que le vivant. Mais dans le monde conventionnel de l’entreprise, il y a plein de gens qui ne connaissent pas ce sujet. Et j’avais vraiment envie de proposer une solution à destination des entreprises, de toute taille, de tout type.
Ça peut être un boulanger, une esthéticienne, une assurance, peu importe le secteur d’activité : on voulait toucher des entreprises. Et donc, on a fait une entreprise pour les entreprises, pour les inspirer et leur faire participer à la biodiversité.
Nos projets basiques sont financés par des entreprises. Et depuis deux ans, certaines nous expliquent que venir planter des arbres avec leurs équipes, à quelques dizaines de kilomètres de leur siège, avec leurs salariés, en faire un moment collectif et visible, c’est déjà très bien. C’est hyper concret, irréfutable, tout le monde le voit.
Mais elles expriment aussi un autre besoin : celui de ramener du vivant directement autour de leur siège social, sur leurs lieux d’implantation, là où sont leurs salariés, parce que c’est encore plus proche, encore plus tangible.
Je fais un raccourci parce que le temps est compté, mais souvent, quand elles travaillent avec un architecte ou un paysagiste, on leur conseille des aménagements très minéraux, décoratifs, parfois exotiques.
Nous, on peut apporter du bon sens. Pas des sens exotiques : plus tu crées d’habitats, plus il y a d’habitants.
Et donc, pour répondre à la question de la taille minimale, n’importe quelle entreprise, de n’importe quelle taille, à partir du moment où elle dispose d’un bout de foncier, peut ramener de la vie et du vivant.
Ça peut être travailler sur les toits, sur les murs, sur tout ce qui peut accueillir un nichoir. Et si on installe des nichoirs, il ne faut pas penser uniquement aux mésanges : on peut aussi accueillir des rougequeues, des crécerelles, des martinets, selon la hauteur et le contexte.
C’est tout ça qu’on aide à penser. Faire attention aux véhicules pour éviter d’écraser les hérissons, créer des habitats pour les hérissons, les crapauds, ou encore des tas de pierres pour les lézards.
C’est à la fois hyper minutieux et hyper basique. Ce qu’on fait, c’est surtout du bon sens. Toutes les entreprises peuvent ramener du vivant autour de leur site, peu importe leur taille.
Même avec un balcon, on peut ramener de la vie.
Évidemment, on ne fera pas venir un lynx, un loup, un ours ou un bison sur un balcon. Mais on peut créer de la vie partout.
Timothée : Mais j’imagine que vous, ça ne vous intéresse pas de ramener de la vie sur mon balcon. Est-ce qu’il y a besoin de vous pour ça ? Est-ce que ce n’est pas plus intéressant quand on crée une mare, quand on préserve une prairie ?
Baptiste : Nous, ce qui nous intéresse, c’est d’avoir un impact concret. C’est sûr que je préfère avoir un projet de 150 hectares qu’un projet de 2 hectares ou qu’un projet de 10 mètres carrés. Mais en fait, ce qu’il faut regarder, c’est davantage l’utilité et la pertinence d’un projet que sa taille en soi.
Évidemment, plus il est grand, plus il aura une utilité, c’est sûr. Mais en fait, toutes les personnes qui nous écoutent et il n’y a pas que des entreprises peuvent, même sur un balcon, ramener de la biodiversité. Et il y en a besoin. En fait, moi, je considère qu’il n’y a pas d’espace inutile pour la vie.
Timothée : Du coup, si je suis une entreprise qui, là, se dit : « OK, j’ai un petit espace vert », comment ça se passe ? Elle vous contacte ? Qu’est-ce qu’elle va payer ? Qu’est-ce que vous allez apporter ? Et comment on va mesurer aussi les bénéfices de tout ça ?
Baptiste : Voilà, les entreprises avec qui on a travaillé, on a quelques exemples. Dernièrement, on a fait cinq projets sur des sites d’entreprises.
En fait, on va aller voir leur foncier, on va leur faire une sorte c’est assez classique une sorte d’audit du site, d’inventaire. Qu’est-ce qu’il y a déjà ? Avant même de faire quelque chose, il faut se poser la question : est-ce qu’il faut faire quelque chose ? Parce qu’il se trouve que parfois, ce qu’il faut faire, c’est ne rien faire. Et pour moi, ne rien faire, c’est faire quelque chose : c’est laisser les dynamiques s’installer.
Donc déjà, avant même de se dire qu’est-ce qu’il faut planter, est-ce qu’il faut mettre une ruche ou un arbre. Moi, je suis apiculteur, je vous l’ai dit tout à l’heure : si vous voulez préserver les abeilles, ce n’est pas des ruches qu’il faut mettre, ce sont des fleurs avant tout. Il faut de la nourriture pour les abeilles.
Ce n’est pas forcément des arbres qu’il faut mettre sur votre foncier. Qu’est-ce qu’il faut faire ? Est-ce qu’il faut parler de prairies, de mares, de bosquets, de haies ? Oui, OK. Est-ce qu’on a un espace potentiellement intéressant pour accueillir des abeilles ? Pourquoi pas, mais sans déstabiliser les abeilles sauvages.
Donc on va faire un audit du lieu. Et puis, en fonction de cet audit, et en fonction du besoin exprimé par l’entreprise… On a dernièrement une entreprise un laboratoire qui nous a dit :
"Moi, j’adore la biodiversité et j’aimerais vraiment ramener du vivant sur mon foncier. Mais par contre, il ne me faut pas d’insectes dans mon laboratoire."
Ça paraît évident : ce sont des produits de santé.
Donc il faut aussi intégrer les contraintes de l’entreprise. Et puis, en fonction de ça, on va leur apporter des conseils simples à mettre en place. Et c’est la complémentarité de toutes les actions qu’on va leur proposer qui va faire un projet global sur le site.
Mais ça va être : comment on intègre, en fonction du lieu, de son climat, de la taille, du voisinage, comment on ramène de la biodiversité sur un site, et comment on implique les salariés. C’est aussi un projet collaboratif.
Timothée : Et donc vous, vous vous occupez de faire cet audit. Ensuite, une fois que vous avez le projet, vous allez créer l’écosystème de partenaires pour mettre en œuvre le projet. C’est vous qui vous occupez de tout ça, d’intégrer les salariés au bon moment.
Donc les investissements sont portés par l’entreprise, j’imagine. L’entreprise finance le conseil et les investissements ?
Baptiste : Oui, elle finance tout. Et sans vouloir forcément être très capitaliste dans l’approche, je vais vraiment viser l’entreprise qui a vraiment, vraiment envie de travailler de manière sincère sur le vivant. Si c’est pour me dire : « Je vais changer mon enseigne et mettre une enseigne végétale avec de la mousse », ce n’est pas du tout ce qu’on va aller faire.
Donc, en fait, l’audit est payant. Déjà, ça permet de voir qu’il y a une volonté concrète de l’entreprise d’agir. Et ensuite, on va tout organiser comme un… Je vais prendre l’exemple d’un métier que tout le monde connaît : un wedding planner, quelqu’un que vous sollicitez pour organiser votre mariage.
Nous, l’entreprise va nous solliciter pour ramener de la biodiversité. On organise tout de A à Z. On va ramener les animations, ramener tous les habitats, et créer de A à Z en impliquant les salariés, en faisant de la sensibilisation.
Timothée : Et une fois que le projet est fait, qu’est-ce qu’il se passe ?
Baptiste : Une fois qu’il est fait, ce n’est pas du tout l’aboutissement, c’est que le début. Ensuite, il y atout un suivi à mettre en place : faire vivre le projet, montrer que ce projet qu’on a mis en place est vivant, donc le suivre.
On a beaucoup de suivis écologiques, avec différentes associations environnementales. Là, sur nos projets, on fait des suivis de trop court terme. Pour le moment, on va faire des suivis sur six ans. En fait, on arrive à faire financer par des entreprises des suivis qui portent sur les six premières années.
Ce n’est pas assez long, mais déjà, ça les fait s’engager.

Timothée : Et puis, j’imagine que sur six ans, la dynamique, normalement, elle est quand même installée et ça doit vivre un peu tout seul. S’il n’y a personne qui vient trop mettre un coup de pied dans la fourmilière.
Baptiste : Au début, on accompagne un peu. On a quelques entretiens pour faire en sorte que les végétaux qu’on plante poussent bien.
Par contre, il y a un truc qui est sensationnel avec la biodiversité. Tout à l’heure, tu parlais de forêt primaire. Une forêt primaire, il faut 1 000 ans, peut-être, pour qu’elle existe. C’est le summum de la biodiversité.
Mais au bout de six mois, un an, deux ans, tu as déjà des résultats. Et c’est ça qui est génial : c’est que dans le vivant, tu as des résultats hyper concrets et quasiment instantanés.
Donc ça, c’est merveilleux de voir la vie qui revient très vite.
Timothée : J’imagine qu’une entreprise qui veut agir pour la biodiversité mais qui malheureusement est en ville et qui n’a pas d’assises foncières, ce n’est pas bloquant, vous pouvez retrouver un projet proche de chez eux. C’est aussi ça que vous pouvez proposer à votre entreprise ?
Baptiste : Oui, en fait, le cœur de métier de Créateur de Forêt, c’est de porter des projets sur des terrains communaux. Donc, on a des projets en Loire-Atlantique, en Vendée, en Vienne, en Deux-Sèvres, en Ille-et-Vilaine, dans la Meuse, en Dordogne.
Et on va aller chercher des financements d’entreprises pour les faire participer à ces projets sur des terrains communaux. Donc ce sont quand même des projets locaux.
Alors, locaux, c’est sûr qu’une entreprise des Deux-Sèvres aime bien participer à un projet des Deux-Sèvres. Mais même la CSR ou les territoires comme les Deux-Sèvres et la Loire-Atlantique sont interdépendants.
Dans l’Est, le projet le plus à l’est qu’on a eu, c’était dans la Meuse, dans le Nord-Est. On y est moins implantés parce qu’on est nés sur l’arc Atlantique, dans les Deux-Sèvres. Donc on est sur des projets plutôt Grand Ouest pour le moment.
Timothée : J’imagine qu’une entreprise a un super projet, a une assise foncière, elle peut vous le confier sans problème si elle est à Nice.
Baptiste : En fait, oui, si on pense qu’il y a une utilité. Ça, c’est vraiment très important.
Si on a créé cette entreprise, c’est parce qu’il y a un problème d’effondrement du vivant. Et en face de ce problème, il faut proposer une solution.
Donc moi, si on me propose d’agir, peu importe où c’est, si je sais que le matin on va se lever et qu’on va faire quelque chose d’utile pour la biodiversité, on étudiera évidemment la pertinence du projet.
Capsule Expert #2
Timothée : Merci. J’ai repassé la parole à Ludovic parce qui l’eût cru que certaines des solutions les plus efficaces et les moins coûteuses ne viennent ni d’un bureau d’études, ni d’un chantier à plusieurs millions d’euros. Parfois directement du vivant lui-même. Et tu avais deux histoires incroyables à nous raconter.
Ludovic : Oui, effectivement, il faut savoir laisser faire la nature, comme notre intervenant le disait. Et peut-être que vous connaissez certaines de ces histoires vraies.
La première se passe en République tchèque, à 50km de Prague. Une municipalité était bloquée depuis sept ans dans un projet de recréation d’une zone humide, indispensable à la biodiversité et au cycle de l’eau. Et en fait, ce sont tout simplement huit castors qui ont dépanné nos amis tchèques et qui ont construit, en quelques nuits, un barrage exactement au bon endroit, dans une zone naturelle protégée, permettant de recréer une zone humide. Au passage, la municipalité a économisé environ un million d’euros.
Le deuxième exemple, plus documenté et qui fait encore plus rêver, se passe dans le parc du Yellowstone. Depuis 1995,ce sont 31 loups qui ont été réintroduits. Cette réintroduction a permis une cascade d’effets bénéfiques, parfois contre-intuitifs.
La population des élans (elks) a diminué, ce qui a permis de réduire le sur broutage des jeunes pousses autour des cours d’eau, notamment les saules, les peupliers et les trembles. La végétation s’est régénérée beaucoup plus rapidement, recréant un équilibre écologique qui avait disparu depuis près de 80 ans, après la disparition des loups.
La biodiversité s’est alors accrue, y compris la biodiversité animale, avec de nouveaux habitats et nichoirs disponibles pour les espèces.
Et c’est ça que je trouve formidable avec ces projets de biodiversité que l’on conseille parfois avec insistance aux entreprises: l’effet est souvent plus rapide que certaines mesures sur le climat, parce que le vivant a une capacité de régénération incroyable quand on le laisse faire, mesurable parfois en 10 à 15 ans seulement sur certains écosystèmes.
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On s’engage !
Timothée : C’est vrai que je ne sais pas, petite question, est-ce que tu as essayé d’utiliser des auxiliaires de vie pour recréer la vie ? Alors peut-être pas des loups, mais est-ce qu’il y a des projets un peu expérimentaux ? On peut se dire comment, dans ton écosystème de partenaire, on a parlé des écologues et autres, est-ce que demain on pourrait avoir un loup avec qui vous pourrez travailler ?
Baptiste : En fait, nous, tout le vivant qui vit dans nos projets, ce sont nos auxiliaires. Ce sont eux qui nous amènent de l’air, des matières premières, qui nous permettent de boire de l’eau saine. Donc en fait, le vivant est plus qu’un auxiliaire pour nous : c’est vital.
Et dans ce que vous disiez, ce que je trouve extraordinaire, c’est que, souvent, on nous demande c’est très bizarre de nous justifier en permanence de pourquoi on doit préserver la biodiversité.
Moi, je sais pourquoi je le fais, c’est parce que je suis un émerveillé, j’aime ça. Mais à toutes les entreprises qui nous écoutent, en fait, la biodiversité, c’est une source d’innovation sans fin.
Juste, préservons la biodiversité pour les futures innovations qu’on n’a encore même pas imaginées. Il y a déjà plein d’innovations issues du vivant, et les solutions aux problèmes de demain viendront probablement du vivant.
Je donne un exemple pas du tout technique, parce que je ne suis pas assez connaisseur, donc à vérifier, à prendre avec des pincettes. J’ai entendu dire qu’on est en train d’élaborer la future génération de panneaux photovoltaïques, inspirée des ailes du papillon piéride du chou, un petit papillon blanc assez commun qu’on voit fréquemment.
Pourquoi préserver le vivant ? Pourquoi les entreprises ont intérêt à préserver le vivant ? Parce que c’est leur réservoir d’innovation future.

Timothée : Justement, vous, dans le futur, vous voulez vous déployer des projets un peu futurs, que tu voudrais nous en parler ? Comment tu vois le développement demain ?
Baptiste : Nous, on est une entreprise implantée sur l’arc atlantique. Et je trouve qu’on est assez efficaces dans l’Ouest, parce qu’en termes de biodiversité, il y a vraiment des enjeux forts dans notre région. Donc ça me va très bien si on reste une entreprise implantée sur ce territoire-là.
Après, je peux intervenir partout en France, à partir du moment où on pense que c’est utile.
Par contre, comment je vois évoluer notre structure ? C’est de plus en plus travailler sur les fonciers d’entreprise. Parce que je vois vraiment que le monde de l’entreprise a envie de bouger. Et pas par obligation. Je rencontre beaucoup d’entrepreneurs qui le font par sincérité et par sensibilité.
Donc je crois qu’il y a un vrai enjeu à intervenir sur les fonciers d’entreprise, à ramener de la vie là où il n’y en a pas, dans ces zones commerciales qui sont souvent béton, grillage, rien. Et là, on peut vraiment ramener de la vie. Les entreprises ont envie de le faire.
Et je crois qu’aujourd’hui, la plus grande difficulté, au-delà peut-être de l’aspect financement parce qu’il y a des entreprises capables de financer, c’est qu’elles n’ont pas forcément d’actions concrètes, ni de solutions simples à mettre en place.
Et en fait, nous, notre enjeu, en tant que porteur de solutions, c’est de construire des solutions concrètes, faciles à mettre en place, pour les entreprises. Parce que les entrepreneurs, ils ont besoin de concret, ils ont besoin que ça avance.
Et je vois vraiment un monde de l’entreprise qui veut avancer sur ces sujets. Donc moi, je verrais bien mon entreprise évoluer dans ce sens-là, sur le foncier des entreprises.
Timothée : Vous parlez d’accessibilité, ça coûte combien ? Je parlais de 6 euros le mètre carré.
Baptiste : Non mais en fait, nous, sur nos projets, tout le monde peut intervenir. Les citoyens, comme tu le disais tout à l’heure, ainsi que les entreprises, à partir de 6 euros le mètre carré. Et ça, au moins, ça nous permet d’être accessibles à toute taille d’entreprise et à toutes les personnes, sur les projets territoriaux.
Une entreprise aujourd’hui, un solo entrepreneur, une boîte unipersonnelle, peut donner 150 euros, 180 euros. On a des grosses entreprises qui ont participé à hauteur de 50 000 euros, voire qui ont financé des projets entiers. Donc tous les budgets sont bons à prendre pour le vivant.
Par contre, pour les projets de foncier, quand même, en ce moment, sur nos premiers projets expérimentaux on est à cinq projets ce sont des projets qui portent sur des surfaces entre 1 hectare et 5 000 à 6 000 m² de foncier.
On a des projets qui avoisinent, sur six ans, les 70000 euros. Donc ce sont quand même des sommes conséquentes. À la fois pas énormes parfois pour certaines grosses boîtes, mais ce sont quand même des projets structurants, pour intervenir de manière concrète et globale sur un site.
Aujourd’hui, on est donc sur des projets autour de 70000 euros, pour des surfaces comprises entre 5 000 m² et 1,5 hectare.
Capsule Expert #3
Timothée : On peut accéder à des projets plus petits, pour des PME qui nous écoutent, sans problème. Et tu disais, en effet, qu’on peut agir en tant que salarié dans une entreprise, mais on peut agir aussi en tant que citoyen.
Et Ludovic, dans ta multiplicité de projets d’action c’est quelqu’un qui ne t’ennuie pas trop j’aurais bien aimé que tu puisses nous partager ton expérience, toi, un peu, de citoyen engagé sur ces sujets de biodiversité.
« Parce que peut-être que ceux qui nous écoutent aimeraient se dire : comment je peux m’engager ? sur quoi ? et qu’est-ce que ça t’apporte ? »
Ludovic : L’engagement, beaucoup de monde a envie de le faire, et je pense surtout à l’échelle locale, c’est-à-dire pouvoir contribuer autour de l’endroit où l’on habite, où l’on travaille.
Et moi, ça a été un peu mon expérience. J’ai pu rencontrer deux créatrices d’associations assez tôt dans leur aventure : Stéphanie Saliou, qui a créé Mini Big Forest, et Aurélie Dransart Barillet, qui a créé Des Enfants et des Arbres.
Je les ai rencontrées très tôt, et j’ai pu les aider concrètement. D’abord sous forme de mécénat de compétences, même si ce n’était pas formulé comme ça : pour les aider à aller plus loin, à trouver plus de financeurs, plus de monde. Et puis aussi, surtout, entant que bénévole.
Elles m’ont confié les clés de certains projets. Avec Mini Big Forest, par exemple, on a pu planter deux forêts à Madrid, à côté du lycée français. On a constitué une équipe locale, avec un sponsor, Leroy Merlin Espagne, des profs, des enfants qui sont venus planter. Et ensuite, on a laissé le projet vivre avec une équipe locale.

Et puis, dans la ville où j’habite, Chantilly, on a réussi à convaincre la mairie de nous donner une friche de 400 m² pour planter une petite forêt selon la méthode Miyawaki de régénération, avec beaucoup de densité et beaucoup de diversité.
On l’a fait avec 80 enfants des écoles de Chantilly, l’an dernier, dans un très bel endroit. On a planté 21 espèces, principalement des aulnes et des saules, parce que c’est un milieu ouvert qu’il ne fallait pas trop refermer. Sinon, le Parc naturel de l’Oise nous aurait un peu tiré les sourcils, parce que parfois, il ne faut pas planter de forêts, il faut laisser des espaces ouverts, car il y a aussi une biodiversité spécifique liée à ces milieux.
Et donc, tout le monde peut s’engager. On a fait appel à des bénévoles, et il existe aujourd’hui des plateformes pour ça. Il y a notamment J'agis pour la nature, où l’on peut retrouver des projets locaux sur lesquels s’inscrire en tant que bénévole. J’en ai découvert une autre hier, JeVeuxAider.gouv.fr, qui permet aussi de s’inscrire très facilement pour des actions qui peuvent avoir lieu le week-end prochain ou dans deux mois, près de chez soi.
Et toutes ces associations, qui en ce moment ont parfois du mal à trouver des financements, sont complémentaires des entreprises, comme tu le disais, et elles ont aussi besoin de bénévoles.
Ce sont des super moments d’action, parce qu’on rencontre des gens, on partage soit son émerveillement, soit son enthousiasme pour ce qu’on plante, pour ce qu’on découvre dans le sol et sur le lieu.
Timothée : Mais où trouves-tu toute cette énergie, comme dirait l’autre ?
Ludovic : Dans le vivant !
On s'inspire on partage !
Timothée : Bravo en tout cas, vous voulez rajouter peut-être quelque chose ?
Baptiste : Du coup, pendant que vous m’invitez, je voulais vraiment vous remercier de l’invitation, parce que ce mot, « Qui l’eût cru », moi, m’inspire beaucoup. Ça m’a fait plaisir d’être sollicité pour ce mot-là, parce que je pense qu’il faut croire en soi, il faut croire en ses rêves.
Notre entreprise, c’est un rêve qui est devenu une entreprise. Et je pense que probablement personne n’y croyait, parce que peut-être au fond de moi, je ne suis pas sûr que j’y croyais moi-même, au final.
Qui l’eût cru, dans ce milieu très anxiogène, très éco-anxieux, etc. En fait, parfois, arrêtons de trop nous poser de questions. Croyons en nos rêves, et puis ça marchera. Tant mieux.
Et si ça ne marche pas, qu’est-ce qu’on risque, en fait?
"Le « Qui l’eût cru », je voulais terminer là-dessus, parce que j’adore."
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