Qu'est-ce que l'ESRS E1 et qui est concerné ?
L’ESRS E1 (Climate Change) est l’un des standards environnementaux définis dans le cadre de la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive). Il précise les exigences de divulgation relatives aux impacts, risques et opportunités liés au changement climatique.
Ce standard couvre notamment :
- l’atténuation du changement climatique (réduction des émissions de gaz à effet de serre),
- l’adaptation aux effets du changement climatique,
- la consommation et le mix énergétiques,
- ainsi que les impacts, risques et opportunités climatiques.
Sont concernées, de manière progressive entre 2024 et 2028, les entreprises dépassant certains seuils (grandes entreprises cotées ou non), notamment celles remplissant au moins deux des trois critères suivants :
- 250 salariés,
- 40 M€ de chiffre d’affaires,
- 20 M€ de total de bilan.
Les PME cotées seront intégrées dans un second temps, tandis que les PME non cotées peuvent s’appuyer sur un standard volontaire simplifié (ESRS VSME).
L’ESRS E1 repose sur le principe de double matérialité : l’entreprise doit analyser à la fois ses impacts sur le climat (matérialité d’impact) et l’effet des enjeux climatiques sur sa performance financière (matérialité financière). Ce double prisme constitue le socle de tout reporting CSRD.
Les indicateurs clés de l'ESRS E1 : ce que vous devez publier
L’ESRS E1 structure les informations à publier autour de plusieurs catégories de divulgation. Certaines sont obligatoires, d’autres dépendent des enjeux matériels identifiés par l’entreprise.
Parmi les informations essentielles à publier :
- Les émissions de gaz à effet de serre (scopes 1, 2 et 3), accompagnées d’une trajectoire de réduction alignée avec les objectifs de l’Accord de Paris (idéalement compatible avec un scénario 1,5°C).
- Les politiques et plans d’action climatiques : mesures mises en œuvre pour réduire l’empreinte carbone et renforcer la résilience climatique.
- Les objectifs climatiques : leur horizon temporel, leur niveau d’ambition et, le cas échéant, leur alignement avec des référentiels scientifiques (par exemple les initiatives de type Science-Based Targets).
- Les ressources financières allouées à la transition bas-carbone et à l’adaptation.
- Les risques physiques et de transition, identifiés notamment via des analyses de scénarios climatiques, en cohérence avec les recommandations de la Task Force on Climate-related Financial Disclosures.
Ce dernier point est central : l’entreprise doit démontrer sa capacité à comprendre et anticiper les impacts des aléas climatiques (inondations, sécheresses, vagues de chaleur…) sur ses actifs, sa chaîne de valeur et ses activités.
L’ESRS E1 ne se limite pas au suivi des émissions de gaz à effet de serre. Il positionne l’adaptation au changement climatique comme une composante essentielle du reporting. Cette dimension reste encore sous-estimée par de nombreuses entreprises, souvent davantage focalisées sur la réduction de leur empreinte carbone.
L’adaptation climatique au cœur du reporting ESRS E1
L’adaptation recouvre l’ensemble des mesures visant à réduire la vulnérabilité de l’organisation face aux effets du changement climatique, qu’ils soient déjà observables ou à venir. Cela inclut notamment :
- la relocalisation ou la sécurisation d’infrastructures critiques,
- la diversification des chaînes d’approvisionnement,
- l’évolution des normes de conception et de construction,
- ou encore la mise en place de plans de continuité d’activité face aux événements climatiques extrêmes.
Dans le cadre de l’ESRS E1, ces enjeux sont directement liés à l’identification et à la gestion des risques physiques, ainsi qu’à l’analyse de scénarios climatiques, en cohérence avec les recommandations de la Task Force on Climate-related Financial Disclosures.




































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