Mis à jour le 10 août 2026 - intègre les changements du paquet « Omnibus I»
La CSRD : décryptage
Introduction
- La CSRD, parce qu’elle est complexe et exigeante, soulève des questionnements et fait naître des préoccupations pour de nombreuses entreprises.
- La CSRD est une réglementation ambitieuse, structurante et impactante. Elle requiert un passage à l’action rapide pourles entreprises européennes et non-européennes.
- La CSRD, engage une réflexion sur les interactions entre les performances financières de l’entreprise et ses impacts sociaux, sociétaux et environnementaux. Explicite le lien entre écologie et économie.
- La CSRD encourage les entreprises à un objectif de valeur plurielle en tenant compte de l’ensemble de leurs parties prenantes internes et externes.
Pour toutes ces raisons, nos experts R3 ont décrypté pour vous la CSRD et ses exigences.
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1. Pourquoi la CSRD ?
La CSRD : qu’est-ce que c’est ?
- Une directive de l’Union Européenne entrée dans l’arsenal législatif européen le 16 décembre 2022, qui fixe un cadre réglementaire pour le reporting de durabilité des grandes entreprises, des ETI et des PME. Ce reporting incluant à la fois des données financières et des données ESG
- Elle est par ailleurs l’héritière de la NFRD (Non-Financial Reporting Directive). Qui a introduit en outre, en 2014, l’obligation du reporting extra-financier pour les entreprises cotées de plus de 500 salariés ayant leur siège dans un pays de l’UE. Elle est également à l’origine de la DPEF en France.
- C'est également l’une des armes de l’UE pour être le premier continent à atteindre la neutralité carbone . La CSRD est en effet intégrée à un écosystème de réglementations ambitieuses qui s’inscrit dans le Pacte Vert (Green deal) européen (SFDR, taxonomie). Il vise un objectif de neutralité carbone à horizon 2050. Cette neutralité ne pourra cependant être atteinte qu’en combinant les actions de tous les citoyens et acteurs économiques . L’enjeu est donc d’atteindre un équilibre entre les émissions de CO2 générées et son absorption par les puits de carbone. La CSRD encourage les entreprises à jouer pleinement leur rôle dans ce processus. C’est à dire à réduire leurs émissions au maximum tout en mettant en place des mécanismes de compensation.
- Depuis 2025, la CSRD a toutefois été profondément revue par le paquet législatif européen dit « Omnibus I », adopté pour simplifier la charge administrative pesant sur les entreprises. Le texte définitif a été validé par le Conseil de l'UE le 24 février 2026 et la directive est entrée en vigueur le 18 mars 2026 ; les États membres ont un an pour la transposer en droit national. Une nouvelle version simplifiée des normes techniques (ESRS) a par ailleurs été adoptée par la Commission européenne le 3 juillet 2026, pour une entrée en vigueur le 20 novembre 2026 et une application aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2027. Ce que cela change concrètement : nettement moins d'entreprises sont désormais concernées, le calendrier est décalé, et les données à collecter sont beaucoup moins nombreuses. Le reste de cet article détaille ces évolutions.
Quels grands objectifs ?
- Réaffirmer l’ambition de l’Union Européenne d’œuvrer pour un modèle économique durable en réorientant à terme les flux de capitaux vers des activités plus responsables . L’objectif est de rendre les flux financiers compatibles avec les objectifs climatiques fixés dans le cadre de l’Accord de Paris (2015) et du Pacte Vert européen (2019). Avec la CSRD, l’UE souhaite apporter un maximum de transparence aux investisseurs quant aux impacts sociaux, sociétaux et environnementaux des activités des entreprises, en lien avec leurs performances financières.
- Permettre une meilleure comparabilité entre les entreprises . L’idée est d’instaurer un langage commun à l’échelle européenne (format électronique unique pour faciliter la comparaison). Avec des critères et des exigences de reporting clairs. Pour que les investisseurs, clients, consommateurs et autres parties prenantes prennent des décisions plus éclairées. Pour s’assurer de la fiabilité des informations communiquées, un commissaire aux comptes ou un OTI (Organisme Tiers Indépendant) sera chargé de s’assurer de la véracité des données transmises. Ainsi que de leur cohérence avec les objectifs priorisés par l’entreprise et de la pertinence des indicateurs de performance choisis.
- Construire un cadre structurant et exigeant pour le reporting de durabilité des entreprises (européennes et non-européennes) exerçant des activités sur le sol européen. l’instauration de ce cadre est intimement liée à l’exigence d’une transparence renforcée des entreprises vis-à-vis de leur écosystème (parties prenantes internes et externes) quant à la manière dont elles s’emparent des enjeux de durabilité. La démarche est structurée par une analyse de double-matérialité. Elle constitue la clé d’entrée dans la CSRD puisqu’elle permet aux entreprises d’identifier les enjeux à prioriser au regard de l’impact financier et de l’impact sur la société et l’environnement. C’est à dire, les enjeux les plus « matériels ». L’ensemble de la démarche est guidé par cette analyse de double-matérialité. C'est de celle-ci que découlent toutes les actions mises en place en vue de la publication du rapport.
La double-matérialité, un concept central
- Définition et objectif : l’analyse de double-matérialité constitue la clé d’entrée dans la CSRD. Elle vise de fait à identifier les risques et les opportunités financiers liés à l’impact des parties prenantes (directes ou silencieuses) sur l’entreprise d’une part. Et l’impact des activités de l’entreprise sur la société et l’environnement d’autre part. Le résultat de cette analyse prend la forme d’une matrice de double-matérialité, qui permet de visualiser clairement les enjeux prioritaires. Les enjeux les plus « matériels », soit les enjeux ayant un impact (positif ou négatif) financièrement significatif sur l’entreprise et/ou les enjeux pour lesquels l’entreprise a un impact socio-environnemental significatif.
- Rôle des parties prenantes : dans le cadre de la CSRD, avec la méthode de double-matérialité, les parties prenantes pertinentes jouent un rôle renforcé dans l’identification des enjeux les plus matériels. Les parties prenantes externes (directes ou silencieuses) évaluent l’impact des activités de l’entreprise sur chaque enjeu. Tandis que les parties prenantes internes estiment l’opportunité/le risque que représente la prise en compte ou non des enjeux pour l’entreprise.

Déclaration de performance extra-financière VS rapport de durabilité : quels changements ?
- 3 niveaux d’information à fournir dans 3 domaines concernés par le reporting (Environnemental, Social, Gouvernance). Informations trans-sectorielles (12 normes ESRS à expliciter). Informations sectorielles (en cours de création). Informations spécifiques à l’entreprise (à fournir pour couvrir l’ensemble des IRO (Impacts, Risks, Opportunities) significatifs identifiés lors de l’analyse de double matérialité).
- 4 dimensions de reporting : le rapport devra mettre en évidence la prise en compte des enjeux de durabilité dans la gouvernance. (Processus, procédures de gouvernance utilisées pour surveiller et gérer les IRO). La stratégie (intégration des enjeux de durabilité à la stratégie de l’entreprise) de l’entreprise. Il devra également recenser les politiques et actions mises en place pour identifier, évaluer et gérer les IRO (gestion des IRO). Ainsi que pour mesurer la performance liée aux enjeux considérés comme les plus « matériels » pour l’entreprise (indicateurs de performance et objectifs).
2. Ce qui a changé avec la réforme Omnibus
Les seuils d'application ont été fortement relevés
Avant la réforme, une entreprise entrait dans le périmètre de la CSRD dès qu'elle dépassait deux des trois critères suivants : 250 salariés, 50 M€ de chiffre d'affaires, 25 M€ de bilan. Ce mode de calcul a été abandonné au profit de critères cumulatifs, et les seuils ont été relevés de façon spectaculaire.
Un calendrier décalé
À titre de comparaison, le devoir de vigilance européen (CS3D/CSDDD), traité dans le même paquet Omnibus, voit également ses seuils relevés (> 5 000 salariés et > 1,5 Md€ de chiffre d'affaires mondial) et son échéance de mise en conformité reportée au 26 juillet 2029, pour des premiers rapports portant sur l'exercice 2030.
Les normes ESRS sont largement simplifiées
La Commission européenne a adopté le 3 juillet 2026 une version révisée des normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards), sur proposition de l'EFRAG :
Le concept de double matérialité reste le point d'entrée central de la démarche CSRD : il s'agit toujours d'identifier à la fois les risques et opportunités financiers pour l'entreprise et les impacts significatifs de son activité sur la société et l'environnement, mais la méthode pour y parvenir est désormais plus légère.
Qui est concerné aujourd'hui ?
Trois profils se distinguent :
- Les grandes entreprises qui dépassaient déjà les seuils avant 2027 et qui continuent, sous réserve des dispenses transitoires prévues par leur État membre.
- Les entreprises qui franchissent pour la première fois les nouveaux seuils (1 000 salariés et 450 M€ de chiffre d'affaires) et qui entreront dans le dispositif à partir de l'exercice 2027.
- Les filiales de groupes non-UE dont la structure dépasse les seuils de 450 M€ (parent) et 200 M€ (filiale/succursale UE), qui restent dans le périmètre même après la réforme.
Les PME cotées, elles, sortent intégralement du champ obligatoire de la CSRD. Elles peuvent néanmoins utiliser, sur une base volontaire, la norme simplifiée VSME (Voluntary SME standard) publiée par l'EFRAG, un outil utile pour répondre aux demandes d'informations de leurs clients ou partenaires financiers soumis, eux, à la CSRD.
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Les objectifs de la directive restent inchangés
Malgré la simplification du dispositif, les finalités de la CSRD n'ont pas changé : réorienter les flux de capitaux vers des activités responsables et alignées sur l'Accord de Paris, permettre une comparabilité réelle entre les entreprises grâce à un référentiel commun, et structurer la publication d'informations extra-financières sur les trois piliers environnemental, social et de gouvernance (ESG).
Le reporting s'organise toujours autour de quatre dimensions : la gouvernance, la stratégie, la gestion des impacts, risques et opportunités, et les indicateurs de performance (métriques et objectifs).
CSRD et normes internationales (ISSB)
La CSRD continue de coexister avec les normes de l'ISSB (IFRS S1 et S2), avec une différence de philosophie : la CSRD retient une approche de double matérialité (impact de l'entreprise sur la société ET impact sur sa performance financière), tandis que l'ISSB privilégie une approche centrée sur les besoins des investisseurs (matérialité financière simple). Des travaux de convergence entre les deux référentiels sont en cours, notamment pour limiter la duplication d'indicateurs pour les groupes soumis aux deux cadres.
« Plus on se prépare tôt, plus on sera prêt le moment venu. Dans cette démarche de CSRD, je pense qu'il est aussi important d'être accompagné. Nous avons fait le choix de la société R3 et c'est un choix dont nous sommes particulièrement satisfaits.» Yannick Guérin, Responsable RSE du Groupe Deret, un acteur majeur du transport, de la logistique, du conditionnement et de l’hôtellerie restauration en France.
3. Comment se préparer sereinement et efficacement à la CSRD ?
- Pour appréhender efficacement les attentes de la CSRD, il est en premier lieu indispensable de sensibiliser pour embarquer l’ensemble des collaborateurs. Embarquement du CODIR, structuration de la gouvernance de reporting...
- Dresser votre état des lieux . Une fois les collaborateurs sensibilisés, l’analyse de double-matérialité peut être lancée et communiquée au CODIR une fois achevée. Tout ça pour valider les enjeux prioritaires/les enjeux les plus matériels.
- Construire une feuille de route comprenant des indicateurs clairs à suivre et préparer la collecte de données.
- Mettre en place le reporting : il est recommandé de désigner des collaborateurs chargés du suivi des indicateurs et de la collecte des données pour simplifier la rédaction du rapport de durabilité. Ce suivi doit s’accompagner d’une mobilisation de votre réseau RSE et CSRD.
4. Quelles opportunités pour votre entreprise ?
- Renforcer l’engagement de l’entreprise et mettre en avant ses forces auprès de ses parties prenantes . Avec davantage de transparence, des engagements affichés et des actions concrètes suivies par des indicateurs prédéfinis. L’entreprise valorisera tous ses impacts positifs auprès de ses parties prenantes et attirera les investissements, les talents et les clients.
- Enclencher/ entretenir un dialogue durable avec les parties prenantes de votre éco-système
- Gagner en compétitivité : en identifiant ses risques ESG, l’entreprise pourra mettre en place des mesures préventives pour les atténuer. De plus, tout en prenant conscience d’opportunités liées aux enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux, elle pourra s’en saisir pour se différencier sur le marché.
- Encourager l’innovation : afin d’améliorer les indicateurs liés à ses enjeux les plus matériels, l’entreprise devra concevoir de nouvelles solutions et développer des technologies innovantes.
Checklist, cartographie des indicateurs et plan d'action mois par mois : téléchargez le Kit VSME conçu par les experts R3 pour structurer votre reporting dès aujourd'hui.
Besoin d'un accompagnement pour votre mise en conformité CSRD ?
Entre seuils révisés, ESRS simplifiées et double matérialité à mener dans les règles de l'art, transformer la CSRD en avantage stratégique plutôt qu'en contrainte demande une expertise à jour. Les experts R3 vous accompagnent à chaque étape : diagnostic d'éligibilité au regard des nouveaux seuils, analyse de double matérialité robuste et opposable, construction de votre feuille de route et de vos indicateurs, jusqu'à la production de votre rapport de durabilité.






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