Ce que dit la loi : obligations légales de l'employeur en cas de canicule
En France, aucun texte ne fixe de température maximale au-delà de laquelle le travail devient automatiquement interdit. Pour autant, l'employeur est soumis à une obligation générale de sécurité (article L. 4121-1 du Code du travail) : il doit prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver la santé physique et mentale de ses salariés, y compris en cas de fortes chaleurs.
Concrètement, plusieurs obligations s'imposent dès lors que la chaleur représente un risque :
- Mise à disposition d'eau fraîche gratuite et en quantité suffisante (au moins 3 litres par jour et par salarié selon les recommandations de l'INRS).
- Aménagement des postes et des horaires pour limiter l'exposition aux heures les plus chaudes.
- Mise à disposition de locaux adaptés : espaces rafraîchis, ventilation renforcée, protections solaires.
- Information et formation des salariés sur les signes du coup de chaleur et les comportements à adopter.
- Surveillance renforcée des travailleurs vulnérables (personnes âgées, femmes enceintes, travailleurs en situation de handicap, salariés sous traitement médicamenteux).
Le non-respect de ces obligations expose l'employeur à des sanctions pénales et civiles, notamment en cas d'accident du travail lié à la chaleur.
Le plan canicule en entreprise : comment le mettre en place ?
Le plan canicule est un dispositif préventif que toute entreprise devrait anticiper avant l'été. Il s'inscrit dans le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) et prévoit un ensemble de procédures à activer selon le niveau d'alerte météorologique.
Les étapes clés d'un plan canicule efficace
- Identifier les postes et salariés les plus exposés : travail en extérieur, à proximité de sources de chaleur, port d'EPI lourds.
- Désigner un référent canicule chargé de suivre les alertes météo et de coordonner les mesures.
- Définir des seuils d'alerte internes liés aux niveaux du plan national (vigilance jaune, orange, rouge).
- Prévoir des mesures graduées : réorganisation des plannings, pauses supplémentaires, télétravail quand possible, arrêt temporaire de certaines activités.
- Communiquer en temps réel auprès des équipes via les canaux internes habituels.
Un plan canicule bien documenté rassure les salariés, réduit les risques d'accidents et démontre la diligence de l'employeur en cas de contentieux.
Risque thermique et travail : focus sur les secteurs les plus exposés
Si toutes les entreprises sont concernées par la canicule, certains secteurs font face à un risque thermique particulièrement élevé : BTP, agriculture, industrie agroalimentaire, restauration, logistique. Dans ces environnements, la chaleur peut rapidement provoquer des effets graves sur la santé : crampes, épuisement thermique, coup de chaleur, potentiellement mortel.
Les signaux d'alerte à surveiller chez les salariés
- Maux de tête intenses, vertiges, nausées
- Confusion, désorientation, perte de conscience
- Peau chaude et sèche (absence de transpiration : signe de coup de chaleur)
- Crampes musculaires persistantes
Face à ces symptômes, le protocole est clair : mettre le salarié à l'abri, le rafraîchir immédiatement et appeler les secours (15 ou 18). L'employeur doit s'assurer que l'ensemble du personnel encadrant connaît ces procédures d'urgence.
Au-delà des obligations légales, investir dans la prévention du risque thermique est aussi un levier de performance RH : absentéisme réduit, sécurité psychologique renforcée et image employeur soignée.





































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