Depuis la publication des nouvelles normes ESRS 7.2 début juillet, le cadre réglementaire de la CSRD est enfin stabilisé. Après plusieurs mois d'incertitude liés à l'Omnibus, les entreprises concernées savent désormais précisément ce qui les attend d'ici 2027-2028. Voici l'essentiel à retenir, et pourquoi il est stratégique de s'y prendre dès maintenant.
Ce qui change avec la CSRD post-Omnibus
Une CSRD toujours articulée avec le Green Deal
La CSRD ne fonctionne pas isolément : elle s'articule avec la CS3D (le devoir de vigilance des entreprises), la SFDR (obligations de transparence des acteurs financiers) et la taxonomie verte. Concrètement, les indicateurs extra-financiers que vous produirez dans votre rapport de durabilité viendront nourrir des obligations financières plus larges, à destination des investisseurs et des marchés. Ce lien entre reporting RSE et flux financiers est l'une des raisons pour lesquelles la CSRD n'a pas été supprimée, seulement recalibrée.
Qui est concerné, et à partir de quand ?
Les seuils d'éligibilité ont changé : il faut désormais dépasser 1 000 salariés et 450 millions d'euros de chiffre d'affaires, deux critères qui doivent être remplis simultanément (contre des seuils progressifs auparavant). Les entreprises qui ne faisaient pas partie de la première vague devront publier leur premier rapport en 2028, sur les données de l'exercice 2027.

Au total, ce sont environ 500 entreprises en France et 8 000 en Europe qui entrent dans ce nouveau périmètre. Une zone grise subsiste pour les entreprises déjà soumises à la CSRD V1 mais qui sortiraient du scope de la V2 : une option d'exemption existe au niveau européen, mais elle n'a pas encore été activée en France (une décision est attendue à la rentrée).
Des allègements à maîtriser, quantitatifs comme qualitatifs
Des allègements quantitatifs significatifs
L'Omnibus s'est traduit par une réduction concrète de la charge de reporting :
- -85 % sur le périmètre final d'entreprises concernées, comparé aux quatre vagues initialement prévues par la CSRD V1
- -71 % sur le nombre de points de données à fournir : on passe de plus de 1 000 points de collecte à environ 314 points obligatoires, et les 270 points de données volontaires disparaissent totalement
Attention toutefois : la réduction du nombre de points de données ne signifie pas une charge de travail proportionnellement réduite. Le filtre de matérialité continue de s'appliquer, et la collecte doit rester tout aussi rigoureuse et auditable qu'auparavant.
Des ajustements qualitatifs à ne pas sous-estimer
Sur le fond, l'esprit de la CSRD ne change pas : présenter le modèle d'affaires de l'entreprise, en faire découler les impacts, risques et opportunités matériels, puis détailler les politiques et actions mises en œuvre. Le rapport reste structuré autour des 12 normes ESRS (environnement, social, gouvernance). Plusieurs évolutions méritent néanmoins votre attention :
- Une nouvelle approche descendante pour l'analyse de double matérialité, en complément de l'approche ascendante classique. Il devient possible d'écarter un thème entier dès le niveau macro, à condition de justifier ce choix, une approche mixte, combinant les deux méthodes selon les normes, est également admise.
- La suppression du niveau "sous-sous-enjeu", jugé peu utilisé en pratique, ce qui simplifie la structure de collecte.
- Un "plafond de chaîne de valeur" (value chain cap) qui limite ce que les grands groupes peuvent exiger de leurs PME sous-traitantes : uniquement les données déjà prévues dans le référentiel volontaire VSME.
- Une clarification de la notion d'effort proportionné : la Commission précise désormais plus clairement quelles données sont considérées comme normalement accessibles (données publiques, données RH internes, etc.) et ne peuvent donc pas être omises pour cause de coût excessif.
- Un mécanisme de progressivité, qui permet de décaler la publication de certains éléments sur un à trois ans.
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Comment avancer sereinement vers 2027-2028
La feuille de route recommandée
Sur la base de dizaines d'accompagnements menés sur le terrain, une trajectoire se dégage clairement :
- Fin 2026 : lancer ou réactiver votre analyse de double matérialité (beaucoup d'entreprises l'avaient mise en pause après l'annonce de l'Omnibus).
- 2027 : réaliser un gap analysis pour identifier les données disponibles et celles qui manquent, engager la collecte, et idéalement produire un rapport à blanc pour embarquer votre auditeur en amont.
- 2028 : publier votre premier rapport réglementaire, dans les meilleures conditions, sans précipitation de dernière minute.
Le message est clair : la CSRD est là pour durer (la prochaine révision n'est pas prévue avant 2031), et plus vous démarrez tôt, plus la charge sera lissée et maîtrisée.
Pourquoi se faire accompagner change tout
Entre les nouveaux seuils, la double matérialité, le filtre de matérialité, les subtilités du plafond de chaîne de valeur ou les options de progressivité, la CSRD post-Omnibus reste un exercice technique où chaque décision méthodologique doit être solide et défendable devant un auditeur. Se lancer seul, c'est risquer de mal calibrer son périmètre, de perdre du temps sur des données non matérielles, ou de devoir tout refaire une fois le rapport soumis à l'audit.
C'est là que l'expertise de R3 fait la différence. Avec 5 ans d'existence, plus de 1 700 références clients, et une intégration récente au groupe Crédit Agricole (via sa filiale Crédit Agricole Transition Énergie), R3 réunit plus de 150 collaborateurs dont 80 experts dédiés aux sujets ESG et décarbonation. Depuis 2020, l'équipe a mené plus de 80 missions CSRD dans des secteurs d'activité très variés, avec des méthodologies régulièrement confrontées et validées par des auditeurs de la place.
Concrètement, R3 vous accompagne :
- de l'analyse de double matérialité jusqu'au rapport de durabilité complet, en passant par le protocole de collecte de données et le rapport à blanc ;
- avec une approche adaptable, du minimum réglementaire pour un premier exercice de reporting jusqu'à l'utilisation de la CSRD comme un véritable outil stratégique pour actualiser votre stratégie RSE et votre plan de décarbonation ;
- selon votre mode de fonctionnement préféré : une approche collaborative pour co-construire avec vos équipes, ou une approche directive si vous cherchez une réponse rapide et cadrée à l'obligation réglementaire ;
- en intégrant vos référentiels internes de données, et en vous aidant à décliner des plans d'action concrets sur les normes ESRS où vous êtes le plus à risque.
Allez plus loin en 30 minutes avec nos experts
Notre expérience le montre : se mettre en conformité CSRD ne s'improvise pas. Même avec les simplifications prévues, la collecte des données, la double matérialité, l'organisation interne et le pilotage des indicateurs demandent du temps. Attendre, c'est prendre le risque de subir le sujet plutôt que de le maîtriser.
En 30 minutes chrono, nos experts analysent les derniers changements, clarifient ce qui concerne vraiment la vague 2 et répondent à vos questions pour lever les zones de doute. Objectif : repartir avec une lecture simplifiée du nouveau cadre CSRD et des repères concrets pour se mettre en ordre de marche.
Au programme de ce webinaire :
- Un décryptage clair des évolutions de la CSRD actées par la Commission européenne
- Des repères pour prioriser vos actions à venir
- Une vision réaliste du calendrier 2026-2028
- Des clés pour transformer un sujet réglementaire en levier business
Intervenants :
- François Maes, Consultant Senior RSE – Pôle ETI & GC
- Nicolas Bernard, Directeur Pôle PME & ETI
Prêt à avancer sur votre conformité CSRD ?
Que vous démarriez tout juste votre démarche ou que vous cherchiez à sécuriser une analyse déjà entamée, un échange avec nos experts vous permettra de clarifier votre feuille de route et d'éviter les mauvaises surprises à l'approche de 2027-2028.























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