Le 10 avril 2026, le gouvernement a annoncé un doublement du soutien public à l’électrification des usages. Pour les PME et ETI industrielles, c’est une opportunité concrète : des aides renforcées, un cadre clarifié, et une électricité française structurellement moins chère qu’en Allemagne ou en Italie. Voici ce que vous devez savoir et ce que vous pouvez faire dès maintenant.
Pourquoi ce plan arrive maintenant et pourquoi c’est important
La crise énergétique liée au conflit au Moyen-Orient a accéléré une prise de conscience que certaines entreprises avaient déjà opérée : dépendre du gaz et du pétrole importés, c’est importer les crises des autres. La France dépense encore 60 milliards d’euros par an en énergies fossiles importées. Gaz et pétrole représentent toujours 60% de l’énergie consommée dans le pays.
Face à ce constat, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté depuis le perron de Matignon une première série de mesures visant à accélérer l’électrification des usages dans le logement, les transports et l’industrie. Le soutien public total passera de 5,5 à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030, « sans argent nouveau » selon le gouvernement, via un redéploiement des certificats d’économie d’énergie (CEE) et de crédits budgétaires existants.
“C’est le signal que l’État place désormais l’électrification au même niveau que les grands investissements de souveraineté. Pour les industriels, c’est une fenêtre d’opportunité concrète.” Victor Moulard, directeur général chez R3
L’objectif est clair : porter la part de l’électricité dans le mix énergétique industriel de 37% aujourd’hui à 47% en 2030. Les technologies existent. Et l’argument économique est irréfutable.
Les chiffres clés du plan à retenir
- 10 Md€/an d’ici 2030 de soutien public à l’électrification (contre 5,5 Md€ aujourd’hui)
- 55 €/MWh : prix de l’électricité livrable en France en 2027 (contre 91€ en Allemagne, 100€ en Italie) . Note : Ce chiffre est le prix du MWh sur les marchés de gros à terme cité dans le Groupe de travail dédié à l’industrie et à l’artisanat, présidé par Aymeric Renaud (Schneider Electric)
- De 37 à 47 % : objectif de part de l’électricité dans le mix industriel français d’ici 2030
- 100 000€ : aide maximale pour l’achat d’un poids lourd électrique (PME/artisans)
- 9 mesures applicables à court terme identifiées par le groupe de travail dédié à l’industrie et à l’artisanat,
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Les aides disponibles : CEE, MaPrimeRénov’ et petits PPA
Le plan d’électrification s’appuie sur trois grands mécanismes d’aide que les PME et ETI industrielles peuvent activer. Voici comment ils fonctionnent.
- Les certificats d’économie d’énergie (CEE) : le levier principal
Les CEE sont le dispositif le plus important pour financer l’électrification industrielle. Ils obligent les fournisseurs d’énergie à financer des travaux d’économies d’énergie chez leurs clients, entreprises, collectivités, particuliers. Pour une PME industrielle, ils peuvent couvrir une partie significative du coût d’une pompe à chaleur, d’une rénovation thermique ou d’un équipement de chauffage électrique.
Bonne nouvelle : le plan Lecornu prévoit de concentrer davantage les CEE sur l’électrification. Les bonifications seront réservées aux équipements assemblés en France et en Europe, ce qui s’inscrit dans la logique de réindustrialisation portée par le gouvernement. Un guichet unique CEE pour les TPE-PME est également en cours de mise en place, pour simplifier les démarches aujourd’hui jugées trop complexes.
- MaPrimeRénov’ : pas seulement pour les particuliers
MaPrimeRénov’ est souvent associée aux travaux de rénovation des logements. Mais certains dispositifs s’appliquent également aux bâtiments à usage professionnel, notamment dans le secteur tertiaire et pour les locaux d’artisans. Le plan annonce un renforcement des aides pour le remplacement des chaudières à gaz et fioul par des pompes à chaleur.
Point d’attention : le gouvernement a également annoncé un dispositif type « leasing social » pour les pompes à chaleur, garantissant que la mensualité de remboursement reste inférieure à la facture de gaz remplacée. Ce dispositif, calqué sur le leasing électrique automobile, pourrait à terme concerner certaines catégories de bâtiments professionnels.
- Les contrats d’approvisionnement de long terme (petits PPA) : la clé du ROI
Le plan prévoit de faciliter l’accès aux Power Purchase Agreements (PPA) sur 5 à 10 ans, y compris pour les entreprises de taille réduite. Jusqu’ici réservés aux grands industriels, ces contrats permettent de s’approvisionner en électricité à un prix fixé sur plusieurs années, directement auprès d’un producteur.
Pour une PME qui envisage d’investir dans l’électrification d’un procédé ou d’une installation, un PPA de 7 ans à 55 €/MWh transforme radicalement le calcul de retour sur investissement. C’est la visibilité financière à 5–10 ans que les dirigeants nous demandent depuis longtemps.
« Les PME et les artisans ont besoin de visibilité à 5 ou 10 ans pour calculer leur retour sur investissement. » Groupe de travail Industrie & Artisanat, Plan d’électrification 2026
Ce que le plan ne règle pas encore et comment naviguer
Le plan Lecornu est une première étape. Il annonce des orientations fortes mais laisse encore ouvertes plusieurs questions pratiques qui concernent directement les industriels.
- Les délais de raccordement au réseau électrique restent un goulot d’étranglement majeur. RTE fait face à plus de 30 gigawatts de demandes de raccordement en attente, dont certains projets ne sont pas financés et bloquent les dossiers sérieux. Le principe « premier prêt, premier servi » est sur la table, mais sa mise en œuvre reste à confirmer.
- La fiscalité de l’électricité, plus élevée que celle du gaz via l’accise, n’a pas fait consensus au sein du groupe de travail et ne sera pas réformée à court terme. C’est un paradoxe criant pour un pays qui veut s’électrifier : on taxe davantage l’énergie vers laquelle on cherche à basculer.
- L’instabilité historique des dispositifs d’aide (les stop-and-go sur les CEE, les changements répétés de règles) a laissé des traces dans les arbitrages d’investissement. La stabilité et la prévisibilité des mécanismes seront déterminantes pour que les annonces se traduisent en décisions réelles.
Dans ce contexte d’incertitude partielle, la bonne stratégie n’est pas d’attendre que tout soit parfaitement cadré. C’est d’avancer avec méthode, en sécurisant chaque étape.
Comment R3 accompagne votre transition énergétique
Chez R3, nous accompagnons des industriels, des enseignes de grande distribution et des exploitants de sites dans la décarbonation de leurs usages énergétiques. Pas en théorie : avec des déploiements opérationnels, des chiffres réels, et une approche terrain.
Deux exemples concrets de ce que nous faisons.
- Schiever (Grande distribution) : vers le zéro gaz en GMS
Sur plusieurs sites de l’enseigne Schiever, R3 a déployé le remplacement de chaudières à gaz par des rooftops et des pompes à chaleur exploitant la récupération de chaleur sur les centrales frigorifiques. Le principe : capter la chaleur produite par les installations de froid, généralement perdue, pour alimenter le circuit de chauffage du bâtiment. Résultat : une réduction substantielle de la consommation de gaz, un ROI mesurable, et une trajectoire progressive vers le zéro gaz sur l’ensemble des sites du groupe.
- SNCF (Industrie ferroviaire) : switch énergétique sur les technicentres
Les technicentres SNCF sont des sites industriels lourds, à forte consommation thermique, où la dépendance aux combustibles carbonés était considérée comme structurelle. R3 y a mis en place des actions de switch énergétique permettant de substituer progressivement électricité et solutions décarbonées aux usages gaz existants, jusqu'au raccordement de certains sites à un réseau de chaleur urbain. Un déploiement qui démontre que la transition est possible même sur des sites réputés complexes.
La méthode R3 : 5 étapes pour une transition sécurisée
- Audit de consommation et identification des postes gaz/fioul prioritaires
- Modélisation du ROI et cartographie des aides mobilisables (CEE, subventions, PPA)
- Sélection des solutions techniques adaptées à votre site et vos contraintes opérationnelles
- Accompagnement sur les raccordements et les démarches administratives
- Mise en service, suivi de performance et optimisation dans la durée
R3 structure le financement de A à Z :
- Définition de la trajectoire d'investissement sur 5 à 10 ans
- Montage des dispositifs d'aides : CEE, Aides européennes', subventions sectorielles
- Solutions de tiers-financement : contrats de location, création de SPV
- Financement du reste à charge avec le soutien des Caisses Régionales Crédit Agricole
Le plan d’électrification ouvre une fenêtre. Les entreprises qui agiront maintenant bénéficieront des meilleures conditions : aides au plus haut, prix de l’électricité avantageux, et temps pour optimiser leur déploiement avant les échéances réglementaires de 2027-2030.
Vous voulez évaluer le potentiel d’électrification de votre site ?
R3 propose un diagnostic énergétique pour identifier les postes prioritaires, chiffrer les économies potentielles et cartographier les aides mobilisables.

































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