Greenwashing : de quoi parle-t-on vraiment ?
Le terme est né en 1986 sous la plume de l'activiste américain Jay Westerveld, qui dénonçait l'hypocrisie d'un hôtel invitant ses clients à réutiliser leurs serviettes… tout en détruisant des récifs coralliens. Quarante ans plus tard, la pratique a muté, mais le principe est identique : communiquer davantage sur ses engagements environnementaux que sur ses actions réelles.
L'ADEME distingue plusieurs formes de greenwashing :
Les allégations vagues ou non vérifiables
"Produit respectueux de l'environnement", "démarche durable", "engagé pour la planète", sans métrique, sans certification, sans périmètre défini. Ces formules ne disent rien et promettent tout.
La mise en avant d'un attribut marginal
Un constructeur automobile vante l'huile de coupe biosourcée utilisée en usine, sans mentionner que ses véhicules émettent en moyenne 180 g de CO₂/km. L'arbre qui cache la forêt.
Les faux labels et visuels trompeurs
Des feuilles vertes, des logos "éco" autoproclamés, des certifications inventées. En 2025, la DGCCRF a sanctionné plusieurs marques françaises pour usage de labels fictifs sur leurs emballages (source : Bilan d'activité DGCCRF 2025).
La neutralité carbone revendiquée à tort
Se déclarer "neutre en carbone" sans Bilan Carbone® certifié, ni stratégie de réduction documentée, ni compensation transparente : c'est aujourd'hui l'une des allégations les plus scrutées par les autorités.
Le cadre réglementaire 2026 : tolérance zéro
Le greenwashing n'est plus seulement un risque de réputation. C'est un risque pénal.
La directive ECGT (2024/825/UE) - le compte à rebours est lancé
Adoptée le 28 février 2024 et entrée en vigueur le 26 mars 2024, la directive Empowering Consumers for the Green Transition s'applique pleinement aux entreprises à compter du 27 septembre 2026. Les États membres avaient jusqu'au 27 mars 2026 pour la transposer, délai non respecté par la France, qui a reçu une mise en demeure de la Commission européenne le 28 mai 2026 avec 19 autres États. Ce retard de transposition ne protège pas : le droit européen produit un effet direct dès le délai dépassé.
Concrètement, la directive ECGT ajoute 12 nouvelles pratiques à la liste noire de la directive sur les pratiques commerciales déloyales, dont 7 ciblent directement les allégations environnementales. Parmi les interdictions phares : se déclarer "neutre en carbone" sur la base de crédits de compensation, utiliser des labels de durabilité autoproclamés, ou formuler des engagements environnementaux futurs sans plan documenté. Les sanctions peuvent atteindre 4 % du chiffre d'affaires annuel.

La directive Green Claims, suspendue, mais pas enterrée
Proposée en mars 2023, elle devait aller plus loin en imposant une vérification tierce préalable à toute publication d'allégation environnementale. La Commission européenne a annoncé son retrait en juin 2025. Conséquence inattendue : les entreprises savent désormais ce qu'elles ne peuvent plus dire (via l'ECGT), mais n'ont pas de cadre harmonisé sur ce qu'elles peuvent affirmer et comment le prouver. Ce vide méthodologique renforce paradoxalement le risque juridique, chaque allégation peut être contestée devant les tribunaux nationaux avec des interprétations divergentes. Plusieurs cabinets juridiques anticipent un retour du texte d'ici 2027 sur une version remaniée.
Ce que cela signifie pour votre entreprise
Le 27 septembre 2026, c'est dans trois mois. Toute communication environnementale publiée après cette date, site web, packaging, réseaux sociaux, plaquettes, devra être justifiable immédiatement. Les entreprises qui n'ont pas encore audité leurs allégations ont pris du retard.
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Comment construire une communication environnementale solide
Éviter le greenwashing, ce n'est pas se taire. C'est dire ce qu'on fait vraiment, avec les preuves à l'appui. Voici une méthode en trois étapes.
Étape 1 : Mesurer avant de communiquer
Aucune allégation environnementale ne peut précéder la mesure. Bilan Carbone®, Analyse du Cycle de Vie (ACV), reporting CSRD pour les entreprises concernées, les outils existent. Ils permettent de savoir où vous en êtes, pas où vous souhaiteriez être.
Exemple concret : Une PME du secteur agroalimentaire souhaite communiquer sur son empreinte eau. Avant de publier quoi que ce soit, elle réalise une ACV sur ses trois principales références. Résultat : elle découvre que 80 % de son impact hydrique est concentré sur ses emballages, pas sur ses process. Sa communication s'en trouve transformée, et crédibilisée.
Étape 2 : Calibrer les allégations au réel
"Nous réduisons nos émissions de 30 % d'ici 2030 sur notre scope 1 et 2, par rapport à notre référence 2022." C'est précis, vérifiable, honnête. "Nous sommes une entreprise verte." Ce n'est pas une allégation : c'est du bruit. La règle : chaque adjectif environnemental doit trouver son chiffre.
Étape 3 : Assumer ce qui n'est pas encore fait
Les entreprises les plus crédibles en 2026 sont celles qui communiquent aussi sur leurs marges de progrès. Dire "nous émettons encore X tonnes de CO₂ sur notre scope 3 et voici notre plan" est infiniment plus robuste que prétendre une perfection inexistante. La transparence sur les lacunes est devenue un signe de maturité RSE, et les parties prenantes le savent.
Nos experts conformité RSE auditent vos communications et vous accompagnent pas à pas vers une mise en conformité solide et opposable, site web, packaging, plaquettes, réseaux sociaux.
- Audit exhaustif de vos allégations environnementales
- Analyse des risques au regard de la directive ECGT (2024/825/UE)
- Plan d'action priorisé : ce qu'il faut corriger, prouver ou supprimer
- Mise en place de preuves documentées (Bilan Carbone®, ACV, GHG Protocol)
















































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